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 | Si l'on gratte la couche superficielle faite de jugements abrupts, d'un style coloré par la surabondance des adjectifs qualificatifs, et d'une bonne connaissance de la pratique des affaires tant publiques que privées, apparaît une thèse finalement assez simple. La distinction ne tient pas qui faisait dire à Lionel Jospin : oui à l'économie de marché, non à la société de marché. A peine cette expression sert-elle de cache sexe à une nostalgie socio-démocrate qui ne sait plus où accrocher une pensée de gauche. Le développement baigne dans une sorte de positivisme où le fait brut est l'argument servi à chaque page, ad nauseum. La concurrence entre les hôpitaux, les écoles, les universités, mieux la concurrence entre les systèmes de régulations publiques, entre les administrations fiscales et les prestations culturelles, est un fait incontournable. Le pouvoir prééminent des actionnaires, via les fonds collectifs, les participations boursières salariales et les fonds de pensions, demeurera, non pas éternellement certes, mais au moins autant que le cycle technologique de la nouvelle économie. Les protestations vertueuses de nos gouvernants n'y changeront rien « refuser la logique de la société de marché, c'est nous condamner à la marginalisation dans un monde de concurrence globale » (page 184). Chemin faisant, Alain Minc plaide pour son idée chère, l'équité qui certes malmène le sacro-saint principe républicain d'égalité, mais ouvre la porte aux discriminations positives appelées justement par un système de marché de plus en plus discriminant. Le lecteur ne trouvera pas de grosses erreurs d'analyse dans ce pamphlet volubile au service d'un certain réalisme.Etienne Perrot |