Juin 2001 : ![]() | C'est le troisième enregistrement de la Passion selon Saint Matthieu par Nikolaus Harnoncourt, qui avait, en 1970, frappé par sa version novatrice et audacieuse pour l'époque, « une révolution baroque » disait-on, avec les instruments anciens de son orchestre et des voix uniquement masculines, avec voix d'enfants pour les solistes et les choeurs. L'impact de cette nouvelle version, qui est une sorte de retour à une voie classique, plus modérée, vient surtout d'un plateau exceptionnel de solistes, avec les voix de femmes qui remplacent les voix d'enfants de la première version. L'homogénéité et la perfection vocale de tous donnent une dimension très vivante, dans le rythme même du drame musical. Les meilleurs chanteurs de la grande tradition germanique sont présents, avec un Christ bouleversant (Matthias Goerne), un évangéliste aussi fortement engagé que Kurt Equiluz dans la première version, qui donne un élan et une profondeur particuliers à cette Passion ; sans oublier Christine Schäfer, Dorothea Röschmann, Bernarda Fink, Michael Schade, Dietrich Henschel, dans ce beau déroulement du récit évangélique. Nikolaus Harnoncourt retrouve son « Concentus musicus » de Vienne et l'admirable Arnold Schoenberg Chor, qui ajoutent à la perfection d'une version pacifiée, sereine et quasi contemplative. Une référence essentielle.Claude Ollivier |