Claude de LA GENARDIÈRE | ![]() |
![]() | Bien qu'il n'existe que depuis la seconde moitié du XIXe siècle, le jeu des sept familles s'inscrit dans une tradition déjà ancienne et fait partie de nos souvenirs d'enfance. L'auteur en rappelle la structure de base : un jeu de cartes représente des familles et des métiers, qu'il s'agit de reconnaître et de classer selon le nom, la profession, la parenté. Avec le temps, de nombreuses variantes sont nées : idéologiques avec un contenu « colonial » (glorifiant l'ex-empire français), ou « pétainiste » (exaltant les vertus de la « révolution nationale »), ou pédagogiques (pour apprendre aux enfants l'histoire ou la géographie), ou publicitaires (présentées par l'Institut Pasteur ou par la Confédération nationale de la triperie française !). Il y a beaucoup à dire sur les présupposés cachés de ces structures familiales faussement simples, composées de deux grands-parents (paternels), de deux parents et de deux enfants. Qu'il suffise de remarquer qu'il n'y a pas de grands-parents maternels et que la lignée est exclusivement patriarcale. En outre, dans le jeu tel qu'il se déroule, il s'agit de compléter sa propre famille, tout en décomplétant celle de l'adversaire. On devine aisément que, sous l'apparence ludique, se jouent fantasmes, rivalités, questions sur l'origine, de façon très comparable à ce qui se passe avec les contes de fées. L'ensemble est à la fois sérieux comme un traité de psychanalyse et amusant comme un livre d'histoires, agrémenté de savantes et savoureuses illustrations.François Courel |
Décembre 2000 : Revue des Livres - Choix de Disque
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