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34 e CG -Décret 8:
La chasteté dans la Compagnie de Jésus
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Introduction du décret 8
1.  

Introduction

Au cours de ce siècle et en de nombreuses parties du monde, la signification de la sexualité dans les relations humaines a notablement changé. De plus en plus, les hommes et les femmes considèrent leur sexualité comme un don leur permettant d'exprimer toute l'intimité de leur amour et de leur engagement. Pour beaucoup d'entre eux, la sexualité est comprise comme liée au "sacrement de mariage", qui leur fait expérimenter l'amour de Dieu au sein de leur amour conjugal. En même temps, ces dernières décennies ont fait prendre conscience des injustices structurelles dont sont victimes les femmes, ainsi que des déformations, exploitations et abus qui ont accompagné les changements survenus dans les rôles des sexes et dans les expressions de la sexualité. En outre, publicité et spectacles contemporains ont donné à la sexualité une place sans précédent dans les diverses cultures, ce qui a valu aux récentes décennies le nom de "révolution sexuelle".

2.  

Pendant cette même période, on a fortement critiqué le célibat, au sein de l'Église comme en dehors. Des milliers ont abandonné la vie religieuse ou le ministère sacerdotal pour se marier. Les médias ont révélé des histoires sensationnelles d'infidélité et d'abus. Partout dans le monde, des questions et des doutes s'élèvent concernant le sens et la valeur de la chasteté religieuse ou sacerdotale.

3.  

.La 34ème Congrégation Générale désire aborder ces questions pour dire quelque chose, d'une manière directe et honnête, sur le sens de la chasteté dans la vie d'un jésuite et sur notre ferme résolution de continuer à la soutenir. Nous ne publions pas ce décret parce que nous jugeons que l'infidélité en matière de chasteté est très répandue dans la Compagnie. Au contraire, nous sommes convaincus que, en dépit des défis et des épreuves de ces années-ci, la fidélité à la chasteté caractérise la vie de la Compagnie aujourd'hui, comme elle l'a caractérisée dans le passé, par la grâce et la bonté de Dieu. Cette conviction est fondée sur la bonne connaissance que les membres de chaque Province de la Compagnie, assemblés ici, ont de leurs compagnons, et est confirmée par l'examen prolongé de l'état présent de la Compagnie fait par cette Congrégation. C'est cette fidélité, don de la grâce, que nous espérons renforcer et confirmer face à tant de forces culturelles qui la contredisent.

4.  

Le but de ce décret est, donc, de fournir une réponse autorisée à la question suivante : quelle est la chasteté dont le jésuite fait vœu, et comment la Compagnie de Jésus peut-elle continuer à la promouvoir dans son intégrité ?

5.  

Vocation à la chasteté

Pour Ignace, la Compagnie de Jésus se fonde sur un détachement fondamental et sur la détermination de servir Dieu entièrement (1). La Compagnie devait être une réalisation de la vie apostolique : "Seigneur, nous avons tout quitté pour te suivre" (Lc 18, 28). Pour le jésuite, cela veut dire quitter "maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume des cieux" (Lc 18, 29). Un profond amour personnel rend possible de suivre le Christ de cette façon, un amour qui choisit le Christ à la place de tout ce à quoi l'on renonce (2). Quand un jésuite parle de cela, c'est de son vœu de chasteté qu'il parle, - une chasteté que la grâce a rendue possible et qui a été choisie, comme elle l'a été par Jésus, pour servir le Royaume des cieux dans la mission.

(1) Examen, [53] : "On exposera [aux candidats] que l'intention des premiers qui se réunirent dans cette Compagnie fut qu'on y reçoive des personnes déjà détachées du monde et décidées à servir Dieu entièrement…" (
2) Le commentaire ignatien sur Mt 19, 29 et Lc 18, 30 est très fort, décrivant le jésuite comme "quelqu'un qui est mort au monde et à l'amour de soi et qui vit seulement pour le Christ notre Seigneur, qui lui tient lieu de père, de frères et de toutes choses" (Examen, [61]).

 .

Ridicule pour certains, surprenant pour un grand nombre, Ignace maintenait qu'un jésuite doit s'efforcer d'imiter dans sa chasteté la pureté des anges (3). Mais ceci ne veut pas dire qu'il doit agir comme s'il regrettait d'avoir un corps. Il est plutôt appelé à incarner dans sa vie l'unité de vision et la disponibilité à la mission qui pour Ignace caractérisent les anges. Ils étaient pour lui "les esprits envoyés pour servir". Ils vivent dans une familiarité immédiate avec Dieu, et servent Dieu comme ses ministres en attirant à Lui les êtres humains (4). Dans sa chasteté, un jésuite s'efforce de parvenir, dans ses actions et dans ses pensées, à une union analogue, indéfectible, avec Dieu dans la prière et le ministère.

