Retour à la page d'accueil
devenir sj > Les vocations, affaire de toute la Province
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

LES VOCATIONS,
L'AFFAIRE
de tous les jésuites

Notre responsabilité collective en matière de promotion des vocations, il fallait en parler avant l'été et l'année jubilaire 2006, en lien avec notre engagement envers les 18-35 ans ; d'où cette rencontre de la Province de France tenue fin mai 2005 au Châtelard (Lyon) avec les aumôniers d'étudiants et l'équipe des vocations. Déjà les supérieurs, à Lalouvesc, avaient été saisis de la question, à l'automne dernier. Le Provincial désire en faire un temps de prise de conscience et de mobilisation pour une manière de procéder commune et des initiatives concrètes.

Mais évitons de faire d'une telle assemblée un « non-événement », dit Paul Legavre , responsable de la « promotion des vocations » ; les enjeux sont trop importants. Il faut nous confronter sur cette fameuse « promotion » elle-même, et sur la manière de la mener. Au fait, est-elle légitime ? Aujourd'hui certains ressentent comme une violence qu'on appelle les jeunes à choisir entre ces deux seules manières d'engager leur vie : le mariage ou la vie consacrée, et cela d'autant plus que les cheminements sont longs, multiples, obscurs, et les étapes parfois éprouvantes. Dans quel esprit voulons-nous attirer à nous, assurer un avenir qui ne dépend que de Dieu, lequel est la source première de toute vocation ? Certaines congrégations n'ont-elles pas su décider de bien finir ? Nous, que devons-nous tenter ?

* *

Dans la Province, depuis 36 ans, il est entré en moyenne 6 novices par an. Cette stabilité est remarquable. Depuis 8 années, Edouard O'Neill , le responsable de la candidature, a été en contact plus ou moins important avec 132 candidats éventuels : un tiers environ sont entrés au noviciat. Leur profil ressemble à celui qui ressort d'une enquête sur l'ensemble de la vie religieuse. Pour la plupart, ils ont connu le scoutisme, le MEJ, les aumôneries, le Réseau Jeunesse, les JVE, Inde-Espoir, la DCC etc. Ils ont souvent consulté le site internet. Le style général de prière et d'action qu'ils croient percevoir chez les jésuites les attire, avec la perspective universelle, la diversité des missions, le respect de la vocation de chacun, l'alliance de l'obéissance et de la liberté. En même temps, si l'image les attire, le vrai combat se déroule à un autre niveau : celui d'un choix de vie.

Après 8 années comme Maître des novices, Jean-Paul Lamy souligne trois points forts. D'abord, étonnement et action de grâce pour ceux qui nous rejoignent : leurs chemins sont différents, mais ils arrivent jusqu'à nous et il leur est donné d'expérimenter la liberté, et la fraternité dans le corps concret de la Compagnie. Merci donc pour ce corps à la fois appelant et accueillant, des plus jeunes aux plus âgés. Ensuite, c'est bien dans le monde de ce temps que Dieu travaille ; son salut rejoint ceux qui cherchent du sens, qui affrontent la souffrance, qui traversent les choses difficiles de la vie d'aujourd'hui, ne serait-ce que la difficulté même à décider (parfois « trop engagés qu'ils sont pour pouvoir s'engager eux-mêmes »), ou les tentations de fuite en tous genres. C'est souvent l'expérience des plus pauvres qui leur a permis d'accueillir le salut, de redécouvrir l'Eglise, de mettre en œuvre avec profit les moyens ignatiens le moment venu. Enfin, la meilleure manière de promouvoir les vocations c'est d'abord de continuer à être ce que nous sommes, à y croire, à nous aimer nous-mêmes, à renoncer à l'obsession du nombre. Mettre sa confiance en Dieu ( Const . 812) et se laisser dérouter aujourd'hui pour pouvoir accueillir les frères qui nous sont donnés.

