Claude LANGLOIS
Les Dernières Paroles de Thérèse de Lisieux
Aimer, être aimée et revenir sur la terre. Salvator, 2000, 176 pages, 89 F.

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Janvier 2001 :
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Dans ses recherches sur « le catholicisme au féminin », l'historien Claude Langlois ne pouvait éviter de rencontrer Thérèse Martin. L'examen critique de ses célèbres « dernières paroles », recueillies par ses soeurs, l'a conduit à reprendre à frais nouveaux la question de leur authenticité. L'enjeu est capital. Il en va de l'attitude de Thérèse face à la mort et de la conscience qu'elle aurait pu avoir de sa prodigieuse carrière post mortem. Les divergences entre les différentes versions qu'ont connues ces derniers propos, l'évidence du travail de réécriture auquel s'est livrée Pauline, la grande soeur, témoin privilégié mais fortement impliquée, avaient conduit Jean-François Six à disqualifier globalement ces reliques. Claude Langlois ne prend pas son parti d'une mise hors jeu aussi radicale. Une patiente reconstitution des circonstances dans lesquelles ces paroles ont été recueillies, puis retranscrites et retravaillées en vue des différents types de diffusion auxquels on les destinait, ainsi qu'un minutieux travail de confrontation entre les versions successives, conduisent l'historien à établir une échelle de plausibilité fort suggestive. Dès lors, le « retour » de Thérèse sur la terre et sa manière d'envisager son ciel sont interprétables en forte cohérence avec les textes autographes. Au passage, la « textualité » revendiquée par Pauline trouve son sens le plus probable : « textuel », pour elle, ne renvoie pas à « littéralité », mais désigne une « traduction authentique » en un « texte » publiable et compréhensible par les lecteurs auxquels il est destiné. Ce travail d'historien, qui n'accorde rien à la polémique, a le mérite de préciser les frontières entre l'improbable, le probable et le prouvé.

Dominique Salin