![]() | Voici sans doute l'une des oeuvres les plus heureuses et les plus inspirées de Haendel ; ni opéra, ni oratorio, elle s'inscrit dans le style très anglais de l'Ode pastorale. Elle a été composée en 1740 sur deux poèmes allégoriques de John Milton réarrangés avec finesse par le librettiste de confiance de Haendel, Charles Jennens, qui ajouta une troisième partie de son cru, Il Moderato. La musique de Haendel est prodigieusement inventive et très diversifiée ; elle illustre une querelle dramatique entre deux personnages représentant deux tempéraments, l'allegro, l'homme heureux, il pensiero, l'homme méditatif, et leur réconciliation avec l'homme modéré, il moderato. Cela donne un dialogue musical très construit sur une musique vigoureuse, qui exhale un parfum à la Purcell, rendant ainsi un bel hommage du musicien à son pays d'adoption. Le plateau est homogène et en pleine action, animé par les récitatifs raffinés de Ian Bostridge, avec les choeurs chatoyants et les cordes chaleureuses de l'Ensemble Orchestral de Paris. Une version séduisante, qui rejoint le style typiquement haendélien de cette ode. A comparer avec la version de John Eliot Gardiner (1981), Erato ECD 880752.Philippe Charru |
Avril 2001 : Revue des Livres - Choix de Disques
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