A son tour, Vincent Calliger, aumônier de Sciences Po, introduit à une pastorale des vocations en milieu étudiant, à partir du Préambule pour faire Election dans les Exercices (169). D'abord rappeler la distinction entre la fin et les moyens, et viser la fin : « la louange de Dieu », l'éveil à la gratuité, et « le salut de mon âme », tel qu'il peut être expérimenté en fin de 1° semaine... à l'occasion par exemple d'une expérience des pauvres ou de mes propres pauvretés dans l'exercice d'une responsabilité. Autrement, la vocation ne serait plus qu'une variable possible dans le champ de la générosité ou de la culpabilité. Conduire vers « la joie d'être sauvé » (Ps 50) et le repos qui en découle dans un monde souvent marqué par la difficulté à décider et « la fatigue d'être soi ».

En complément, Marc Rastoin , de l'église Saint-Ignace, souligne combien la seule alternative traditionnelle entre deux états de vie est ressentie comme injuste et non pertinente par beaucoup ; et combien l'idée de « choix irrévocable » est peu en phase avec l'idéologie très actuelle d'une « deuxième chance » toujours possible.

 

Pour finir d'introduire le sujet et de sensibiliser l'assemblée, un supérieur de communauté, Jacques Gebel , transmet, à sa manière très marquée par l'enseignement du participe présent, les réflexions faites au cours de la rencontre des supérieurs à Lalouvesc sur le « corps appelant », et cela à partir des décrets 10 et 26 de la 34° C.G. Si nous sommes heureux dans cette vocation, comment ne pas souhaiter la même chose à d'autres ? Le corps sera appelant à la mesure de la qualité de notre vie jésuite ; corps sanctifiant, ressourçant et reposant, s'il n'est pas seulement une ONG humaniste pour une société sécularisée ; corps partageant et accueillant car « la communauté, c'est l'ennemi du système technicien » ; corps militant, enfin, ce qui veut dire : zèle contagieux, clarté de nos choix apostoliques, présence aux jeunes et aux jeunes catholiques, etc. Résumons : un corps inspirant parce qu'il reçoit son souffle d'un Autre !

* *

C'est avec toutes ces perspectives en tête que les participants travaillent en atelier une partie de l'après-midi à la recherche d'initiatives à prendre : équipes régionales pour la promotion des vocations, nouveau dépliant de présentation, tâche des communautés, travail à faire en monde étudiant, les JVE (et JVI), l'apostolat spirituel et les vocations. Le fruit de ce travail qui se veut opérationnel, sera remis aux responsables par écrit.

Les échanges reprennent en grand groupe à la fin de la journée. La parole circule paisiblement entre des participants attentifs et motivés. La promotion des vocations est-elle un problème technique ou un lieu de conversion, une question sur nous ? Il y a bien des interrogations, des décalages, des difficultés et des nostalgies de notre part, mais il s'agit de plus en plus de la manière d'être du « corps » que nous formons, de sa capacité à attirer, à associer à sa vie et à sa mission, à accueillir ; ainsi que de la « cohérence » propre dont il témoigne clairement, dans la collaboration, la vie communautaire, dans ses choix et dans son rapport à l'Eglise. Nous ne sommes pas d'abord des experts, mais un corps apostolique authentique. Au total une bonne sensibilisation partagée.

* *

Le lendemain matin, François-Xavier Dumortier ressaisit les réflexions et l'enjeu de cette rencontre pour une mise en mouvement de la Province. Promouvoir les vocations est une priorité apostolique pour le corps tout entier. Il nous faut trouver ensemble les moyens concrets de collaborer avec Dieu qui appelle. Les parcours menant jusqu'au noviciat attestent de l'authenticité de cet appel de Dieu qui se fraie un chemin dans les conditions d'aujourd'hui. Pour rester en phase avec cet appel, le corps de la Compagnie doit vivre une conversion permanente dans ses manières de vivre et de témoigner.

Ce dimanche-là, ensoleillé, les familles des novices devaient se retrouver au noviciat. Pour des raisons de calendrier, il n'y en eut que deux sur sept ; mais, avec elles, tout le noviciat rejoignit cette assemblée de Province au Châtelard pour une Eucharistie et un apéritif : un moment joyeux et chaleureux ouvert sur l'avenir.

Un avenir à préparer tous les jours : dès le week-end suivant, une douzaine de regardants, candidats ou futurs novices se familiarisaient avec la vocation jésuite en bordure de la forêt de Montmorency.

Edouard O'NEILL sj

 

 

Voir aussi :

> Réunion des supérieurs jésuites à Lalouvesc

> Le noviciat jésuite

> Récits de vocation