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DIXIÈME PARTIE COMMENT TOUT LE CORPS DE |
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1. La Compagnie, n'ayant pas été fondée par des moyens humains, ne peut ni se conserver ni se développer par eux, mais par la grâce de notre tout-puissant Dieu et Seigneur Jésus Christ. Il faut mettre en lui seul l'espérance qu'iI conservera et fera avancer cette œuvre qu'il a daigné commencer pour son service et sa louange et pour l'aide des âmes. Conformément à cette espérance, le premier moyen, et le plus adapté, sera celui des prières et des messes que l'on doit offrir à cette sainte intention, et qui doivent être fixées dans un ordre déterminé pour chaque semaine, chaque mois et chaque année dans tous lieux où réside la Compagnie. |
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2. Pour conserver et développer non seulement le corps, c'est-à-dire ce qui est extérieur, mais aussi l'esprit de la Compagnie, et pour réaliser la fin qu'elle se donne, qui est d'aider les âmes à atteindre leur fin suprême et surnaturelle, les moyens qui unissent l'instrument à Dieu et le disposent à être bien gouverné par la main divine sont plus efficaces que ceux qui le disposent à l'égard des hommes. Ce sont la probité et la vertu, spécialement la charité, la pure intention de servir Dieu, la familiarité avec Dieu dans les exercices spirituels de dévotion, le zèle sincère des âmes pour la gloire de celui qui les a créées et rachetées, en laissant de côté toute autre récompense. Il semble donc qu'il faille veiller, en général, à ce que tous ceux qui se sont donnés à la Compagnie s'adonnent à l'amour des vertus solides et parfaites et des choses spirituelles, et qu'ils pensent que celles-ci ont plus d'importance que le savoir et les autres dons naturels et humains. En effet, ces dons intérieurs sont ceux d'où doit venir l'efficacité des dons extérieurs pour la fin qui nous est proposée. |
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3. Ce fondement posé, les moyens naturels qui disposent l'instrument de notre Dieu et Seigneur à être utile au prochain aideront d'une façon générale à la conservation et au développement de tout ce corps, pourvu que nous en fassions l'apprentissage et les exercions pour le seul service de Dieu; non pas pour mettre notre confiance en eux, mais plutôt pour coopérer par le moyen de ceux-ci à la grâce divine, suivant l'ordre voulu par la souveraine Providence de Dieu, lui qui veut qu'on rapporte à sa gloire aussi bien les dons naturels qu'il donne lui-même en tant que Créateur que les dons surnaturels qu'il donne en tant qu'auteur de la grâce. Aussi les moyens humains ou acquis doivent-ils être l'objet d'un grand soin, et spécialement une doctrine exacte et solide, la façon de la présenter au peuple dans la prédication et dans l'enseignement, et la manière d'agir avec les hommes et de traiter avec eux. |
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4. On trouvera aussi une grande aide à maintenir les collèges dans leur bon état et dans la discipline, en en faisant exercer l'intendance générale par ceux qui ne peuvent y trouver aucun intérêt matériel. Telle est la Compagnie professe qui aura soin de former dans les collèges à la perfection de la vie et aux lettres dignes d'un chrétien ceux qui sembleront avoir reçu en partage le talent pour cela. En effet ceux-ci seront comme une pépinière pour la Compagnie professe et ses Coadjuteurs. S'il y a aussi, en plus des collèges, des universités confiées au soin de la Compagnie, celles-ci aideront à atteindre cette même fin, en gardant la manière de procéder dont il a été parlé dans la quatrième Partie. |
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5. Parce que la pauvreté est comme un rempart pour les Ordres religieux, pour les conserver dans leur état et leur discipline et les défendre contre beaucoup d'ennemis, le démon s'efforce de la détruire par des moyens variés. Il est donc important, pour la conservation et le développement de tout ce corps, que l'on bannisse bien loin toute espèce de cupidité, en refusant revenus, propriétés, ou salaires(1) pour la prédication de la Parole de Dieu, l'enseignement, les messes, l'administration des sacrements, ou enfin pour toutes les choses spirituelles, comme il a été dit dans la sixième Partie, et en n'affectant pas à son propre usage les revenus des collèges. (1) (Cf. [555] notes 9-10, [557] notes 11 et 13, [561] note 14, [565] note 17). |
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6. Il sera également de la plus grande importance, pour maintenir toujours
le bon état de la Compagnie, d'en exclure très soigneusement l'ambition,
mère de tous les maux en toute association ou congrégation que ce soit,
et de fermer la porte à toute recherche directe ou indirecte d'une dignité
ou d'une prélature à l'intérieur de la Compagnie. Pour qu'iI en soit ainsi,
tous les Profès feront vœu à notre Dieu et Seigneur de ne jamais rien
faire pour en obtenir une et de dénoncer ceux qu'ils remarqueraient le
faire ; [ceux dont on pourra prouver qu'ils l'ont ambitionné seront
tenus pour incapables et inhabiles à toute prélature](2).