(3) Constitutions, [547].
(4) Ex. Sp., [329], [331], [335] ; cf. ibid, [60] ; Écrits, pp. 695 et 697 ; Constitutions. [813]. Cette interprétation de ce qu'entend Ignace par l'imitation de la "pureté des anges" dans une chasteté qui unit simplicité de cœur dans la prière et ministère est confirmée par ce qu'en dit de manière remarquable Pierre Ribadeneyra : "Oyle decir que queria haverse con los próximos como los ángeles para con nosotros en dos cosas : una, en no faltar de su parte, dando las ayudas posibles por quitarlas de todo mal, etiam espiritual ; 2°, en no se perturbar de cosa alguna por lo que le acaeciese (como los angeles no dejan de ver y gozar a Dios), ni contristarse en manera que perdiesse nada de su devocion. Decia también que aunque Dios destruyese toda la Compania, él no pensava contristarse en modo que, perdiesse nada de su devocion para con Dios". Pedro Ribadeneyra, "Dichos y Hechos de N. P. Ignacio," MHSI vol. 73, FN II, 476. Pour la tradition à la base de cette interprétation de la "pureté des anges", voir Ludolphe le Chartreux, Vita Jesu Christi, éd. Rigollot (Paris 1865), Pars 1, caput xxii, sectio 6, et II, vi. Cité et traduit par Joseph F. Conwell, S.J. Living and Dying in the Society of Jesus or Endeavoring to Imitate Angelic Purity, in Studies in the Spirituaty of Jesuits XII, 3 (May 1980), pp. 7-8.

7.  

En faisant vœu de chasteté, le jésuite est donc consacré et uni à Dieu, à Dieu qui "travaille dans toutes les choses"(5) pour le salut de l'humanité. La chasteté est avant tout un don de son amour, appelant le jésuite à une vie de disciple et à un renoncement qui libère son cœur du désir tout naturel d'une relation exclusive et l'attire jusque dans la charité universelle de Dieu pour tous les hommes et toutes les femmes (6). C'est le don d'être, ainsi, configuré au Christ.

(5). Ex. Sp., [236].
(6) Voir 31e CG, d. 16, n. 3 ; Ex. Sp., [236]. Le vœu de chasteté tel qu'il est compris ici correspond à la manière dont il était exprimé dans les Quinque Capitula de 1539 et la Formule de l'Institut de 1540, comme le don total de soi-même à l'appel de Dieu. C'est seulement dans la seconde Formule, en 1550, que les autres vœux furent ajoutés à la première phrase. Voir Antonio M. de Aldama, S.J., The Formula of the Institute. Notes for a Commentary, traduit par Ignacio Echániz (Rome : Centrum Ignatianum Spiritualitatis, 1990), pp. 2-3, 41. Les mots : "des relations humaines exclusives", désignent les relations qui sont tellement centrées sur elles-mêmes qu'elles excluent ou empêchent un partage de cet amour avec d'autres.

8.  

Caractère apostolique de la chasteté

Cette vie de chasteté consacrée à Dieu témoigne de façon vivante que le Christ peut amener des êtres humains à un amour aussi total, et est un rappel prophétique de ce que nous avons été créés finalement pour cette vie future avec Dieu dans laquelle les enfants de la résurrection "ne prennent ni femme ni mari" (Lc 20, 34-36). Ainsi, renoncer au mariage pour le Royaume des cieux annonce I'Évangile en actes plus qu'en paroles. Cela peut révéler que Dieu et le Royaume de Dieu - à la fois passion et espoir de la vie - peuvent être des absolus, dont l'attrait l'emporte sur toutes les autres valeurs humaines. C'est pourquoi, au cours de son histoire, l'Église a vu dans une telle vie un moyen des plus aptes "pour les religieux de se consacrer sans réserve au service divin et aux oeuvres de l'apostolat"(7).

(7) Vatican II, Perfectiae caritatis, 12. Cf. Presbyterorum Ordinis, 16 et 31e CG., d. 16, nn. 3 et 4.

9.  

En conséquence, dans notre Compagnie, non seulement la pauvreté et l'obéissance sont apostoliques, mais aussi la chasteté. Les jésuites ne la conçoivent pas comme exclusivement orientée vers leur sanctification personnelle, mais comme un appel à ne faire qu'un avec le Christ à l'œuvre pour le salut de l'humanité(8). Conformément au but même de notre Institut, nous embrassons la chasteté apostolique comme une source spéciale de fécondité spirituelle dans le monde, comme un moyen en vue d'un amour plus prompt et d'une disponibilité apostolique plus totale envers tous les hommes et toutes les femmes(9).Voilà pourquoi la chasteté des jésuites n'est pas en concurrence avec le mariage, mais en renforce plutôt la valeur. L'un et l'autre se réfèrent à un amour et à une fidélité plus profonds que l'expression sexuelle, et tant le mariage chrétien que la chasteté religieuse sont des réalisations sacrées, bien que divergentes, de cet amour. Peu sont appelés à la vie de jésuite, mais pour celui qui y est appelé la chasteté n'a de sens que comme moyen de parvenir à un plus grand amour, à une plus authentique charité apostolique.

