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QUATRIÈME PARTIE

LA FORMATION DANS LES LETTRES ET DANS
LES AUTRES MOYENS D'AIDER LE PROCHAIN
DE CEUX QUE L'ON GARDE DANS LA COMPAGNIE

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CHAPITRE 13

Manière et ordre pour traiter ces matières

 [453]

1. Pour les études aussi bien de disciplines inférieures que de théologie, on observera l'organisation et l'ordre qui conviennent, aussi bien le matin que l'après-midi.

 [454]

2. Bien que, en raison de la diversité des régions et des époques [A], il puisse arriver qu'il y ait des différences dans la répartition de l'ordre et des heures fixées pour l'étude, tous se mettront pourtant d'accord sur cela pour que partout on fasse ce que l'on estimera y être plus utile pour un plus grand progrès dans les lettres.

 [455]

A. Les heures fixées pour les cours, avec leur ordre et leur méthode, les exercices aussi bien de compositions (qui doivent être corrigées par les professeurs), que de disputes dans toutes les matières, la déclamation publique de discours et de vers, tout cela sera traité à part et en détail dans un traité, approuvé par le Préposé Général et auquel nous renvoie la présente constitution. Il suffit de signaler que cela doit être adapté aux lieux, aux temps et aux personnes, bien qu'il convienne d'arriver, autant que possible, à l'ordre dont il a été question.

 [456]

3. Il n'y aura pas seulement des cours qui seront donnés publiquement, mais on nommera aussi des professeurs différents, suivant les capacités et le nombre des auditeurs [B]. Les professeurs feront en sorte que progresse chacun de leurs étudiants en particulier [C], et exigeront qu'ils rendent compte des cours. Et ils veilleront à ce qu'ils les répètent [D], et à ce que ceux qui font des études littéraires perfectionnent leur parler ordinaire en parlant habituellement latin, leur style en écrivant et leur prononciation en prononçant bien et avec soin. A ceux-ci, et plus encore aux étudiants des facultés supérieures, ils feront fréquemment faire des disputes, pour lesquelles seront fixés des jours précis et des heures précises. Elles ne se feront pas seulement entre condisciples; mais ceux qui sont à un niveau un peu inférieur disputeront aussi de ce qui est à leur portée avec ceux qui sont un peu plus avancés; et, inversement, les plus avancés disputeront aussi avec ceux qui le sont moins, en descendant aux matières qui sont traitées par ceux-ci. Et les professeurs disputeront entre eux, en gardant toujours la modestie qui convient, et sous la présidence de quelqu'un qui mette un terme au débat et explique quel enseignement il faut tirer des questions disputées.

 [457]

B. Il y aura ordinairement trois professeurs pour les trois classes différentes de grammaire, un quatrième qui enseignera les humanités et un cinquième la rhétorique; dans les classes de ces deux derniers, on doit enseigner le grec et l'hébreu, et toute autre langue qu'on apprendrait; de sorte qu'il y ait toujours cinq classes. S'il y avait tellement à faire dans certaines d'entre elles qu'un seul professeur ne suffise pas, on lui adjoindra un assistant. Si le nombre des auditeurs ne peut permettre qu'un seul professeur, bien qu'il ait des auxiliaires, s'occupe de tous, on pourrait dédoubler la classe ainsi surchargée, de sorte qu'il y ait, par exemple, deux classes de cinquième ou deux de quatrième. Tous les professeurs appartiendront, si possible, à la Compagnie, bien que, si on est pressé par la nécessité, on puisse en avoir d'étrangers à la Compagnie. Si le petit nombre ou la disposition des auditeurs n'exigeait pas autant de classes ni autant de professeurs, en tout interviendra la prudence pour en réduire le nombre et ne nommer que ceux qui suffisent.

 [458]

C. Si, en plus des maîtres ordinaires qui tiendront particulièrement compte des auditeurs, il faut qu'il y en ait un ou plusieurs qui, à la manière des professeurs publics, enseignent la philosophie, les mathématiques ou quelque autre matière, avec un peu plus d'apparat que les professeurs ordinaires, c'est la prudence qui en décidera, en fonction des lieux et des personnes avec qui l'on traite, en ayant en vue une plus grande édification et un plus grand service de Dieu.

 [459]

D. Les répétitions ne devront pas seulement porter sur le dernier cours, mais aussi sur ceux de la semaine et d'un temps plus éloigné, selon ce que l'on jugera utile.

