Bernard SESBOÜÉ
Le Magistère à l'épreuve
Autorité, vérité et liberté dans l'Eglise.
Desclée de Brouwer, 2001, 320 pages, 140 F.

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Mai 2001 :
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Convaincu de la grandeur du magistère ecclésial, Bernard Sesboüé rassemble ici une douzaine d'études, qui montrent à la fois la nécessité d'un tel magistère, les évolutions qui l'ont marqué au long de l'histoire, et les conditions de son juste exercice dans la situation présente. La première partie, recueillant les leçons du passé, propose d'abord une synthèse sur les différentes figures du magistère depuis le Nouveau Testament jusqu'à Vatican II, puis se concentre sur quelques thèmes particulièrement importants : le phénomène de la réception (ou non-réception) à l'époque des premiers conciles oecuméniques ; le rôle actif du sensus fidelium dans le domaine de la morale ; la question de la liberté religieuse ; l'impact de la science historique moderne qui, par contrecoup, a favorisé une « dogmatisation croissante » de l'enseignement ecclésial et une « extension de l'infaillibilité ». La deuxième partie traite du présent, et montre d'abord que les documents récents de l'Eglise témoignent désormais d'une plus grande prise en compte de l'histoire. Elle montre ensuite que d'autres évolutions appellent au contraire une lucidité critique (ainsi : certains usages de l'expression « magistère ordinaire » ; les indices de méfiance vis-à-vis des Conférences épiscopales ; ou encore l'attribution d'un caractère « définitif » à certaines vérités qui n'appartiennent pas formellement à la révélation). Mais cette lucidité est elle-même portée par une vision profonde de l'autorité dans l'Eglise, qui doit être honorée dans sa triple dimension : communautaire, collégiale et présidentielle (p. 243-264). La troisième partie, tournée vers le futur, prend acte de la requête évoquée par Jean Paul II (dans Ut unum sint) à propos de la « forme d'exercice de la primauté » ; elle indique ce qui peut favoriser la pertinence du magistère ecclésial dans la situation contemporaine, et suggère les figures que ce magistère pourrait prendre à l'avenir. L'ensemble du livre retient à la fois par le sérieux de ses analyses, par la précision de son discernement, par le courage de ses positions. Et là même où celles-ci se doivent d'être critiques, on n'attend pas le bel épilogue pour en deviner le secret : rien d'autre que l'amour de l'Eglise.

Michel Fédou


© Etudes Mai 2001