(8) Pour ce lien entre l'engagement dans la vie apostolique et la sanctification personnelle, avec "la même grâce", voir Examen [3]. Les veux sont alors introduits comme des moyens pour cette fin [4].
(9) 31e CG, d. 16, n. 4.

10.

Ceci peut être particulièrement actuel aujourd'hui, quand tant d'hommes tendent à rejeter hors de leurs soucis des classes entières d'êtres humains, tout en identifiant en même temps l'amour avec l'érotisme et l'hédonisme, et en exploitant cette identification pour augmenter les gains financiers et la dégradation humaine. Un amour chaleureusement humain et librement offert à tous, spécialement aux pauvres et aux marginaux, peut être un signe puissant qui conduise les hommes au Christ, Lui qui est venu nous montrer ce qu'est vraiment l'amour, que Dieu est Amour (10).

(10) 32e CG, d. 2, n. 26.

11.

A cause de sa chasteté, le jésuite peut vivre dans une totale disponibilité apostolique. Ses nominations à des tâches ont toujours quelque chose de provisoire; il doit demeurer ouvert aux ordres de l'obéissance l'envoyant ailleurs, à une nouvelle tâche. Ce détachement de la stabilitas, de la définition de soi-même comme appartenant à une seule famille ou à un cercle de parents ou même à une Église particulière, à une culture et à un lieu déterminés, tout cela caractérise le jésuite. C'est constitutif de son obéissance; et le choix du célibat pour le Royaume de Dieu est ce qui rend possible cette obéissance pour la mission. Si cette disponibilité apostolique ne paralyse pas son affectivité, c'est uniquement parce que sa chasteté est l'expression d'un amour contemplatif qui embrasse tous les êtres humains et rend le jésuite ouvert et capable de trouver Dieu partout.

12.

C'est pour Dieu, donc, et pour son monde, que les jésuites ont choisi d'offrir, en union avec le Christ, une vie sincère, simple et exigeante de chasteté consacrée (11).

(11) 31e CG, d. 16, n. 2.

13.

Matière et sens du vœu de chasteté

En raison de la confusion qui règne à notre époque, il nous faut être aussi clairs que possible concernant le sens de ce voeu, si nous voulons l'observer comme étant une part du sens que nous donnons à notre vie. Il a pour origine et il a pour base une décision prise consciemment et librement sous l'action de la grâce (12). En vertu de son vœu de chasteté, un jésuite se consacre au Seigneur et à son service par un amour si unique qu'il exclue le mariage et toute autre relation humaine exclusive, ainsi que l'expression génitale et le plaisir de sa sexualité. Le voeu entraîne donc l'obligation d'une continence totale dans le célibat pour le Royaume des cieux (13). En suivant le conseil évangélique de chasteté, le jésuite aspire à approfondir sa familiarité avec Dieu, sa configuration au Christ, son compagnonnage avec ses frères jésuites et son service des autres, en même temps qu'à grandir en maturité personnelle et en capacité d'aimer. Le témoignage de beaucoup de jésuites confirme qu'il y a un bonheur profond dans une telle vie d'amour personnel et de service.

(12) 31e CG, d. 16, n. 6.
(13) CIC 599.

14.

Le prix de cette vie de disciple

Mais un jésuite ne doit pas avoir d'illusion sur le prix à payer pour une telle décision. Elle implique qu'on renonce à l'intimité conjugale, qu'on refuse le désir si humain d'avoir ses propres enfants, qu'on écarte tout lien affectif exclusif, l'une des plus riches expériences de la vie et la condition normale de la croissance humaine. Il abandonne les joies d'appartenir à une famille bien à lui et de vivre en son sein. S'il ne ressentait pas parfois douloureusement la perte de certaines des plus belles et plus tendres joies de la condition humaine, il serait moins qu'humain. D'autres joies, des joies même plus profondes, surviendront dans sa vie, mais elles ne peuvent faire disparaître tout sentiment d'une absence.

15.

Par sa chasteté, le jésuite vit donc dans une certaine solitude, - non pas dans l'isolement, mais dans la solitude. Parfois cette solitude deviendra un désert, quand il expérimentera peu ou pas de satisfaction ou de soutien dans ce qui l'entoure. A d'autres moments, cette solitude peut devenir une croix, l'expérience de la futilité, de l'angoisse et de la mort (14).

(14). 31e CG, d. 16, n. 5.

16.