 [460]

4. Ce sera également au Recteur, personnellement ou par le chancelier, de veiller toujours à ce que les nouveaux qui arrivent soient examinés et placés dans les classes et avec les maîtres qui leur conviennent. Et il sera laissé à son discernement, (après avoir entendu l'avis de ceux qui sont nommés pour cette tâche), de décider si les élèves doivent rester plus longtemps dans la même classe ou monter dans la suivante. Ce sera encore à lui de juger si, en dehors du latin, l'étude d'autres langues [E] doit être placée avant ou après les Arts et la théologie, et combien de temps chacun doit y rester. Ainsi également pour les autres disciplines supérieures, en raison de l'inégalité des aptitudes intellectuelles et des âges, et d'autres choses méritant réflexion, ce sera encore à lui de peser dans quelle mesure chacun doit les apprendre et combien de temps il doit y demeurer. Cependant il serait mieux que ceux qui ont âge et aptitudes s'efforcent de progresser en tout et de se signaler pour la gloire de Dieu.

 [461]

E. Il se pourrait que quelqu'un soit d'un tel âge ou ait des aptitudes intellectuelles telles que le latin soit suffisant pour lui et qu'il n'ait besoin des autres matières que dans la mesure où elles sont nécessaires pour entendre les confessions et traiter avec le prochain. Tels sont certains qui ont charge d'âmes et ne sont pas capables de grande érudition. Il y en aura d'autres, par contre, qui iront jusqu'à des disciplines plus hautes. Ce sera au Supérieur de juger dans quelle mesure il convient de prendre les unes et de laisser les autres. Après qu'il l'ait fait savoir aux étudiants du dehors, si ceux-ci voulaient pourtant agir autrement, on ne les forcera pas.

 [462]

5. De même que l'assiduité est nécessaire dans l'exercice des lettres, de même l'est aussi une certaine détente. La mesure et les moments de cette détente seront laissés à l'appréciation prudente du Recteur, après qu'il ait pesé les circonstances [F] de personnes et de lieux.

 [463]

F. Au moins un jour par semaine sera fixé pour un repos après le repas de midi. Pour le reste, on en référera au Provincial sur l'ordre à garder pour les vacances ou les interruptions ordinaires des études.

 

CHAPITRE 14

Les livres à enseigner

 [464]

1. En général, comme on l'a dit lorsqu'il s'agissait des collèges, on enseignera les livres que, dans chaque matière, on estimera être d'une doctrine plus solide et plus sûre. On devra laisser de côté ceux dont la doctrine ou les auteurs seraient suspects [A]. Cependant ces derniers seront nommément signalés dans chaque université. En théologie, on enseignera l'Ancien et le Nouveau Testament, et la doctrine scolastique de saint Thomas [B]; et, dans ce qu'on appelle la théologie positive, on choisira les auteurs qui sembleront convenir davantage à notre fin [C].

 [465]

A. Même si un livre n'est pas suspect de mauvaise doctrine, il ne convient pas de l'enseigner quand l'auteur est pourtant suspect. Car l'œuvre est ordinairement cause de ce que celui qui la lit s'attache à son auteur, et l'autorité qu'il a dans ce qu'il dit de bon pourrait ensuite faire naître quelque confiance dans ce qu'il dit de mauvais. Et il est rare aussi que quelque poison ne se mêle pas à ce qui sort d'un cour qui en est plein.

 [466]

B. On enseignera aussi le Maître des Sentences. Mais s'il semblait, avec le temps, qu'un autre auteur serait plus utile aux étudiants, par exemple si on composait une somme ou un livre de théologie scolastique paraissant plus adapté à notre époque, on pourra l'enseigner après avoir sérieusement pris conseil, les choses ayant été bien examinées par des hommes estimés les plus aptes dans toute la Compagnie, et avec l'approbation du Préposé Général. On pourra le faire aussi pour les autres sciences et pour les humanités, si certains livres composés dans la Compagnie sont adoptés comme plus utiles que les autres que l'on a communément en main; mais on le fera avec beaucoup d'attention, en ayant toujours devant les yeux notre fin, un plus grand bien universel.

 [467]

C. Par exemple, une partie du Droit Canon et des Conciles, etc.

 [468]

2. Quant aux livres des humanités, latines ou grecques, on s'abstiendra aussi, autant que possible, dans les universités comme dans les collèges, d'enseigner à la jeunesse les livres dans lesquels il y aurait quelque chose qui pourrait nuire aux bonnes mœurs, s'ils n'ont pas été expurgés auparavant des choses et des expressions immorales [D].

