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À 23 étudiants jésuites, nous nous sommes retrouvés au centre spirituel de la Baume près d'Aix en Provence, le 28 juillet 2008, accueillis par le CoCo (diminutif de Coordination Comitee ), le trio des étudiants, maître d'œuvre de la session en concertation avec Mark Rotsaert, Président de la Conférences des Provinciaux d'Europe : Luca Uggias (Italie), le président; Joao Delicado (Portugal), chargé de la communication, et Olivier Paramelle (France), chargé de l'intendance.
Arrivés en ordre dispersé, par tous les moyens (TGV, 22 h de car, avion, voiture...), certains 3 jours avant à Marseille, d'autres un jour après, nous manifestions d'emblée la diversité dans la Compagnie. Nous étions accueillis dans le cadre splendide de La Baume : chant des cigales, ciel bleu, chaleur, soleil éclatant... Le soir de notre arrivée, notre eûmes notre premier “social” avec présentation individuelle et dégustation de produits nationaux en tous genres : boissons qui rivalisent pour réjouir le cœur de l'homme, friandises, bœuf séché sud-africain, petits biscuits... quelle agréable découverte mutuelle de nos provinces ! Le leadership Le thème de la session était (dans la lingua franca de l'Ejif) “Serving through leadership”. Vouloir traduire le terme “leadership” en français constituerait un thème de session à lui tout seul... Comme le P. Alfred Darmanin nous l'a appris, il y aurait plus de 4 600 définitions de ce mot ! Le P. Alfred ? Un compagnon de Malte, enseignant en psychologie, invité en tant qu'animateur et qui choisit de nous faire faire l'expérience d'un aspect central du leadership : l'écoute. Après réflexion personnelle sur notre expérience, nous nous sommes prêtés à des jeux de rôle sur le discernement communautaire et la relation au supérieur. Puis nous nous sommes engagés dans des exercices d'écoute. Ayant réfléchi en groupes sur les trois premières qualités d'un provincial (homme de Dieu versé dans la spiritualité ignatienne – amour et connaissance de la Compagnie – homme visionnaire), quelles seraient les caractéristiques du leadership ignatien ? La prière, le discernement, l'obéissance, le compte de conscience, la délégation, le tout en vue du salut des âmes. Se mettre d'accord sur les mots fut un exercice délicat et intéressant, avec un petit goût de Congrégation ! Notre session se termina par un exercice d'écoute en profondeur et de feedback : chacun put ainsi découvrir quelque chose de soi à travers cet échange en confiance. Il s'agissait donc moins d'exposés théoriques que de faire, à travers la communauté Ejif, l'expérience de ce qui fonde tout leadership, dans la conduite de sa propre vie, dans la relation à l'autre ou à une communauté : l'écoute. C'est faire l'expérience que la parole, lorsqu'elle est accordée au cœur de Dieu, vient faire grandir le cœur qui écoute. C'est la parole qui dit : « Tu as du prix à mes yeux », la parole qui doit être au cœur de toute parole, a fortiori du leader envers la communauté qu'il sert. Avec le Père Général La visite du P. Adolfo Nicolás en fut pour nous une belle illustration. Ceux qui ont pu le croiser le matin au petit déjeuner auront été marqués par sa simplicité et sa gentillesse ! Son homélie en la fête de l'Assomption éclairait d'ailleurs nos réflexions. Avec Marie, la servante par excellence, il nous fit lire le Magnificat comme une prière d'humilité et une prière d'espérance dont la joie est reconnue par les humbles. La fête de l'Assomption n'indique pas un chemin qui monte, mais qui descend. Le chemin qu'a pris Jésus pour rejoindre tout homme. Un chemin qui ne souffre pas la compétition, ni la comparaison, mais qui trouve sa joie dans le service. Ne pas comparer, c'est être soi-même, à la place où le Seigneur nous a appelés. Si la comparaison, en esprit de compétition, est le raccourci pour être malheureux, l'humilité, en esprit de service, est le chemin de la joie que personne ne peut nous enlever. Pourquoi ? parce que c'est la joie d'être avec celui qui nous aime, et d'aimer comme lui. De fait, Jésus nous le dit bien: « heureux êtes-vous si vous le faites ».
La retraite commune L'autre point culminant de la rencontre fut la retraite au Châtelard, centre spirituel près de Lyon, après la session à la Baume. C'était pour moi la première retraite vécue « en communauté ». Après 10 jours d'échanges parlés, le silence de la retraite nous faisait entrer dans une autre communion : celle de l'écoute de la Parole. Bien que chacun fût dans un cœur à cœur avec le Seigneur, la communauté que nous avions formée était bien présente : les moments vécus en commun (les repas, la glose du matin, l'Eucharistie, et surtout l'adoration du Saint-Sacrement le soir) étaient les signes visibles de cette communion intérieure. Une image à retenir de la rencontre Ejif ? La rénovation de nos vœux en présence du P. Général le jour de l'Assomption, expérience en quelque sorte de l'envoi des apôtres par le Seigneur après qu'il les ait enseignés. De fait, nous allions être dispersés pour regagner nos provinces respectives ou une destination nouvelle, que ce soit en études ou en régence. Mais la joie de nous être rencontrés, semée en nos cœurs, demeure. Celle de nous être reconnus comme formant un corps, malgré nos différences et nos limites, compagnons de Jésus-Christ et serviteurs de sa mission : révéler l'amour du Père à toute la création. Clément NGUYEN
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Jésuites : serviteurs
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