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Introduction au décret 15 de
la 34 ème CG :
La communication : une nouvelle culture |
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Bien qu'il s'agisse de l'un des décrets les plus brefs de la 34ème Congrégation Générale, cette Congrégation est celle qui a abordé le plus longuement et le plus clairement le sujet de la communication sociale. C'est aussi, en même temps, la première qui considère les communications sociales comme un phénomène culturel global, comme une nouvelle culture de la sensibilité et de l'image, fondée surtout, à l'inverse de la culture traditionnelle rationaliste, sur une saisie plus affective et intuitive du monde qui nous entoure. Le titre du décret, La communication : une nouvelle culture, constitue déjà un clair changement de perspective par rapport au traitement dont les communications sociales avaient fait l'objet dans les précédentes Congrégations. En harmonie avec les documents de l'Église d'alors, la 31 ème Congrégation Générale (1965) a élaboré un décret dans lequel on proposait l'usage des médias (radio, cinéma et télévision ; la presse n'était pas citée) dans la prédication et dans l'éducation, ainsi que dans la formation des jésuites -, et l'on pressait les Provinciaux d'orienter l'un ou l'autre jésuite vers une préparation spécialisée. On faisait allusion à la "culture de l'image" émergeant alors ; mais il est sûr que, au fond, l'accent était mis avant tout sur l'emploi des médias comme instruments très efficaces de l'évangélisation. Dans la 32ème Congrégation Générale (1974-75) reparaît la préoccupation de l'usage des médias dans l'annonce de l'Evangile et pour une humanisation du climat social (décret 4, Notre mission aujourd'hui, nn. 59 et 60) ; est aussi soulignée la nécessité de veiller à la formation des jésuites aux moyens de communication modernes (décret 6, Formation des jésuites, n. 27). |
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Schéma du décret Le décret que nous présentons maintenant a été particulièrement attentif au changement culturel que signifie la diffusion du langage audio-visuel et le développement de nouvelles techniques. Aussi appelle-t-il à l'acquisition d'un sens critique dans l'usage des communications sociales et reconnaît-il que celles-ci ont une dimension apostolique fondamentale dans tous nos ministères. Une telle rénovation culturelle implique : 1) que l'on use des médias de masse et de groupe, y compris les médias populaires et bon marché, pour le service de la foi afin de la transmettre en un langage intelligible pour l'homme d'aujourd'hui ; 2) que l'on conçoive la communication comme un moyen efficace pour la promotion de la justice et, grâce à une action coordonnée avec d'autres hommes de bonne volonté, que l'on puisse promouvoir aussi la liberté de la presse et de l'information, qu'on établisse une répartition équitable de l'information, qu'on favorise une présence des pays moins puissants dans les médias ; 3) que tous les jésuites se familiarisent avec les problèmes d'une éthique de la communication ; 4) que l'on éduque les usagers aussi bien à la créativité qu'au bon usage de la communication, sachant éviter la manipulation déformante qu'elle comporte souvent ; les éducateurs jésuites devraient compter parmi les "hommes les mieux formés dans les médias" ; 5) que l'on fasse entrer l'étude de la communication dans les différentes étapes de la formation et de l'éducation permanente du jésuite ; 6) que l'on oriente de jeunes jésuites vers des études spécialisées. Le décret, enfin, rappelle l'invitation faite par le Pape à la Compagnie de continuer à servir l'Eglise universelle dans Radio Vatican. |
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Quelques points plus nouveaux a) Un point nouveau est évidemment la reconnaissance explicite de la communication comme science et comme agent du changement social fondamental ; y sont plongés celles et ceux au développement humain desquels nous voulons contribuer. La place des médias dans la communication n'est qu'une part, bien que primordiale, de la nouvelle culture. b) En suivant la pensée si souvent répétée par le Père Arrupe, le décret entend la communication comme une dimension apostolique fondamentale de tous nos ministères, et non pas comme un secteur restreint ne concernant que quelques spécialistes. c) Il faut souligner la manière concrète avec laquelle le document précise les actions à entreprendre pour la promotion de la justice dans le monde de la communication et dans ses structures idéologiques et commerciales. Dans le même paragraphe, on trouve aussi de brèves allusions au travail en équipe et à la diffusion par les médias de ce qui peut promouvoir la justice, questions sur lesquelles les documents de travail préalables s'étaient davantage arrêtés. Dimensions particulières de notre mission. d) On met en valeur l'importance des médias de groupe, de la radio éducative et des instruments de communication plus populaires en tant que moyens adéquats pour l'évangélisation. e) En raison de cette conception de la communication sociale comme condition fondamentale dans la vie des hommes d'aujourd'hui, la Congrégation désire qu'on l'introduise dans les programmes de formation permanente. Luis Urbez, S.J. |