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Introduction au décret 6 de la
34 ème CG :
Le prêtre jésuite : le sacerdoce ministériel et l'identité jésuite |
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Introduction Il est significatif qu'il faille dire en commençant qu'il s'agit d'un document qui n'avait pas été voulu ni même entrevu lors de la préparation de la 34ème Congrégation Générale. En fait, il n'y avait que trois postulats qui traitaient de ce thème (1). Ceci rappelé, il est assez significatif que, lors du vote sur les thèmes que la Congrégation estimait prioritaires, le thème du sacerdoce apparaissait comme étant important ; qui plus est, il tenait une place honorable parmi les seize thèmes les plus votés. La commission chargée de ce thème commença son travail avec la conviction que ce qui lui était demandé par la Congrégation Générale était d'éclairer un aspect important, mais que cela arriverait difficilement à faire la matière d'un décret. Néanmoins, ce qui commença fort modestement (une simple et brève déclaration utilisable dans le document sur notre identité) se changea en un décret visant avant tout formateurs et formés, mais pouvant aussi aider toute la Compagnie à approfondir un peu plus quelle était son identité et sa mission. (1) L'un demandait qu'on approfondisse le thème du sacerdoce ministériel en raison de l'urgence qu'il y avait à clarifier cet aspect de la vie de la Compagnie avant tout pour les jeunes en formation et les prêtres récemment ordonnés. Les deux autres signalaient la nécessité de clarifier le caractère sacerdotal de la Compagnie, pu rapport à la situation des frères ou pour aider à approfondir l'identité du jésuite aujourd'hui. |
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1. Pourquoi et pour quoi ce document Quelle est la visée de ce document ? Quel est son objectif concret ? Limitons-nous à expliciter quelques considérations qui se trouvent dans l'introduction et qui nous aideront à approfondir le, thèmes de ce décret. En premier lieu, il s'agit d'un thème important (2), mais qui n'avait été traité que très brièvement dans la 31ème Congrégation Générale (3). Aussi semblait-il qu'on pouvait apporter quelque chose de positif concernant l'identité du jésuite en clarifiant le sens du sacerdoce ministériel dans la vocation à la Compagnie (4). Une seconde raison de poids s'ajoute à cette première considération : le thème du sacerdoce ministériel des religieux n'a pas a été l'objet d'une attention spécifique ni dans les documents de Vatican II, ni dans les textes ultérieurs du Magistère sur le sacerdoce. Insensiblement, une certaine tendance se fait jour d'identifier le sacerdoce ministériel du religieux au sacerdoce diocésain (5). Il convient aussi de rappeler qu'à partir de Vatican II on a approfondi le sens du sacerdoce des fidèles et de la collaboration de nombreux laïcs dans des ministères qui, en un autre temps, étaient seulement exercés par des ministres ordonnés. Sans aucun doute, tout cela a une incidence sur notre thème, étant donné surtout la place importante que les laïcs prennent dans la vie de l'Église. Le thème des Frères était un thème obligé pour la 34ème Congrégation Générale. Cependant, le cadre de la vocation unique (qu'avait retenu aussi bien le Congrès des Frères de 1971 que le symposium de juin 1994) semblait faire quelque peu difficulté pour tout ce qui se réfère au thème du sacerdoce. Sans aucun doute, une clarification du sens du sacerdoce ministériel dans la Compagnie pouvait éclairer, au moins indirectement, la question du sens de la Vocation laïque dans la Compagnie et celle de l'identité du jésuite. Enfin, pour ce qui touche au domaine de la Formation, on a perçu qu'il y avait quelque urgence à clarifier le sens de l'ordination sacerdotale pour les scolastiques. En partie parce que la tendance à être assimilé au clergé diocésain n'était guère satisfaisante, et aussi parce qu'on voulait qu'il y ait un horizon clair pour les scolastiques à l'heure où s'approchait leur préparation à l'ordination. elles sont les principales considérations qui apparurent à mesure que la commission avançait dans ce travail ; ce sont elles aussi qui nous mettent bien en face du problème. (2) Rappelons que Paul VI avait confirmé que c'était là
un aspect essentiel fi l'identité de la Compagnie |
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2. Genèse et gestation du document La commission estima que, pour éclairer le point essentiel auquel on lui demandait de réfléchir (rôle du sacerdoce ministériel dans l'identité de la Compagnie), elle devait faire essentiellement deux choses. En premier lieu, essayer de déceler quel est le sens du sacerdoce ministériel dans la genèse de la Compagnie. Ensuite, analyser les dimensions de cet aspect dans la situation actuelle. a) Les sources. Au coeur de nos considérations furent les deux Formules de l'Institut (1540, Paul III ; 1550, Jules Il). L'analyse de ces textes nous amena à constater que le caractère sacerdotal de la Compagnie, sans être en soi un objectif, constituait un aspect central de l'identité et du service apostolique que la Compagnie offrait à l'Église. Comme corps apostolique au service de l'Église, la Compagnie aurait sérieusement limité sa disponibilité apostolique si elle n'avait pas mis au service de l'Église un corps doté du ministère sacerdotal. La priorité fut donc une priorité apostolique. C'est dans le cadre de ce vaste éventail de ministères n. 10) qu'il faut situer le caractère sacerdotal. Le charisme sacerdotal lui-même est ainsi automatiquement élargi. De