Ils promettront aussi à notre Dieu et Seigneur de ne rien faire pour
obtenir une prélature ou une dignité en dehors de la Compagnie, et de
ne pas consentir à ce que leur personne soit choisie pour une telle charge,
autant qu'il dépendra d'eux, à moins d'y être contraints par l'obéissance
envers qui peut leur commander sous peine de péché(3)
; mais chacun verra de quelle manière il peut servir les âmes, conformément
à l'humilité et à l'abaissement dont nous faisons profession, pour que
la Compagnie ne soit pas privée des hommes qui lui sont nécessaires pour
la fin qu'elle s'est proposée. (2) Abrogé par la 34° C.G. (Dans l'esprit de la
recommandation faite au Préposé Général par la 31° C.G. d. 53, 2°, de
même qu'ont désormais été abrogées les autres peines portées a jure qu'il
y avait dans les Constitutions). |
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A. En considérant avec combien d'instances et au nom de combien de raisons on s'est efforcé de charger de divers évêchés des membres de la Compagnie, alors que, dans bien des cas, nous nous y sommes opposés, et que, cependant, il n'a pas été possible de refuser le patriarcat et les épiscopats d'Éthiopie, nous avons réfléchi à cette aide à apporter à cette œuvre d'Éthiopie et à d'autres semblables, lorsqu'il n'y avait pas moyen de refuser. Mais la Compagnie ne s'engage pas à assumer cette charge chaque fois qu'un de ses membres devrait accepter un évêché; bien plus, elle demeure libre de pouvoir laisser ou accepter cette charge quand elle jugerait que cela est très important pour le service de Dieu. Après avoir fait profession, on fera ce vœu simple avec les autres dont nous avons parlé. |
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7. Ce qui a été dit dans les première, deuxième et cinquième Parties contribue beaucoup à ce que se maintienne durablement le bon état de tout ce corps: n'admettre, même en probation, ni une foule ni des hommes qui ne seraient pas aptes à notre Institut; si, pendant le temps de la probation, certains se révélaient ne pas être aptes, il faut les renvoyer. Quant à ceux qui auraient des mœurs dépravées ou pour lesquels il y aurait peu d'espoir d'amendement, on devrait encore bien moins les garder. On devra aussi moins ouvrir la porte pour admettre au degré de Scolastique approuvé(5) ou de Coadjuteur formé, et beaucoup moins encore à celui de Profès ; ne doivent, en effet, être admis à la profession que des hommes choisis pour leur esprit et leur doctrine, abondamment et longuement exercés et connus au cours de diverses épreuves de vertu et d'abnégation de soi-même, pour l'édification et la satisfaction de tous. De la sorte en effet, même si le nombre augmente, l'esprit ne diminuera pas et ne s'affaiblira pas, pourvu que soient tels ceux qui seront admis dans le corps de la Compagnie. (5) (Les Frères approuvés sont au même rang que les Scolastiques ; cf. NC 6 § 1, 2°). |
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8. Étant donné que le bon et le mauvais état de la tête rejaillit sur le corps tout entier, il importera grandement que l'élection du Préposé Général soit telle qu'elle a été décrite dans la neuvième Partie; et outre cette élection, sera d'une très grande importance le choix des Supérieurs qui lui sont subordonnés dans les Provinces, les collèges et les maisons de la Compagnie. Car tels ils seront, tels seront aussi leurs inférieurs. Outre le choix, il importe aussi beaucoup que chacun des Supérieurs ait beaucoup de pouvoir sur ses subordonnés, ainsi que le Général sur chacun des Supérieurs, et la Compagnie d'autre part sur le Général, comme cela a été expliqué dans la neuvième Partie. De sorte que tous puissent tout pour faire le bien et, s'ils venaient à agir mal, qu'ils soient totalement soumis. Il importe également que les Supérieurs aient des ministres qualifiés, comme on l'a dit dans la même Partie, pour l'organisation et l'exécution des choses qui concernent leur fonction. |
