Alain PROCHIANTZ
Machine-esprit
Odile Jacob, 2001, 220 pages, 140 F.

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Les deux premiers tiers du livre sont consacrés à la génétique, plus spécialement aux gènes du développement. Ce sont des gènes qui commandent la formation et la structure d'un organe. Leur activité est donc morphogénétique. Conservés au cours de l'évolution, on les retrouve quasi identiques de la mouche à l'homme ; découverte qui permet d'unifier les théories du développement et de l'Evolution. L'auteur étudie leur rôle dans la formation du cerveau, de l'embryon à l'adulte. Contrairement à l'ancienne opinion, on sait maintenant que des cellules-souches adultes participent au renouvellement de certains neurones, ce qui contribue à la plasticité du cerveau. Comment fonctionne cet organe ? L'auteur consacre deux chapitres aux travaux de Turing, grand mathématicien, à l'origine de la programmation et des ordinateurs, machines qui tentent d'imiter le cerveau humain. Si elles ont les mêmes performances, « alors la machine pense, au sens où un homme pense » (p. 130). Mais qu'est-ce que la pensée ? L'auteur la définit « dans un sens purement biologique, comme le rapport adaptatif qui lie l'individu et l'espèce à leur milieu » (p. 153), définition qui appelle évidemment l'apport d'autres disciplines. Chez l'animal, cette pensée est toute instinctive. Chez l'homme, la possibilité de s'adapter par individuation, l'auteur la nomme intelligence (p. 167), ce qui le distingue radicalement des autres espèces. Un livre dense, écrit par un érudit, spécialiste du système nerveux, de son développement et de son évolution. Si la partie génétique est d'une lecture relativement aisée, la seconde partie de l'ouvrage, très riche et plus philosophique, est moins facile pour le lecteur non initié.

Jean-Marie Moretti

Avril 2001 : Revue des Livres - Choix de Disque
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