Tout au long de sa vie, le jésuite fera don aux autres de son temps et de ses talents, et cela de façon désintéressée. Il ne construit pas son affaire à lui ou sa propre carrière, parce qu'il ne bâtit pas son foyer ou sa famille à lui. Sa chasteté lui a donné la possibilité de progresser dans la pauvreté. A la fin de sa vie, par son vœu de chasteté, il sera devenu pauvre d'une manière que lui rendaient impossible ses talents, son éducation, son énergie même. Maintenant tout cela appartient au passé ; cela a été dépensé pour les autres. En fin de compte, il est devenu pauvre comme le fut le Christ qui "de riche qu'il était s'est fait pauvre pour nous" (2 Co 8, 9)(15). Il est devenu un homme sans famine ni fortune, qui n'a rien bâti pour lui-même et qui regarde vers Dieu pour le sens de sa vie. Cette pauvreté qui découle de sa chasteté ne détruit pas sa vie de jésuite ; de bien des manières, elle l'enrichit et l'accomplit (16). Mais il ne doit pas se dissimuler le coût d'une telle vie.

(15) Ignace fait allusion à ce texte dans sa lettre à Pierre Contarini (août 1537) dans Écrits, p. 654.
(16) Les jésuites ont trouvé une éloquente expression de cela dans le message d'adieu du Père Pedro Arrupe à la Compagnie "Comme j'aurais désiré me trouver devant vous aujourd'hui en meilleure condition ! Vous le voyez, je ne puis même pas vous adresser directement la parole. J'ai pu cependant faire comprendre aux Assistants Généraux ce que je veux vous dire à vous tous. Je me sens, plus que jamais, dans les mains du Seigneur. C'est la seule chose que je désire aujourd'hui encore. Il y a certes cette différence : aujourd'hui le Seigneur lui-même a toute l'initiative. Je vous assure que me savoir et me sentir totalement dans ses mains est une très profonde expérience". Dans Écrits pour évangéliser, pp. 561-562.

17.

Normes, principes et directives

Note préliminaire : Bien que beaucoup des éléments constitutifs de la vie d'un jésuite aient été traités ailleurs, ils apportent un soutien indispensable à la vie de chasteté et sont donc mentionnés ici, pour que la vie jésuite et ses exigences soient bien perçues comme un tout organique.

18.

I. La familiarité avec Dieu et l'amitié avec le Christ qui sont à l'origine de la vocation du jésuite soutiennent celui-ci dans sa fidélité. C'est cet amour qui l'attira à choisir ce genre de vie. Les engagements de la chasteté ne peuvent se maintenir ou prospérer si cet amour ne grandit pas sans cesse. Cette union consciente et aimante avec Dieu est prière, que ce soit aux moments formels où l'on s'y consacre explicitement, ou comme l'atmosphère qui imprègne chaque journée.

19.

Directives :

[1] Tous les jésuites doivent avoir à cœur avant tout de rechercher la présence consciente du Seigneur dans une prière personnelle telle que la méditation, la contemplation et l'examen de conscience, ainsi que dans une prière communautaire comme la liturgie des heures, le discernement en commun et la prière spontanée en groupe. Au cours de leurs multiples occupations, les jésuites peuvent apprendre à révérer la présence divine comme l'horizon dans lequel ils vivent, à percevoir la providence immanente de Dieu qui les intègre à son propre travail pour le salut des hommes, et à s'attacher à Dieu comme le but qui donne élan à leur action, apprenant ainsi à trouver Dieu en toutes choses. La célébration de l'Eucharistie - souvent communautaire - devrait être le centre d'une telle vie, et le sacrement de réconciliation devrait exercer sur celle-ci une influence significative. Les jésuites doivent chaque année s'engager consciencieusement à faire les Exercices Spirituels. Tous ces éléments constitutifs de la vie jésuite découlent de la recommandation fondamentale de la Formule de l'Institut : que celui qui désire partager notre vie "ait soin, aussi longtemps qu'il vivra, de tenir le regard fixé d'abord sur Dieu"(17).

(17) Formule de l'Institut, 1.

20.

[2] L'expérience a révélé à la Compagnie qu'un appui central de sa fidélité à la chasteté a été la dévotion, à la fois solide, humble et simple, à la Vierge Marie, dévotion qui a été vivante parmi nous depuis le temps de saint Ignace (18).

(18) Pour l'enracinement de cette expérience de la Compagnie dans l'expérience antérieure d'Ignace lui-même, voir Récit, 10.

21.

II La vie de communauté joue ici un rôle important. Non qu'une communauté puisse remplacer une femme et des enfants, mais elle peut apporter, et de fait apporte, un soutien à une vie qui en a fait le sacrifice. A travers les multiples manières d'être présents et de s'intéresser les uns aux autres, les jésuites sont médiateurs les uns pour les autres de la présence de ce Seigneur à qui ils se sont offerts par leur vœu de chasteté. C'est cette médiation, cet échange mutuel qui fait de leur communauté une communauté religieuse. L'engagement vivant et continu des jésuites les uns envers les autres est une condition de la croissance de leur chasteté (19).