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9. Ce qui aide à l'union des membres de cette Compagnie, entre eux et avec leur tète, aidera aussi beaucoup à conserver le bon état de la Compagnie; il en est ainsi spécialement du lien des volontés, qui est la charité et l'amour mutuel, que nourriront de fréquents échanges et les nouvelles des uns et des autres, une même doctrine et une uniformité en tout, autant que faire se peut. Mais en premier lieu y contribuera le lien de l'obéissance qui unira les individus à leur Supérieur, les Supérieurs locaux entre eux et avec les Provinciaux, et les uns et les autres avec le Général, de façon à garder avec soin la subordination entre tous. |
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10. La modération dans les travaux de l'esprit et du corps, ainsi que dans les Constitutions, qui ne verseront ni dans une rigueur excessive ni dans un trop grand relâchement - et ainsi pourra-t-on mieux les observer -, aideront à ce que tout le corps dure et se maintienne dans son état. |
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11. En vue de la même fin, d'une manière générale, il sera utile de veiller à ce que soient gardés l'amour et la charité de tous envers la Compagnie, y compris de ceux qui n'en font pas partie, mais surtout de ceux dont la volonté bien ou mal disposée envers nous a beaucoup d'importance [B] pour que s'ouvre ou se ferme la porte au service divin et à l'aide des âmes. Que l'on ne trouve ni ne sente dans la Compagnie elle-même aucune partialité en faveur de tel ou tel parti qui pourrait exister entre les Princes ou les Seigneurs chrétiens, mais bien plutôt un certain amour universel qui embrasse en notre Seigneur tous les partis (même s'ils s'opposent entre eux). |
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B. Que l'on garde surtout la bienveillance du Siège Apostolique, que la Compagnie doit spécialement servir, puis celle des Princes temporels, des grands et des hommes influents dont la faveur ou la défaveur contribuent beaucoup à ce que s'ouvre ou se ferme la porte pour le service divin et le bien des âmes. De même, quand on comprendra que certains sont mal disposés, surtout si ce sont des gens qui ont quelque autorité, on devra prier pour eux et utiliser les moyens qui conviennent pour qu'ils nous rendent leur amitié ou au moins ne nous soient pas contraires; et cela non pas par crainte des oppositions ou parce que quelque chose de plus pénible pourrait nous arriver, mais pour que, grâce à la bienveillance de tels hommes, Dieu soit davantage servi et glorifié en toutes choses. |
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12. Ce sera aussi une aide que de faire un usage modéré et prudent des grâces accordées par le Siège Apostolique, nous proposant très sincèrement comme fin la seule aide des âmes. Ainsi, en effet, la divine Bonté fera avancer l'œuvre qu'elle a commencée, et la bonne odeur, qui naît de l'authenticité des bonnes œuvres, fera croître la dévotion des hommes, pour que ceux-ci cherchent aussi bien à être eux-mêmes aidés par la Compagnie qu'à aider celle-ci pour la fin qu'elle poursuit, le service et la gloire de la divine Majesté. |
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13. Il sera bon aussi qu'on tienne compte de la santé, pour qu'elle soit conservée en chacun, comme il a été dit [C] dans la troisième Partie ; enfin que tous s'appliquent à observer les Constitutions ; c'est pourquoi il est nécessaire de les connaître, au moins celles qui concernent chacun. Il faudra donc les lire ou les entendre lire chaque mois(6). (6) Modifié : NC 415. (La lecture et la méditation des Constitutions doivent être assidûment faites par tous). |
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C. Pour cela, il faut aussi veiller à ce que les maisons et les collèges soient situés en des lieux où l'air est pur et salubre, et non pas dans ceux qui sont contraires à la santé. |
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