Albert ROUET | ![]() |
![]() | Ce petit livre prouve qu'un évêque peut être lucide sur les conditions économiques et sociales de la mondialisation. L'ouvrage rassemble deux articles qui justifient respectivement le titre et le sous-titre. La mondialisation n'est certes pas coupable, dans aucun sens du terme ; mais elle est amendable, pour peu qu'une conscience sociale pugnace oriente des politiques courageuses. L'analyse anthropologique retiendra particulièrement l'attention ; elle traduit intelligemment en termes actuels la critique originaire de la conscience religieuse contre les divers avatars de l'urbanisation, avec son cortège de monétarisation et d'exclusion. De là à accuser la mondialisation de favoriser un « déisme mou baptisé tolérance » (p. 38), il y a un pas que tous les lecteurs ne franchiront pas. Mgr Rouet approuve la taxation des capitaux internationaux et refuse avec raison les faux-fuyants technocratiques qui prennent des options politiques sous couvert d'impératifs techniques. De là à croire que tout est possible à l'esprit prophétique... ce serait là, me semble-t-il, une conviction dangereuse.Etienne Perrot |