Ainsi un jésuite ne peut vivre la chasteté apostolique en se retirant loin des autres. Comme don qui, véritablement, "descend d'en haut",(20) la chasteté apostolique doit nous conduire à la communion à la fois avec nos frères jésuites et avec ceux que nous servons. Quelle tristesse si la chasteté est si déformée qu'elle aboutit à une vie de vieux garçon centré sur soi ! Voilà pourquoi la vie de communauté n'est pas seulement le soutien, mais aussi l'environnement privilégié pour vivre une chasteté saine et humaine. Lorsque la vie de communauté offre un appui solide et des exigences vraies, alors les jésuites sont poussés par leur chasteté à rendre visible le Dieu qui "peine" pour venir en aide aux autres. Il est important à la fois d'apprécier et de développer le lien fort qui existe entre chasteté apostolique et communauté apostolique.

(19) 31e CG, d. 16, n. 7b.
(20) Ex. Sp., [184].

22.

Directives :

[3] Nos maisons doivent être des communautés où la vie de prière et l'échange mutuel des valeurs religieuses caractérisent habituellement la vie quotidienne. Il faut qu'il y ait des moments de la journée et de la semaine où les membres de la communauté se rencontrent pour la prière, la récréation et les repas. De même au cours de l'année, il est important d'avoir des périodes plus longues de prière et de recueillement, pendant lesquelles les jésuites partagent entre eux en communauté les réalités religieuses et la mission qui constituent leur vie. Selon une manière adaptée à la Compagnie, la liturgie devrait marquer le rythme de la communauté jésuite, comme elle doit caractériser toute communauté chrétienne vivante. Chacun de ses membres est appelé aujourd'hui par la Compagnie à prendre la responsabilité de développer une telle vie de communauté.(21)

(21) Pour une description complète de la communauté jésuite et de la façon de la construire, voir 32e CG, d. 11.

23.

[4] Ces communautés doivent vivre une hospitalité profondément chrétienne, "conformément aux coutumes du lieu", de manière à partager ce que nous avons et ce que nous sommes avec les hommes et les femmes avec qui nous sommes en lien d'amitié ou engagés dans l'apostolat. D'autre part, les jésuites ont besoin d'une certaine vie privée dans des parties de la maison qui leur sont réservées. Étant donné les différences radicales des coutumes dans les diverses cultures, il revient au gouvernement provincial de décider ce qui convient en ce domaine. Disons, en général, que ce qui est établi doit éviter toute ambiguïté susceptible d'être mal interprétée (22).

(22) CIC 667, 1.

24.

III. Les ministères, eux aussi, renforcent cet attachement au Seigneur qui est la source de la chasteté. L'exercice du ministère donne une conscience du Christ que le jésuite n'aura pas en dehors de cette expérience apostolique, ce Christ auquel il est uni comme un instrument conduit par la main divine (23). C'est par la même grâce que les jésuites grandissent et avancent fidèlement vers Dieu et qu'ils "cherchent intensément à aider au salut et à la perfection de l'âme du prochain"(24). En outre, la chasteté fait essentiellement partie de la manière que nous avons choisie d'être en relation avec les autres. Le sens qu'on trouve dans l'expérience apostolique et la joie qu'elle donne renforcent à leur tour la signification de la chasteté qui a rendu possible cette vie apostolique. Ceci se vérifie tout particulièrement quand le ministère s'exerce dans le monde des opprimés et des pauvres. En tout cas, le soutien réciproque entre la chasteté jésuite et les engagements du ministère n'est possible que si les jésuites exercent leur ministère gratuitement et sans orienter leur travail pastoral vers leur avantage personnel.

(23) Constitutions, [813].
(24) Examen, [3].

25.

Directives

[5] La Compagnie attend de tout jésuite non seulement la fidélité à ses vœux, mais aussi les signes visibles habituels de cette fidélité. Dans leurs ministères et dans leur vie même, les jésuites doivent montrer une conduite "professionnelle" sans équivoque (modestia) qui manifeste leurs engagements de prêtres et de religieux (25). Leur manière de faire, tant comme communauté que comme individus, doit exclure toute ambiguïté au sujet de leur vie. Ainsi ceux parmi lesquels ils exercent leur ministère pourront compter instinctivement sur leur désintéressement et leur fidélité.

(25) Une relation "professionnelle" dit beaucoup plus que la simple relation de contrat ou d'affaires, en cela que, à la différence de ces dernières, elle s'établit non pas entre égaux mais entre deux parties inégales, dont l'une, la professionnelle, a compétence et expérience dans un domaine donné, tandis que l'autre, le client, est ignorant en ce domaine et doit recourir à cette compétence et à ce savoir-faire professionnels. Dans ce cas le professionnel est, bien légitimement, en position de pouvoir et d'autorité. Agir d'une façon "professionnelle" comporte non seulement de mettre sa compétence à la disposition d'autres, mais encore de ne pas abuser de la relation de pouvoir pour manipuler le client. Cela requiert objectivité, impartialité, délicatesse et sensibilité aussi bien dans la mise à disposition de sa compétence que dans la possibilité donnée au client de rechercher son intérêt, plutôt que d'amener le client à la dépendance à l'égard du professionnel.