telle sorte que vienne à être propre à la Compagnie tout un ensemble de ministères qui ne sont pas proprement sacramentaux, mais qui la définissent et qui lui confèrent un style de vie sacerdotale qui ne se limite pas à l'exercice ministériel sacramentel ou cultuel. Les racines d'une telle conception se révèlent comme étant évangéliques à la lumière de l'imitatio apostolorum et des débuts du ministère itinérant et apostolique de la Compagnie primitive. Mais on ne doit pas omettre une inspiration fondamentale qui nous relie au Christ et qui est à la fois rénovatrice et charismatique. Les commencements de la Compagnie sont très éclairants, surtout parce que les premiers pas faits alors caractérisent un certain style de sacerdoce. Celui-ci, à la lumière de l'activité apostolique de la Compagnie tout au long de l'histoire et surtout du caractère propre de la théologie des Exercices (spécialement dans la Contemplation pour parvenir à l'amour ; cf. n. 20), peut être caractérisé comme étant un sacerdoce de frontière ou un sacerdoce qui se tourne vers les marges, aussi bien de l'Église que de la société. En ce sens, le sacerdoce ministériel de la Compagnie a un caractère de créativité et de rénovation constante qui marque l'aspect prophétique et charismatique de l'Église. Le sacerdoce ministériel de la Compagnie doit constituer un enrichissement constant de la vie sacerdotale de l'Église. Mais cela non seulement à la lumière d'une interprétation bien claire du sacerdoce commun des fidèles, mais aussi et surtout avec une interprétation du sens du sacerdoce ministériel. b) Or, dans une analyse et une estimation du sens actuel des missions apostoliques de la Compagnie, il y a un aspect qu'il est important d'analyser et d'estimer : le service ecclésial. Les scolastiques sont présentés par la Compagnie à l'Église pour leur ordination. Mais ils ne sont pas présentés en tant que candidats au travail apostolique d'un diocèse déterminé. Ils s'offrent à l'Église que représente le Pontife Romain (6). Ils sont comme un presbyterium au service de l'Évêque de Rome, dans la mesure où celui-ci préside l'activité apostolique et missionnaire de l'Église. Le sacrement lie le jésuite d'une manière spéciale à l'Église hiérarchique dans la personne du Souverain Pontife. Indépendamment du voeu circa missiones, l'ordination sacerdotale constitue un trait d'union qui implique aussi loyauté et fidélité. C'est là un aspect qu'il convient de garder présent à l'esprit et qui souvent n'est pas estimé à sa juste mesure, ni suffisamment pris en compte. Cela a des répercussions qui vont bien au-delà de l'exemption caractérisant les Ordres religieux dans leur exercice du ministère apostolique. Ce travail analytique fut fait par tous les membres de la commission, d'abord séparément, puis en groupes. Ce fut au moment d'analyser le résumé de ce qui avait été écrit que la commission prit conscience de la valeur du travail réalisé et proposa que le document constitue un décret de la Congrégation. Et en raison du souffle et du sens de notre contribution, on proposa une dernière partie de caractère plus directement exhortatif (nn. 23-28), qui essaierait d'établir un lien avec les problèmes et les préoccupations exprimés dans les demandes de certaines Provinces et que l'on avait découvert tout au long de la Congrégation Générale. (6) Cf. d. 11, "Pour une juste attitude de service au service de l'Église", nn. 7-8. |
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3. Clés pour une lecture du document Les clés de lecture les plus importantes ont déjà été données dans les paragraphes précédents. Il s'agit en effet d'un document simple, aux limites bien définies et sans recherches systématiques particulières. Il s'appuie sur un moment fondateur en se référant à la Formule de l'Institut de 1550 et en fixant son regard sur les débuts de la Compagnie. Aussi serait-il hors de propos de rechercher des clés de lecture plus précises. Limitons-nous à signaler deux traits fondamentaux. 1) Ce document veut être avant tout descriptif ; mais, en même temps, il esquisse quelques aspects animés, pourrait-on dire, par une théologie spirituelle. Certains points sont simplement mentionnés, sans qu'on les approfondisse. C'est pourquoi nous est proposée une lecture qui s'approche lentement du fond de la question, sans vouloir aborder toutes les implications théologiques. Le premier paragraphe de l'introduction le dit honnêtement et clairement : "Le texte est... seulement une façon de considérer la dimension sacerdotale de notre identité et de notre mission de jésuites." C'est un document pour une lecture spirituelle ou une lecture méditée. 2) Néanmoins, on remarquera qu'au fond de ce document il existe bien des liens avec des thèmes théologiques ou de spiritualité que d'autres documents de la Congrégation développent, approfondissent ou confirment. Signalons dans ce sens aussi bien le thème ecclésiologique(7) que les répercussions indéniables du thème des frères(8) et aussi le thème apostolique(9). Il est évident que ces documents ne donnent pas de réponse claire aux questions que posent notre document et qu'ils n'ont pas non plus de lien direct avec lui. Ils reprennent simplement quelques-uns des thèmes et certaines affirmations en les approfondissant progressivement et, dans l'ensemble, dans un esprit de dialogue et d'ouverture caractéristique de la majeure partie des documents de la 34ème Congrégation Générale (10). (7) Cf. surtout le même décret 11, mais aussi le ci. 13
sur "La collaboration avec les laits dans la mission". J. Oriol Tuñi, S.J. |