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Introduction au décret 7de la 34 ème CG :
Le frère jésuite
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Texte du décret 7

Introduction

La question concernant les frères jésuites parvint à la Congrégation Générale précédée par une préparation très particulière, le "Symposium de Loyola". Pendant 15 jours, du 12 au 24 juin 1994, sous la présidence du Père Général, les participants, en grande majorité des frères, prièrent et réfléchirent sur les aspects les plus importants de l'identité, de la mission, de la communion et de la formation des frères. Il en résulta des "propositions" qui regroupaient les préoccupations et les désirs des participants de ce Symposium.

Ainsi la commission 14 de la Congrégation Générale avait un matériau de base assez élaboré, auquel s'ajoutaient les postulats des Congrégations Provinciales. Et s'il y eut une nouveauté, ce fut surtout, pour la première fois dans l'histoire de la Compagnie, la présence de sept frères dans la Congrégation Générale.

Au centre de tout ce matériau était le désir qu'on creuse davantage ce qui avait été exposé par les Congrégations Générales précédentes concernant l'identité du frère, et que, ainsi, on puisse donner une nouvelle image de cette vocation.

La Congrégation chercha, avec ce décret et diverses dispositions juridiques, à répondre à cette interrogation ; de fait, elle fit sienne la plus grande partie des "propositions" du Symposium de Loyola.

Le décret a repris les quatre divisions du document du Symposium : identité, mission, communion et formation.

1. A la base de la vocation du frère, comme de celle de tout jésuite, est l'appel du Père à être "Compagnon de Jésus", afin d'aider la mission du corps apostolique, religieux et sacerdotal de la Compagnie.

On constate que, dès le début, l'expérience apostolique d'Ignace et de ses compagnons était liée à l'exercice du ministère sacerdotal ; et quelques années plus tard, cette expérience l'amenait à recevoir dans la Compagnie des frères qui partageraient la même vocation que les prêtres et aideraient à mener à bien une même mission pour tous. La métaphore paulinienne du corps, à laquelle saint Ignace a si souvent recours dans les Constitutions, exprime bien la conception qu'il avait de la vocation à la Compagnie à la fois une et diverse, "se modelant selon le principe de l'unité dans la diversité" (n. 4).

Dans cet appel commun à la Compagnie, qui comporte une diversité des dons en vue d'une mission unique, nous pourrions dire que "le religieux frère représente la vie religieuse dans son essence même et est donc à même d'exprimer cette vie avec une évidence particulière", en donnant au monde d'aujourd'hui un témoignage prophétique.

2. De cet exposé concernant l'identité de la vocation il ressort très clairement que les frères devront se sentir engagés et devront être envoyés dans toute mission apostolique de la Compagnie qu'ils peuvent réaliser selon leur charisme propre. La Congrégation donne une longue liste, à titre d'exemple, des missions auxquelles les frères peuvent être envoyés.

3. Le décret juge positifs les pas faits jusqu'à ce jour pour une intégration et une participation des frères à la vie et à la mission de la Compagnie. Néanmoins, elle constate qu'il reste encore du chemin à faire et qu'il existe des difficultés en différents endroits ; d'où une exhortation à nous convertir et à avoir tous une plus grande estime de la vocation de frère.

Des moyens concrets sont suggérés pour aider à cette intégration ; tout particulièrement, on souligne le fait de partager dans une même communauté - prêtres, frères, scolastiques - la foi, la prière et les travaux domestiques, la mission apostolique, etc … ; que nos relations soient régies par des attitudes évangéliques et non par des préjugés sociaux ou culturels ; on décrète que, le mot étant tombé en désuétude dans notre langage familier, les textes de la Compagnie n'useront plus que du mot frère ou frère jésuite, et non pas de celui de coadjuteur temporel ; et l'on demande au Père Général, s'il le juge opportun, de nommer un conseiller ou de créer un secrétariat qui se chargerait des questions relatives aux frères.

4. La mission, la nouvelle image du frère et la pleine intégration de celui-ci dans la vie communautaire exigent une formation adéquate. Le décret consacre plusieurs paragraphes à cet aspect important, en insistant sur la nécessité de mettre au point au niveau provincial ou interprovincial des programmes de formation pour les frères, en y faisant entrer la dimension humaine, sociale, spirituelle, théologique, pastorale et professionnelle.

Pour ce qui est des vocations, on insiste sur la nécessité de ne pas affaiblir les critères d'admission au noviciat, en établissant, là où cela paraîtra nécessaire, des programmes de "prénoviciat", afin d'aider les candidats à parvenir aux niveaux nécessaires. Dans le même sens, on établit, parmi les critères pour l'admission, la maturité et les dispositions nécessaires pour la vie commune et pour s'intégrer dans le corps de la Compagnie.

Une chose nouvelle : la possibilité pour les Provinces de promouvoir une admission au degré d' "indifférent", pour qu'on puisse mieux discerner pendant le noviciat si la vocation est celle de frère ou de prêtre.

Le décret s'achève par une énumération des changements introduits dans notre droit, permettant de rendre plus réelles l'intégration et la participation des frères dans une vocation et une mission communes.

Dans quelques cas sont changées les dispositions de Congrégations antérieures ; on modifie aussi divers paragraphes de l'Examen et des Constitutions ; enfin un autre changement a exigé l'approbation du Saint-Siège. Signalons ici, comme changement particulièrement significatif, la suppression du nombre maximum de frères formés pouvant faire partie de la Congrégation Provinciale et l'octroi d'une voix passive permettant d'être élu comme électeur dans la Congrégation Générale.

Elias Royon, S.J.

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Texte du décret 7