26.

[6] Il est spécialement important que ceux qui exercent des ministères tels que ceux de directeur spirituel, de conseiller ou de thérapeute se tiennent dans les limites "professionnelles" requises, soient conscients de la possibilité de transferts et contre-transferts affectifs et refusent de confondre ces relations ministérielles avec celles d'une amitié intime (26).

(26) Pedro Arrupe, "Notre manière d'agir", dans Écrits pour évangéliser, pp. 401 ss. Le Père Arrupe rappelait que les premiers jésuites semblent avoir fait preuve dans leur ministère d'une délicatesse particulière en matière de chasteté ; leur circonspection et leur prudence en ce domaine devinrent proverbiales.

27.

[7] Les différences qui existent entre les cultures et les attitudes particulières exigent que les jésuites se montrent spécialement sensibles en ce domaine. Ceux qui voyagent à l'étranger doivent soigneusement tenir compte des sentiments et des habitudes du pays concernant les relations entre hommes et femmes. Il serait déraisonnable d'attendre des habitants d'un pays qu'ils comprennent leur comportement comme on le comprend dans leur propre pays d'origine. Ne pas tenir compte de cela peut aboutir à un témoignage contraire aux valeurs mêmes de I'Évangile à l'annonce desquelles ils ont consacré leur vie.

28.

IV. Discernement et maîtrise de soi sont indispensables pour rester fidèle à la chasteté. La culture populaire contemporaine est lourdement influencée par la propagande commerciale, la publicité et l'exploitation lucrative des sensibilités sexuelles en vue d'un gain financier. Des divertissements passifs excessifs peuvent devenir une drogue débilitante. En ce domaine, les jésuites doivent se montrer critiquement lucides. Les directives d'Ignace et l'expérience de la Compagnie au long des siècles soulignent la nécessité d'un sobre réalisme, du discernement et de l'abnégation pour faire face aux multiples influences qui s'exercent sur la vie du jésuite. La nécessité d'une discipline du corps et de l'esprit est reconnue depuis des millénaires dans de nombreuses traditions spirituelles, et les jésuites peuvent beaucoup apprendre de ces maîtres spirituels pour discipliner et intégrer le corps et l'esprit dans une vie de prière et de service.

29.

Directives :

[8] La discrétion religieuse marque à juste titre tous les éléments de la vie jésuite, et ceci comporte la pratique de l'examen de conscience, la mortification et la garde des sens. Concrètement, le jésuite doit mesurer les influences qu'il admet dans sa vie par la télévision, les vidéos, la lecture, les récréations et les voyages, comme aussi par les relations personnelles. Pour vivre une vie religieuse authentique, on doit se demander avec réalisme si telle ou telle influence ou pratique particulière raffermit ou affaiblit une vie de fidélité dans la chasteté et son témoignage public (27). En outre, un jésuite ne doit pas avoir honte de remarquer honnêtement les tentations et les désirs qui le conduiraient à des comportements en contradiction avec ses engagements. Il doit bien plutôt chercher à se faire aider pour faire face à ces désirs et à ces inclinations.

(27) Certaines directives des Exercices Spirituels pourraient être adaptées avec profit et aider à prendre une décision pour mettre de l'ordre dans les nombreuses influences culturelles qui entourent un jésuite, si et quand ces influences deviennent désordonnées. Par exemple, les "Règles pour s'ordonner dans la nourriture" [210-217] qu'Ignace place en Troisième Semaine et "La première manière de prier", lorsqu'elle porte sur les "cinq sens du corps" [238-248].

30.

[9] Chacun doit être conscient que tout manquement à vivre fidèlement le vœu de chasteté ou toute relation ambiguë peuvent cruellement en blesser d'autres, à la fois spirituellement et psychologiquement. Outre la question du péché grave, une telle conduite peut compromettre la crédibilité de la Compagnie au sein d'une culture qui est sceptique quand il s'agit de fidélité dans la chasteté, et elle peut sérieusement nuire à son efficacité apostolique.

31.

V. Maturité affective : Puisque la grâce présuppose la nature, la maturité spirituelle va de pair avec une maturité affective adéquate. La maturité affective signifie le développement et l'intégration de toutes les forces et émotions de la personnalité humaine ; elle ne concerne pas seulement le domaine sexuel, mais elle représente un défi spécial pour une vie qui comporte les renoncements de notre chasteté. Pour chaque jésuite, le processus de maturation affective se déroule dans le contexte de ses relations humaines. Il se poursuit dans et à travers toutes les étapes de la vie, mais spécialement aux moments de crise.

