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Dieu n'est-il pas au centre ? Mais au centre de quoi ? Et à
force de lui trouver toujours une place centrée, depuis laquelle
tout rayonne d'une belle harmonie, ne finit-on pas par l'enclore en ce
lieu qui va de soi ? Un Dieu bien connu parce que banalisé devient
un objet inerte. Il n'est plus Dieu.
Il est habituel de mettre Dieu au centre de tout mais justement, on l'y
" met ", on l'y pose; on l'y dépose même, comme
on le fait d'un souverain à déchoir. Le voilà assigné
à un lieu qui n'est le centre de rien, parce que rien ne provient
de ce lieu déchu. Et la volonté de l'honorer dans des superlatifs
de domination se prend à son piège s'il n'y a plus rien
à honorer. En son centre de solitude, quel est ce Dieu que tout
révère dans un silence absent ? Dieu identifié à
une position n'est-il pas aussi facilement affirmé que récusé,
dès lors qu'il suffit de se prononcer sur un centre trop évident,
insignifiant à force d'évidence ? ...
Henri Laux, jésuite, est professeur à la Faculté
de philosophie du Centre Sèvres à Paris.
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