Josquin DESPREZ | ![]() |
Avril 2001 : ![]() | Avec ce disque, l'Orlando Consort signe un enregistrement splendide et apporte une contribution de prix à la connaissance de la musique de Josquin Desprez, dont Glareamus disait : « L'oeuvre de Josquin, c'est l'Art Parfait, à quoi l'on ne peut rien ajouter et après quoi il ne peut y avoir rien d'autre que la décadence. » Le programme que nous écoutons ici donne un aperçu de l'art de ce maître vénéré comme un modèle absolu. Nous entendons, notamment, le cycle marial des sept motets de Vultum tuum ; une oeuvre majeure telle que O Virgo prudentissima ; la très célèbre Déploration de Johannes Ockeghem et, plus tardive, la séquence Inviolata. Ces motets et oeuvres profanes sont pris à différentes périodes de la carrière du compositeur et permettent de sentir chez lui le passage du stilo antico au stilo moderno, le second plus soucieux d'expression des sentiments qui travaillent le coeur. La justesse des tempi et la couleur chaude et lumineuse des voix font « sonner » ces contrepoints savants qui rayonnent de lumière et de sensibilité. La lisibilité de cette lecture exalte l'écriture de Josquin, ses hardiesses harmoniques, ses rythmes souples, l'intensité expressive de ses lignes. Texte au service de la musique, ou musique au service du texte ? Le conflit est ici transcendé par une interprétation qui parvient à la simplicité souveraine du chant intérieur.Philippe Charru |