32.

Directives :

[10] Chaque jésuite doit reconnaître, en premier lieu, qu'avec la grâce il est responsable de sa croissance humaine. C'est lui, avant tout, qui doit veiller à ce que sa vie soit caractérisée par cet équilibre qui le rende capable de rester conscient de ses sentiments et en contact avec les mouvements profonds de ses motivations et de ses énergies vitales. Avec discernement, il doit apprendre à faire la différence entre les "motions" au sein de sa vie, à suivre celles qui le poussent vers Dieu et à refuser de satisfaire celles qui ne vont pas dans ce sens (28). Deuxièmement, il ne doit pas chercher à se tenir en dehors des défis et des crises de la vie, mais les affronter si honnêtement que son union à Dieu et son acceptation de soi s'en trouvent approfondies (29). Troisièmement, il doit veiller à donner à ses sentiments et à sa créativité une expression adéquate, et développer sa sensibilité aux réalisations humaines de l'art, de la littérature, de la musique, etc. Quatrièmement, il doit éviter un style de vie et de travail provoquant un excès de tension affective, ou exigeant une continuelle répression de ses propres sentiments, le conduisant finalement à la régression affective, à l'épuisement ou à quelque trouble psychique. Enfin, et c'est là le plus important, les amitiés doivent avoir une grande place dans sa vie. Être capable d'amitiés solides avec ses frères jésuites et avec des femmes et des hommes qui ne sont pas jésuites, et être à même de collaborer sur un pied d'égalité avec d'autres, sont des signes de maturité affective. Les amitiés peuvent non seulement soutenir une vie de chasteté, mais elles peuvent aussi approfondir la relation affective avec Dieu que comporte la chasteté.

(28) Const., [260] ; Ex. Sp., [331-336].
(29) Voir, par exemple, dans la Première Semaine des Exercices, la prière de l'exercitant demandant la grâce d'une connaissance de son désordre intérieur [63], et les directives pour la répétition : revenir pendant la prière sur les points où 1*on a ressenti une plus grande désolation ou une plus grande consolation [62].

33.

[11] La direction spirituelle est une aide indispensable pour la maturité spirituelle et affective. Les directeurs spirituels peuvent encourager ceux qu'ils dirigent à parler de leurs expériences affectives, afin d'en apprécier et d'en discerner la signification. Mais un directeur spirituel ne doit pas confondre la direction spirituelle avec le conseil psychologique ou la thérapie. Si des problèmes d'ordre psychologique surgissent, qu'il recommande à son dirigé d'aller trouver un conseiller, un psychologue ou un psychiatre.

34.

[12] Les supérieurs peuvent contribuer considérablement à la croissance affective de ceux au service desquels ils sont. Ils peuvent favoriser dans leur communauté une atmosphère de compréhension mutuelle et d'amitié entre ses membres. D'autre part, ils ne doivent pas reculer devant les responsabilités moins agréables de leur charge : fixer des limites, provoquer leurs frères à une vie jésuite plus authentique, insister pour que la communauté donne un témoignage sans équivoque de leur vie consacrée. A vrai dire, cette façon de faire favorise souvent davantage une vraie maturité que la permissivité qui recherche la paix à tout prix.

35.

VI. Le compte de conscience et la direction spirituelle ont été soulignés dans des documents récents de la Compagnie comme ayant une place primordiale dans notre vie religieuse. Ils revêtent un surcroît d'importance précisément du fait qu'ils contribuent au progrès des jésuites dans la chasteté.

36.

Directives :

[13] Les supérieurs doivent regarder comme une de leurs tâches principales de favoriser des rapports de confiance mutuelle et d'ouverture entre leurs compagnons dans la Compagnie et eux-mêmes. Cela contribue admirablement à la sincérité et à la vitalité du compte de conscience, à la franchise de cet échange et à l'aide qu'il peut apporter à tout jésuite.

37.

[14] Il est très important que les directeurs spirituels reçoivent une formation appropriée, surtout ceux qui sont des formateurs. Cela est encore plus nécessaire aujourd'hui à cause des influences contemporaines et des problèmes concernant la maturité affective et la sexualité.

38.

[15] Tout jésuite doit reconnaître avec réalisme qu'il pourra aider efficacement les autres à mener une vie chaste dans la mesure où lui-même la vit dans son intégrité et est conscient de ses propres inclinations intérieures, de ses passions, de ses angoisses et de ses émotions. De plus, c'est une responsabilité commune à tous les jésuites de sauvegarder sérieusement la chasteté et de la favoriser par le soutien mutuel entre frères et l'amitié, comme aussi en aidant les supérieurs dans le soin qu'ils ont de leurs compagnons et de la Compagnie.

39.