 [469]

D. Si certains ne peuvent absolument pas être expurgés, comme Térence, il vaut mieux ne pas les enseigner, pour que la nature des sujets n'offense pas la pureté des cours.

 [470]

3. En logique, en philosophie naturelle et morale et en métaphysique, on doit suivre la doctrine d'Aristote, de même que dans les autres Arts libéraux. Et parmi les commentaires des auteurs, aussi bien dans ces disciplines qu'en littérature, après en avoir fait un choix, on signalera ceux que les élèves doivent lire, et ceux que les maîtres eux-mêmes doivent suivre de préférence à d'autres dans la doctrine qu'ils enseignent. Et le Recteur, en tout ce qu'il décidera, agira conformément à ce qui, dans la Compagnie universelle, sera jugé convenir davantage à la gloire de Dieu.

 

CHAPITRE 15

Les cours et les grades

 [471]

1. Pour les humanités et les langues, il ne peut y avoir, pour en achever l'étude, une durée limitée [A], à cause des différences d'intelligence et de connaissances chez les auditeurs, et pour beaucoup d'autres raisons qui ne permettent pas d'autre précision de temps que celle qui semblera convenir pour chacun, selon le jugement d'un Recteur ou d'un Chancelier prudent.

 [472]

A. Pour ceux qui sont bien doués et commencent leurs études, on verra s'il ne suffirait pas d'un semestre dans chacune des quatre classes inférieures, et de deux semestres dans la classe supérieure, en consacrant ce temps à l'étude de la rhétorique et des langues; mais on ne peut pourtant pas prescrire de règle fixe.

 [473]

2. Pour l'étude des Arts, il faudra organiser des cours où l'on enseigne les sciences naturelles [B] (pour cela il ne faudra pas moins de trois années); outre ces cours, un semestre sera encore réservé pour répéter ce qu'on aura entendu, pour célébrer les actes scolastiques et pour recevoir le grade de Maître ès Arts, pour ceux qui le recevront. Le cours enfler pour devenir Maître ès Arts sera donc de trois ans et demi. Et chaque année un tel cours commencera [C] et un autre s'achèvera, avec l'aide divine.

 [474]

B. Si quelqu'un avait suivi ailleurs une partie du cours des Arts, on pourrait tenir compte de ce temps. Mais, la plupart du temps, pour que quelqu'un soit promu au grade de Maître ès Arts, il faut qu'il ait étudié pendant trois ans, comme il a été dit. Il en sera dit de même pour les quatre années de théologie nécessaires pour être admis aux actes et obtenir le grade de docteur dans cette discipline.

 [475]

C. Si, par manque d'hommes ou pour d'autres raisons, il n'était pas commode d'assurer totalement cela, on fera ce que l'on pourra, avec l'accord du Préposé Général ou au moins du Provincial.

 [476]

3. Le cours de théologie s'étendra sur six ans. Pendant les quatre premières années, on enseignera tout ce que l'on devra enseigner; pendant les deux dernières années, outre les répétitions, les actes habituels en vue du doctorat seront accomplis par ceux qui doivent y être promus. Le cours commencera ordinairement tous les quatre ans [D], en répartissant de telle façon les livres à enseigner que tout étudiant puisse commencer par n'importe laquelle des quatre années, et que, en suivant le reste du cycle de quatre ans commencé cette année et les cours suivants de ce cycle jusqu'au point où il avait commencé, il puisse achever en quatre ans tout le cours de théologie.

 [477]

D. Si la situation dans un collège ou une université de la Compagnie était telle qu'il semblerait préférable de commencer le cycle tous les deux ans, ou un peu après la quatrième année, on pourra, avec l'accord du Général ou du Provincial, faire ce qu'on trouvera convenir davantage.

 [478]

4. Pour les grades de Maître ès Arts et de Docteur en théologie, on observera trois choses.
La première : on n'y sera promu que si l'on a été soigneusement et publiquement examiné [El par des personnes désignées remplissant bien leur office, et si l'on a été trouvé apte à enseigner cette matière, qu'on soit membre de la Compagnie ou hors de celle-ci.
La deuxième : pour fermer la porte à l'ambition, on ne fixera pas de places déterminées pour ceux qui reçoivent les grades; mais qu'ils veillent bien plutôt à regarder les autres comme plus méritants, sans observer aucune différence de places.
La troisième : de même qu'elle enseigne gratuitement, la Compagnie promouvra aussi gratuitement aux grades; et l'on ne permettra à ceux du dehors que très peu de dépenses, bien qu'elles soient volontaires [F], de peur que l'habitude n'en vienne à avoir force de loi et qu'il ne se fasse, avec le temps, des abus en ce domaine.
Le Recteur veillera aussi à ne permettre ni aux professeurs ni à aucun autre membre de la Compagnie de recevoir de personne, pour eux ou pour le collège, de l'argent ou n'importe quels présents, pour quelque service qui aurait été rendu, puisque, selon notre Institut, notre salaire sera le seul Christ notre Seigneur, lui qui est notre magnifique récompense.

