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Ils ont prononcé leurs voeux
le samedi 3 novembre 2007

Cliquez sur un visage pour accéder aux présentations

 

 

 

 

 

 

Jonathan CHESNEL

Trois expériences ont beaucoup comptées dans mon parcours : le fait de grandir avec le MEJ dans une spiritualité ignatienne très nourrissante, une expérience d'aumônerie de prison pendant plusieurs années et mes études de médecine où, de nombreuses fois, des questions se sont posées à moi avec force : la souffrance, la mort, la vie qui traverse les expériences difficiles, l'action de Dieu dans tout ça, la force des relations humaines…

Dans ma famille, la majorité des personnes ne croient pas en Dieu et c'est certainement aussi quelque chose qui m'a depuis longtemps remis en cause et même parfois déstabilisé en même temps que de me pousser à approfondir mon chemin. Le noviciat a été pour moi la chance de ne plus être dévoré par le temps et de pouvoir ainsi me poser dans la durée face à Dieu pour venir vers lui progressivement avec tous ces éléments disparates. Les questions se posent désormais différemment. La foi est là qui les dépose en celui qui aime chacun des hommes.

J'ai progressivement appris que le croyant et l'incroyant sont face aux mêmes combats, face aux mêmes débats intérieurs et que, sur bien des points nous sommes proches. Des réflexions comme celle de Varillon, Etienne Grieu ou encore d'autres m'ont aidées à cela. Les études qui commencent sont aujourd'hui un bon temps pour me poser la question de la vérité qu'est le Christ en même temps qu'il est appel au dialogue, à la relation. Le chemin se poursuit.

Enfin, pour finir, sur la photo, je suis en tenue de marche. Une manière de faire droit à l'expérience du pèlerinage pendant le noviciat et aux randonnées que j'avais pu pratiquer par le passé. Des moments toujours très bons que j'espère pouvoir revivre.

jonathan.chesnel@jesuites.com

 

 

Dominique DEGOUL

Né en 1973, j'ai passé mon enfance et mon adolescence à Montreuil (93). J'ai été catéchisé petit, mais ce n'est que vers l'âge de 15-16 ans que j'ai commencé à m'intéresser aux choses de la foi en fréquentant l'aumônerie de mon lycée.
Après une prépa scientifique au lycée Condorcet (Paris), j'ai intégré la promo X93 de l'Ecole polytechnique. Au contact de l'aumônier jésuite, j'ai découvert la Compagnie , en particulier ses actions auprès des plus pauvres en Inde.

Après un an de coopération au Cambodge, j'ai repris des études à l'agro Paris, achevées par un diplôme en développement agricole.

Pendant ces années à l'agro, tout en participant à l'équipe de liaison de Chrétiens en Grande Ecole, j'ai découvert la manière ignatienne de prier avec l'évangile, et j'ai été touché par la façon dont les jésuites parlaient de Dieu et de l'homme, avec une grande fidélité à l'Eglise et à l'Evangile, une grande liberté, et en étant engagés par ce qu'ils disaient.

Cinq ans de vie professionnelle à Paris dans un cabinet de Conseil en organisation ont suivi : un moment d'activité intense, de découverte du monde de l'entreprise avec ses grandeurs et ses tracas. Pendant ces cinq années, j'ai été soutenu dans mon cheminement par la Messe qui prend son temps, par mon équipe vie chrétienne, par quelques amis proches, et aussi par quelques retraites à la villa Manrèse. J'ai aussi commencé des études de théologie à l'Institut catholique de Paris, en me disant que, quoi que je devienne, ça serait toujours utile. Ces cinq années m'ont permis de discerner , en traversant quelques rudes contradictions intérieures, que mon désir le plus profond me portait à servir le Christ dans la Compagnie.

Ce fut clair pour moi un matin d'octobre 2004.
Le noviciat m'a permis de confirmer ce désir, de croire que je peux, tel que je suis, suivre le Christ qui me dit "toi, viens et suis moi", parce que c'est sa volonté et qu'elle rencontre mon désir de servir.

Et me voilà maintenant engagé dans la Compagnie , et lancé dans quelques années d'études au Centre Sèvres, afin de compléter le premier cycle de philo et de théologie.

dominique.degoul@jesuites.com

 

 

Sébastien CARCELLE

Je suis né en 1979 et j'ai grandi en région parisienne. Je suis le second d'une famille de trois enfants. Petit garçon, j'ai eu la chance d'être initié à la foi chrétienne par une conteuse biblique qui savait rendre savoureux les récits de Jonas et la baleine ou de Zachée sur son sycomore.
  
Adolescent, c'est grâce à l'invitation d'un ami que j'ai commencé à aller à la messe chaque semaine. Comme les pèlerins d'Emmaüs, j'ai compris plus tard que le Seigneur était présent avec nous sur cette route d'amitié qui m'a ramené vers Jérusalem. Ainsi lycéen, j'ai appris dans notre petite paroisse Sainte Thérèse à Rueil-Malmaison à aimer ma communauté et à y prendre différents engagements auprès des enfants, dans la chorale ou encore l'animation de la messe des jeunes.  

C'est à Paris puis à Rome en l'an 2000 à l'occasion des JMJ que j'ai entendu l'appel de Jean-Paul II nous adressait pour que nous nous engagions pour le monde et l'Eglise. Cet appel fut pour moi fort, brûlant, un désir qu'on n'oublie plus.

