Stanislas BRETON
Philosopher sur la côte sauvage
L'Harmattan, 2000, 194 pages, 120 F.

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Un musicien peut-il renoncer à jouer de la musique, un peintre à brosser ses couleurs ? Stanislas Breton, philosophe jusqu'aux tréfonds de l'âme, ne cesse de philosopher pour le plus grand bonheur de ses amis. Philosopher au grand large comme au creux obscur du quotidien lui est absolument naturel. Le dernier-né de ses nombreux ouvrages est un beau témoignage de ce vagabondage obstiné, délivré de toute contrainte professorale. Un « vieil homme » qui a beaucoup réfléchi y trouve le moment venu de « se décider à être seul et à prendre seul la responsabilité d'une réponse », en sortant des livres, loin des citations, des références et des commentaires. L'essentiel reste, en effet, cet exercice maintenu de la responsabilité philosophique aux rives parfois « sauvages » de la modernité. Quelles questions, à la fois nécessaires et toujours libres, devant l'indifférence généralisée, la fascination du pouvoir scientifico-technique, la poétique de l'existence, l'effacement du religieux ? Méditations, ruminations, interrogations – « A quoi bon ? » « Que suis-je ? » –, comme la mer dont il parle si bien, toujours recommencées... La mer, beaucoup plus ici qu'une métaphore, puisque « le souffle que porte la vague, lorsqu'il expire sur la côte sauvage, ne rafraîchit le corps qu'en renouvelant l'esprit »...

Geneviève Hébert

Mars 2001 : Revue des Livres - Choix de Disque
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