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Janvier 2001 : Revue des Livres Choix de Disques Sommaire du numéro
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L'Italie est, avec la France, le pays phare du jazz en Europe. En période faste, elle peut rivaliser sans honte avec les Etats-Unis. C'est le cas depuis quelques années. Exemple de bijou que le jazz a sorti de sa botte méditerranéenne, Enrico Pierannunzi. Ce pianiste subtil s'est imposé discrètement depuis une dizaine d'années comme l'un des meilleurs au monde. Comme leader ou comme accompagnateur, il a créé un univers sensible et envoûtant, sans mièvrerie ni artifices. Alors que les pianistes de jazz arrivent difficilement à contenir leur ego et à considérer leurs compagnons de scène comme compléments plutôt que comme faire-valoir, Enrico Pierannunzi a toujours illustré le contraire. Virtuose du clavier, il a notamment déployé des merveilles de générosité et de création poétique aux côtés du plus européen des batteurs américains, Paul Motian. Et il pourrait être comparé à un pianiste que ce dernier a côtoyé, Bill Evans. Sur son dernier CD, Raconti Mediterranei, piano et clarinette se confrontent dans une connivence totale, sous l'arbitrage précis et juste d'un vieux complice, Marc Johnson, à la basse. Sensibilité à fleur de touches, le jeu de Pierannunzi nous mène en bateau pour une traversée des sentiments, tantôt apaisant comme un coucher de soleil sur une calanque, tantôt grisant comme une course au large en solitaire.
Luc Chatel |