Après mon bac, j'ai pu faire des études d'agronomie et creuser ainsi mon amour pour le vivant et la nature puis pour l'agriculture et le développement. Au cours de cette formation, en France comme en Amérique Latine, où j'ai travaillé plusieurs mois pour une coopérative d'éleveurs de lamas dans le nord ouest de l'Argentine, j'ai touché du doigt la complexité des questions posées par le développement durable et les urgences et défis pour l'humanité du XXI e siècle. Durant ces années, j'ai pu également me lier d'amitié avec notre aumônier, un jésuite avec qui je me suis préparé pour la Confirmation. Grâce à lui, j'ai découvert Ignace de Loyola en lisant le Récit du Pèlerin ainsi que la spiritualité ignatienne, école de liberté. Pendant ma dernière année d'études, j'ai pu faire l'expérience d'une vie communautaire en lien avec la communauté jésuite de Vanves.

Après une courte expérience professionnelle, je suis entré au noviciat en septembre 2005 avec le désir de « diriger mes pas vers le Seigneur » (psaume 36). Et durant ces deux années, j'ai découvert dans la prière et à travers les différentes expériences proposées (études, pèlerinage, travail en hôpital, travail social et en collège…), la joie de marcher à la suite du Christ, d'être son compagnon sur nos routes de Galilée. J'ai aussi approfondi ma connaissance du corps de la Compagnie et plus largement de l'Eglise.

Samedi 3 novembre 2007, j'ai donc fait vœu de pauvreté, chasteté et obéissance pour me laisser conformer toujours davantage au Christ, et j'ai promis d'entrer dans la Compagnie. Cet engagement m'ouvre à un temps long de formation, chemin de patience tourné vers ces horizons radieux, ces visages et ces paysages où le Seigneur m'attend déjà.

« Qui prendra la route vers ces grands espaces,
qui prendra Jésus pour maître et pour ami,
l'humble serviteur a la plus belle place,
Servir Dieu rend l'homme libre comme lui »

Pour que l'homme soit un Fils.
Poème de Didier Rimaud

sebastien.carcelle@jesuites.com

 

Vincent BOCHER

Né à Suresnes en 1969, Vincent est parti vivre à Albi pour toutes ces études primaires et secondaires au lycée La Pérouse. Son aumônier des lycées publics lui demanda un jour s'il voulait faire sa confirmation.
Il fallait dire oui à l'évêque qui lui demanderait: "Crois tu en Jésus Christ?". Cette question le fit réfléchir pendant un an, car s'il répondait oui, il sentait bien que cela ne pouvait en rester là... il fit donc sa confirmation à 16 ans, en disant oui à l'évêque. La route à la suite du Christ venait ainsi de prendre une teinte plus personnelle et plus vivante.

A 18 ans, entendant l'appel du large, il monte à Paris  pour faire des études de médecine générale.

Il gardera contact dans le Tarn avec l'abbaye d'En Calcat , où le désir de rentrer dans cette très belle communauté le travaillera de l'intérieur pendant près de 10 ans, tout au long des ses études de médecine. Si Vincent grandit dans ce lieu monastique "en sagesse, en taille et en maturité", en le fréquentant très souvent, Dieu l'appelle pour un autre horizon... mais c'est bien dans ce lieu que le Christ se manifeste à lui à 20 ans lors d'une célébration du sacrement de pardon, comme le Christ qui l'aime, le connaît de toute éternité. Il lui montre son visage ami, toujours présent, toujours fidèle. "Son coeur exalte de la joie de Dieu, du visage du Christ."

La route est longue encore pour parvenir à trouver dans la forêt de propositions, de tentations, de possibilités, le chemin de la vie. Il rencontre un jésuite nantais qui lui rappelle ses quelques cours au Centre Sèvres qu'il avait suivit à Paris pendant ses études de médecine.

Après 10 ans de pérégrination le voila parti via le service militaire et différents voyages en Afrique, en Amérique Centrale, aux Antilles et en Amérique du Sud, en Pologne, en Écosse mais c'est à Nantes qu'il viendra s'installer au coeur du muscadet.

Il y découvrira successivement, la vie paroissiale, la vie syndicale, et son métier. D'abord comme médecin remplaçant puis comme médecin installé en campagne. Travaillé par la parole de Dieu, par les visages qu'il rencontre et voulant reprendre contact avec la spiritualité ignacienne, rencontré trop brièvement à Paris, curieux de la dimension missionnaire, sociale et aussi intellectuelle des jésuites et alors qu'il cherchait toujours une autre place, un nouveau lieu de vie, toujours plus loin toujours autre part...

Voici que c'est le Christ qui le rattrape le soir du décès du pape Jean Paul II. Le 2 avril 2005 "quel est le sens de la vie? " demande un pèlerin sur la place saint Pierre. Vincent se lève alors et peut s'exclamer sans pâlir et sans hésiter  " Jésus-Christ ". Oui c'est bien Jésus-christ, qui l'attire vers les jésuites à travers les exercices spirituels qu'il découvre comme un trésor qu'il cherche depuis si longtemps; il vend tous ses biens et rentre au noviciat des jésuites. Durant deux ans, le retour à la vie commune, la rencontre de l'autre dans son âpreté et sa vérité lui réapprend, la tendresse et la patience.

Parti à Marseille, il reprend contact avec l'air du large et les multiples étrangers qu'il accueille au seamen's club. Il y découvre aussi la richesse de la vie communautaire en appartement en banlieue difficile. Tout devient alors action de grâce, et approfondissant encore sa recherche il prononce ses vœux le samedi 3 novembre 2007 en présence de ses compagnons jésuites et de sa famille.

vincent.bocher@jesuites.com

 

 

Voir aussi :


Prier devant le Christ
avec saint François-Xavier

Et encore :

> Le noviciat

> La formation d'un jésuite

> Le premier cycle

> Les derniers voeux d'un frère