VII. Admissions et renvois. Avant l'admission au noviciat - comme plus tard pendant les années de formation -, la Compagnie doit s'efforcer d'examiner de manière réaliste si le candidat possède le charisme et le caractère qu'il faut avoir pour ce genre de vie avec ses exigences de chasteté dans le célibat. N'atteindra une maturité affective dans la Compagnie que celui qui possède les dispositions de base requises, tant spirituelles qu'affectives. Les supérieurs ont devant Dieu de lourdes responsabilités pour la vie interne de la Compagnie, pour sa crédibilité publique et pour ceux que touchera le ministère pastoral de ses membres ; mais la capacité qu'ils auront de porter ces responsabilités dépend de la disponibilité que montreront les candidats et leurs compagnons jésuites à s'ouvrir à eux de leurs difficultés. Leur responsabilité de supérieurs les appelle à accompagner leurs compagnons jésuites dans leur itinéraire spirituel avec une bonté unie à la fermeté mais ils peuvent seulement faire de leur mieux, à la lumière des connaissances qu'ils ont.

40.

Les supérieurs, cependant, peuvent se trouver profondément troublés quand il s'agit de décider d'admission ou de renvoi, surtout s'ils ne connaissent pas bien les normes de la Compagnie ou si les normes données pour les appliquer ne sont pas assez claires, et qu'eux-mêmes se sentent seuls face à une décision difficile. Il revient au gouvernement ordinaire de la Compagnie de formuler ces normes, et leur application prudente "dépendra des nombreuses circonstances particulières propres aux personnes, aux temps et aux lieux", comme Ignace le disait avec insistance (30). Mais en général, la longue expérience de la Compagnie et ses documents fondamentaux indiquent les lignes de conduite suivantes, les normes d'application restant à fixer par le Général.

(30) Constitutions, [ 211].

41.

Directives :

[16] Les Supérieurs - avec compassion et compréhension - doivent essayer d'examiner les problèmes de tension émotionnelle et de détresse intérieure que chaque candidat hérite de sa propre histoire, tentant d'aborder avec honnêteté les questions comme celles touchant à la maturité affective et à la capacité véritable d'abstinence sexuelle, spécialement si le candidat a eu auparavant des expériences de relations sexuelles intimes, etc. La Compagnie et le candidat doivent avoir une appréciation aussi claire que possible de ces facteurs pour pouvoir arriver à un jugement sain sur la possibilité qu'a ce candidat de vivre notre genre de vie.

42.

[17] Si quelqu'un est incapable de vivre le vœu de chasteté avec intégrité, liberté et joie intérieures, autrement dit, s'il ne peut trouver Dieu dans une vie de chasteté, en conscience il ne devrait pas aller jusqu'aux vœux ou aux ordres majeurs, mais il devrait quitter la Compagnie et trouver un autre mode de vie dans lequel il puisse servir Dieu dans la paix et la fidélité (31).

(31) Constitutions, [204-205], [819]. Pour la façon de "renvoyer", cf. Constitutions, [223-227].

43.

[18] A notre grand regret, nous devons reconnaître que, pour le bien de la Compagnie et de ceux que touche sa mission pastorale, ne doivent pas rester dans la Compagnie, quel que soit leur degré, ceux dont les actes répétés contre la chasteté avec quelqu'un d'autre montrent qu'en toute vraisemblance ils sont incapables de vivre leur profession publique de chasteté avec intégrité, même après une réhabilitation thérapeutique appropriée (32).

(32) Pour les normes dont il est question dans ce texte et la discrétion ["zèle discret"] avec laquelle elles doivent être appliquées, voir Constitutions, [208], [210- 211], [819]. Cf. aussi [212], [215]. Pour la façon de faire aux origines de la Compagnie, voir Jérôme Nadal, "Annotations sur l'Examen" (1557), MHSI Nadal V- 1 [901, p. 160 [75].

44.

[19] Selon la connaissance qu'il a et son jugement, le Supérieur doit aussi, avec une sollicitude fraternelle et avec bonté, inviter à s'interroger ceux qui sont engagés dans des relations inappropriées ou des amitiés exclusives susceptibles de compromettre la chasteté consacrée, de faire scandale ou de blesser l'union des esprits et des cœurs qui doit marquer la vie jésuite.

45.

Recommandation au Père Général

Parce que la Congrégation Générale n'a ni le temps ni les ressources pour traiter l'ensemble de cette question dans toutes ses dimensions, la 34ème Congrégation Générale demande au Père Général de nommer une commission d'experts qui puisse étudier à fond les problèmes liés à la fidélité et à la crédibilité de la chasteté dans la Compagnie, ainsi qu'à la formation affective solide des jeunes jésuites et de ceux qui sont déjà formés. En outre, nous recommandons à chaque Conférence de Provinciaux de mettre au point une adaptation culturelle de ces directives, d'étudier les problèmes liés à la formation affective et d'esquisser les pédagogies appropriées pour leur mise en oeuvre parmi les jésuites. Les résultats de cette étude devront être soumis à l'approbation du Père Général.

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