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| La montée des neuro-sciences, le développement spectaculaire des thérapies comportementales, en particulier dans le monde anglo-saxon, l'évolution d'une certaine psychiatrie disposant de nouvelles gammes médicamenteuses, moins attentive à la souffrance du déprimé et au tragique de l'existence qu'à l'adaptation pragmatique d'un individu redevenu performant : autant de facteurs qui menacent le présent et l'avenir de la psychanalyse. A tous ces courants, Fedida fait face, appuyé sur une exigeante réflexion clinique et philosophique, pour maintenir et remettre à jour la notion de dépression. Celle-ci a même, à ses yeux, des aspects positifs, une éventuelle fonction de régulation du cerveau, capable de protéger la vie psychique contre l'effondrement mélancolique ou l'hémorragie de la culpabilité et de la honte. Elle est susceptible de psychothérapie analytique, par quoi il faut entendre, non pas une psychanalyse au rabais, mais une vraie psychanalyse, « compliquée », parce qu'elle demande beaucoup du thérapeute dans la mise en oeuvre d'éléments-clés : fonction du symptôme, du rêve, du transfert ; bref, de ce qui est au coeur de la théorie freudienne. Les médicaments peuvent être utiles, ne serait-ce que pour rendre possible le travail analytique en levant l'inhibition et l'angoisse. Mais, seule la psychothérapie, dans la relation duelle et le jeu de la durée, peut permettre au déprimé de retrouver le désir de vivre et d'agir.François Courel |