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Introduction au décret 12 de
la 34 ème CG :
L'oecuménisme |
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1. Raisons du décret Il y avait deux raisons d'attendre une déclaration de la Congrégation Générale sur l'oecuménisme. En premier lieu, le thème du dialogue interreligieux avait été choisi comme important par les membres de la Curie et par les Modérateurs des Conférences des Provinciaux réunis auprès du Père Général à Rome en novembre 1991 pour commencer la préparation de la Congrégation Générale. Par suite de ce choix, le P. Thomas Michell avait été chargé d'élaborer un essai sur le dialogue, essai dans lequel le dialogue oecuménique était un thème central et en occupait une partie importante. Ce fut l'objet de l'un des tabloïdes publiés pour faire participer les communautés à une prière pour la Congrégation Générale et à une préparation de celle-ci. En second lieu, les Congrégations Provinciales avaient envoyé divers postulats demandant une plus grande implication de la Compagnie dans le mouvement oecuménique. Plus concrètement, il était demandé de contrecarrer la perte d'intérêt qui semblait se manifester ; une plus grande communion avec la Hiérarchie sur ce point et une plp grande sensibilité pour assumer ce ministère en "sentant avec l'Eglise" ; on demandait encore que l'on continue à y destiner des jésuites en spécialisant et formant certains scolastiques pour cela. Enfin, que l'on encourage la collaboration "ad extra", à tous les niveaux, avec les autres confessions chrétiennes. Le Coetus Praevius élabora un rapport dans lequel il suggérait que le thème soit inclus dans le décret sur "La Mission aujourd'hui et demain", en en faisant ressortir l'importance pour la Congrégation. Toute une série de points était donnée dont on pourrait traiter dans le document, toujours dans le contexte de la mission de la Compagnie. |
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2. Genèse du document Néanmoins, lorsque la Congrégation Générale fit un choix des sujets, elle attribua à l'oecuménisme une importance assez secondaire ; pour cette raison, elle ne constitua pas de commission spécifique pour étudier uniquement ou principalement ce sujet. Le document sur l'état de la Compagnie ne donna pas non plus une importance spéciale à ce point. Il faut en chercher la raison dans le fait que, plus qu'un problème nouveau pour lequel la Compagnie aurait besoin de règles ou d'éclaircissements, ce qu'il fallait était un renouvellement de la sensibilité et une rénovation de notre engagement dans ce ministère. L'étude du thème fut confiée, mais comme étant secondaire, à la commission chargée de traiter du "sentire cum ecclesia". Pour des raisons théologiques évidentes, il parut plus opportun d'élaborer un bref document spécifique et de ne pas l'inclure dans le décret sur le dialogue interreligieux. Après un examen à la manière ignatienne de la réalité que nous vivons dans ce domaine, qu'il s'agisse du dialogue entre théologiens ou de collaboration, de la mise en valeur des autres, etc.... un premier texte fut élaboré et présenté dans l'Aula au mois de janvier. La plus grande partie des suggestions amicalement faites à la commission tournait autour des rapports avec les sectes, un ample consensus se dégageant concernant l'ensemble du texte présenté. Dans le second texte, on fit entrer un paragraphe invitant à un dialogue aussi avec les sectes non pathologiques, en évitant de tomber dans la caricature et la dévalorisation, mais en soulignant qu'elles sont proches du peuple, qu'elles ont un sens de la liturgie et de la fête : nous aurions à apprendre de celles-ci et nous pouvons collaborer et nous rencontrer avec elles. Par le fait qu'elles n'ont ni théologiens ni interlocuteurs, le dialogue avec ce type de mouvement religieux à base populaire devrait rendre possible la collaboration. Présenté à l'Aula, ce second texte reçut des critiques, justement parce qu'il se référait, d'une manière imprécise et générale, à des sectes qui ne sont pas toujours un mouvement religieux déterminé. On décida finalement de retirer ce paragraphe et de laisser le document ouvert sur ce point. Avec de petites corrections et après l'avoir réduit en longueur et avoir simplifié quelques citations, le texte actuel fut approuvé. |
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3. Clés pour une lecture et présupposés du document La Congrégation Générale ne donne pas d'éléments nouveaux ou une doctrine nouvelle sur le sujet : il y a déjà un grand nombre de documents de l'Église et de la Compagnie qui en traitent avec fermeté et autorité. Néanmoins, on juge important d'insister auprès de la Compagnie pour qu'elle ne cesse pas ses efforts et maintienne vivante la tension nécessaire pour redonner vie au dialogue oecuménique. Aussi a-t-on opté pour une insistance sur la mise en pratique de ce qui a déjà été dit et demandé. On rappelle, en y renvoyant, les documents les plus importants de lÉglise et de la Compagnie. Dès le premier paragraphe, on insiste sur la relation intrinsèque entre le dialogue oecuménique, la paix et l'option pour la foi qui promeut la justice. Le dialogue oecuménique appartient foncièrement à la mission de la Compagnie. De plus, la Compagnie est spécialement apte à ce ministère en raison de son universalité ; elle est faite promouvoir une telle attitude en raison de sa spiritualité propre (Ex. Sp. 22). En raison de cela, elle y est davantage obligée. L'oecuménisme n'est pas seulement ni d'abord une affaire de spécialistes ou de professionnels de la théologie ; c'est avant tout une attitude et une nouvelle manière d'être chrétien. En ces temps de crise, elle requiert des décisions de gouvernement et elle exige une certaine souplesse spirituelle. Isidro Gonzalez Modrono, S.J. |