 [479]

E. Si, pour de justes raisons, il semblait que quelqu'un ne doive pas être examiné en public, après avoir obtenu la permission du Général ou du Provincial, on pourra faire ce que le Recteur jugera devoir être fait pour une plus grande gloire de Dieu.

 [480]

F. Et ainsi on ne permettra ni banquets ni autres fêtes qui se font non sans grands frais et qui sont inutiles pour la fin que nous nous sommes proposée; et on ne donnera ni bonnets, ni gants, ni rien d'autre.

 

CHAPITRE 16

Ce qui concerne les bonnes mœurs

 [481]

1. On veillera avec soin à ce que ceux qui viennent dans les universités de la Compagnie pour y apprendre les lettres, y apprennent en même temps des mœurs bonnes et dignes de chrétiens. Pour cela on trouvera une grande aide à ce que tous se confessent au moins une fois par mois, entendent chaque jour la messe [A], et le sermon chaque jour de fête, quand il y en aura un. Les maîtres veilleront à cela, chacun pour ses étudiants.

 [482]

A. Pour ceux que l'on peut facilement y obliger, qu'on les oblige à ce qui est dit de la confession, de la messe, du sermon, de la doctrine chrétienne et de la déclamation. Pour les autres, il convient de les persuader avec amour; mais on ne les y contraindra pas ni ne les renverra des écoles s'ils ne le font pas, pour autant cependant qu'ils ne semblent pas être une cause de relâchement ou de scandale pour les autres.

 [483]

2. On enseignera aussi dans le collège, un jour de chaque semaine, la doctrine chrétienne; et on veillera à la faire apprendre et à la faire réciter aux enfants ; et à ce que tous la sachent, même les plus grands, si possible.

 [484]

3. Il y aura aussi chaque semaine (comme on l'a dit pour les collèges) une déclamation faite par l'un des Scolastiques [B] sur des choses qui édifient les auditeurs et les invitent à désirer progresser en toute pureté et en toute vertu, afin de ne pas seulement exercer le style, mais d'améliorer les mœurs. Et il faudra que tous ceux qui savent le latin soient présents à cette déclamation.

 [485]

B. En général, celui qui fera cette déclamation sera un étudiant de première année, soit l'un des Scolastiques de la Compagnie, soit l'un des étudiants étrangers à la Compagnie. Parfois, cependant, quelqu'un d'autre pourrait, si cela semble bon au Recteur, la rédiger ou lire celle qu'un autre aura rédigée. Mais, quel que soit celui qui la prononce, comme il s'agit d'un acte public, elle devra être telle qu'elle ne soit pas jugée indigne de ce lieu.

 [486]

4. On ne permettra dans les écoles ni jurons, ni paroles ou actions injurieuses, ni rien d'immoral ou de relâché de la part de ceux qui viennent de l'extérieur à l'école. Les professeurs veilleront spécialement, aussi bien pendant les cours, quand l'occasion s'en présentera, qu'en dehors de ceux-ci, à porter leurs étudiants au service et à l'amour de Dieu et des vertus par lesquelles on doit lui être agréable, et à ce qu'ils rapportent toutes leurs études à cette fin. Pour le leur remettre en mémoire, avant le début des cours, quelqu'un dira une courte prière [C] faite à cette intention, que le maître et tous les élèves écouteront attentivement, la tête découverte.

 [487]

C. La prière doit être dite d'une façon qui donne dévotion et édification; ou bien on ne la dira pas, mais le maître, la tête découverte, fera un signe de croix et commencera.

