Jean-Claude MALEVAL | ![]() |
![]() | Voici un véritable traité, clair, didactique. La forclusion du Nom-du-Père est la formule par laquelle Lacan caractérise la psychose, distinguée de la névrose et de la perversion. Maleval explique chacun des concepts, l'histoire de leur formation et leur introduction, en 1957, dans la théorie psychanalytique. La forclusion : rattachée à la notion freudienne de déni ou de désaveu ; le Nom-du-Père : syntagme créé pour cerner ce qui, dans le symbolique, incarne la loi. Si Lacan n'a pas varié, depuis ce temps, ses élèves et c'est là un apport essentiel de l'ouvrage ont beaucoup travaillé. On peut lire ici l'un des fruits de ce travail, tel que mené dans « l'Ecole de la Cause freudienne », sous la direction de Jacques-Alain Miller. Deux points méritent d'être particulièrement soulignés à propos de ce livre. Le premier est qu'on entend quelquefois parler d'un certain éloignement de Lacan (et de ses disciples) par rapport à la clinique. A cette idée, le livre de Maleval apporte un éclatant démenti, en consacrant deux tiers de son développement à des éléments de clinique empruntés au maître et à ses élèves. Le second point à souligner touche une autre idée courante à corriger. Après Freud, Lacan ne croyait guère à la possibilité d'un traitement psychanalytique de la psychose ; ses successeurs, pas davantage. Or, Maleval montre comment il peut être possible, par la construction de certaines suppléances élaborées dans la cure, de remédier en partie à la défaillance de la fonction paternelle. Avec un optimisme mesuré, mais argumenté, le livre s'achève sur cette affirmation encourageante que « le travail analytique avec un psychotique n'est ni vain, ni impossible ».François Courel |
Novembre 2000 : Revue des Livres - Choix de Disque
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