 [488]

5. A cause de ceux qui auront commis quelque faute, aussi bien dans l'application requise dans leurs études qu'en ce qui concerne la bonne conduite, et pour qui les seules bonnes paroles et les avertissements ne suffisent pas, on établira un correcteur, n'appartenant pas à la Compagnie, qui tiendra les enfants dans la crainte et châtiera ceux qui en auront besoin et seront en état de recevoir un tel châtiment. Quand ne suffiraient ni les paroles, ni le correcteur, qu'on n'attendrait aucun amendement chez quelqu'un et qu'on verrait qu'il est cause de scandale pour les autres, il vaut mieux le renvoyer des écoles [D], plutôt que de le garder là où lui-même fait peu de progrès et nuit aux autres. Cette décision sera laissée au Recteur de l'université, afin que tout se passe comme il convient pour la gloire et le service de Dieu.

 [489]

D. Si un cas se présentait où le renvoi des écoles ne serait pas suffisant pour remédier au scandale causé, le Recteur verra ce qu'il convient en outre de faire. On devra cependant agir, autant que possible, dans un esprit de douceur, en maintenant avec tous la paix et la charité.

 

CHAPITRE 17

Les chargés d'office ou ministres de l'Université

 [490]

1. La charge générale ou surintendance et le gouvernement de l'université appartiendront au Recteur [A]. Ce pourra être le même que celui qui est à la tête du collège principal de la Compagnie, ayant les dons de Dieu dont on a parlé pour qu'il puisse remplir la fonction qui lui est confiée, la direction intellectuelle et morale de toute l'université. Le choix du Recteur appartiendra au Préposé Général, ou à un autre auquel celui-ci confiera ce choix (par exemple, au Provincial ou au Visiteur); mais la confirmation du choix appartiendra toujours au Général. Le Recteur aura quatre conseillers ou assistants [B], qui, d'une façon générale, puissent l'aider dans ce qui relève de sa fonction et avec lesquels il discute lui-même de ce qui est plus important.

 [491]

A. Bien qu'il en soit ainsi, il ne changera cependant pas les principaux professeurs, ni les chargés d'office, par exemple le chancelier, sans avertir le Provincial qu'il doit avoir soin de tenir informé de tout, ou le Général si celui-ci est plus proche et que celui-ci ne s'en est pas remis au Provincial.

 [492]

B. L'un de ces conseillers pourrait être le collatéral, si cela paraissait nécessaire au Préposé Général; et s'ils ne pouvaient pas facilement être aussi nombreux, on fera du mieux qu'on pourra.

 [493]

2. Il aura aussi un Chancelier [C], homme se distinguant par sa grande culture et par son grand zèle et son jugement dans ce qu'on doit lui confier. Sa tâche sera d'être l'instrument général du Recteur pour la bonne organisation des études, pour la direction des disputes dans les actes publics et pour discerner si ceux que l'on doit admettre aux actes et aux grades (que lui-même conférera) ont un niveau suffisant de connaissances.

 [494]

C. Si le Recteur suffisait à remplir, en plus de sa charge celle aussi de chancelier, ces deux fonctions pourraient être cumulées dans une même personne.

 [495]

3. Il y aura un secrétaire, appartenant à la Compagnie, qui tiendra le registre où seront écrits les noms de tous les étudiants [D] qui suivent assidûment les classes. Il recevra leur promesse d'obéir au Recteur et d'observer les constitutions (que lui-même présentera) [E], et il détiendra le sceau du Recteur et de l'université. Mais tout cela doit se faire sans frais pour les étudiants.

 [496]

D. Quand ils fréquentent assidûment les classes depuis plus d'une semaine, on doit les inviter à donner leur nom, qui sera reporté sur le registre d'immatriculation. On leur lira les constitutions, non pas toutes, mais celles que chacun doit observer; et on exigera d'eux la promesse, non le serment, d'obéir et d'observer les constitutions qui leur ont été présentées auparavant. Si certains ne voulaient pas se lier par une promesse ou se faire immatriculer, on ne doit pas pour autant les exclure des écoles, pourvu qu'ils y vivent de façon paisible et sans faire de scandale. C'est ce qu'on pourra leur faire savoir, en ajoutant pourtant que l'on a coutume d'avoir plus particulièrement soin des étudiants qui sont immatriculés dans le registre de l'université.

 [497]

E. Dans la suite, cependant, celles que tous doivent observer seront placées dans un endroit où on puisse les lire publiquement, et celles propres à chaque classe devront être affichées dans la classe elle-même.

 [498]

4. Il y aura aussi un notaire, pour authentifier publiquement les grades et les autres choses qui arrivent [F]. Il y aura aussi deux ou trois bidelles [G], un pour la faculté des langues, un autre pour celle des Arts et un autre pour celle de théologie.

 [499]

F. Il pourra percevoir un droit des étudiants extérieurs qui voudront une attestation de leurs grades; mais ce droit devra être quelque chose de modéré et rien ne reviendra au profit de la compagnie. Quant à l'attestation pour les Nôtres, la patente du Recteur suffira.

 [500]

G. Ces derniers n'appartiendront pas à la compagnie; mais, comme ils auront beaucoup à faire, ils recevront une bonne rémunération. L'un d'eux pourra être le correcteur.

 [501]

5. L'université sera divisée en ces trois facultés; et dans chacune, il y aura un Doyen, plus deux délégués, nommés parmi ceux qui sont mieux versés dans les choses de la faculté; ils pourront, quand le Recteur les convoquera, dire ce qu'ils pensent sur ce qui convient pour le bien de leur faculté; et si, parlant entre eux de ces choses, il leur vient à l'esprit quelque chose de ce genre, ils le rapporteront au Recteur, même sans être convoqués.

 [502]

6. Pour ce qui ne concerne qu'une seule faculté, le Recteur convoquera, outre le Chancelier et ses assistants, le Doyen et les délégués de cette faculté [H]. Pour ce qui concerne toutes les facultés, les Doyens et les délégués de toutes les facultés seront convoqués. Et, s'il semble bon au Recteur de convoquer à la réunion d'autres personnes, appartenant ou non à la Compagnie, il pourra le faire pour que, après avoir entendu le sentiment de tous, il décide ce qui convient le mieux.

 [503]

H. Bien que la décision ne dépende pas de leurs suffrages, il convient pourtant qu'ils soient convoqués et entendus. Le Recteur tiendra compte, comme il convient, de l'avis de ceux qui comprennent mieux les choses. Mais, si tous les autres étaient d'un avis contraire au sien, il n'agira pas contre l'avis de tous sans en avoir référé auparavant au Provincial.

 [504]

7. Il y aura un Syndic général [I] qui informera le Recteur, le Provincial et le Général de ce qu'il jugera bon concernant les personnes aussi bien que les choses; ce Syndic devra être un homme d'une grande fidélité et d'un grand jugement. En plus de celui-ci, le Recteur aura ses syndics particuliers, qui le tiendront au courant de ce qui se passe dans chaque classe [K] et à quoi il faut faire face. Une fois par an, le Recteur écrira au Préposé Général au sujet de tous les maîtres et des autres membres de la Compagnie; le collatéral, le Syndic et les conseillers feront de même au sujet du Recteur et des autres [L], et ils écriront deux fois par an au Provincial, qui mettra le Général au courant (s'il le faut), pour qu'on agisse en tout avec plus de circonspection et avec le souci que chacun fasse ce qu'il doit faire.

 [505]

I. Cette fonction de Syndic pourrait se conjuguer avec celle de collatéral ou de conseiller, si cela paraissait convenir, parce qu'il n'y aurait personne d'autre dans l'université qui serait plus apte que l'un d'entre eux.

 [506]

K. Et, même si les Syndics n'ont rien d'important à dire, pourtant chaque samedi au moins ils feront part au Supérieur de ce qu'ils n'ont rien à dire.

 [507]

L. Ces lettres seront envoyées cachetées, de façon à ce que personne ne sache ce que l'autre écrit. Et quand le Préposé Général ou le Provincial voudrait des informations plus complètes, ce ne seront pas seulement le Collatéral, le Syndic et les consulteurs qui écriront au sujet du Recteur et de tous les autres, mais chacun des Maîtres et des Scolastiques approuvés ainsi que chacun des Coadjuteurs formés écrira son sentiment sur tous et aussi sur le Recteur. Et, pour que cela ne semble pas une nouveauté, cette information devra se faire, comme une chose ordinaire, au moins tous les trois ans.

 [508]

8. Quant à savoir si le Recteur, le Chancelier et les bidelles, ainsi que les docteurs et les professeurs, doivent porter ou non des insignes pour être reconnus dans l'université, ou au moins pendant les actes publics et, s'ils en portent, quels doivent être ces insignes, cela sera laissé à l'appréciation de celui qui sera alors le Général [M] lorsque l'on accepte une université. Compte tenu des circonstances, le Général décidera, lui-même ou par un autre, ce qu'il jugera être pour une plus grande gloire et un plus grand service de Dieu, et pour le bien universel (ce qui est l'unique fin pour nous en cela et en toutes choses).

 [509]

M. Bien qu'il en soit ainsi, pourtant ce qui semblera convenir dans tel ou tel endroit au sujet de ces insignes sera établi d'une manière claire dans les règles de chaque université.

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