Paul CLAUDEL
Conversations écologiques
Textes préfacés par Jean Bastaire. Le Temps qu'il fait, 2000, 98 pages, 89 F.

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Du Milieu des vitraux de l'Apocalypse, Jean Bastaire a recueilli six Conversations, qu'il nous présente telles qu'elles s'inscrivent dans leur contexte exégétique. Puis viennent les extraits que rassemble leur volonté écologique, et qu'anime la foi mystique de Paul Claudel, jusqu'au Credo écologique final qui chante l'amour entre la Création et l'homme – l'homme à qui Dieu a demandé d'« opérer la terre et la garder ». Mais, avant de retourner au « Jardin de délices », le constat est amer et virulent – des plus intéressants pour nous et nos contemporains. En effet, dès 1929, Paul Claudel dénonce la « pénétration de la matière jusqu'au fond de notre substance spirituelle » –, à savoir l'envahissement par le ciment armé, ce « minéral abstrait », nos vies de numéros sans âme ni figure dans des hommières, la nouvelle religion de l'argent. Parce que, pervers héritiers de Descartes, nous mettons la Cause avant l'Effet, analysons jusqu'à dissoudre : bref, nous allons « de l'être au néant ». Face à ce que Claudel envisage alors à la fois comme mise à mort du mouvement et refus de l'éternité, l'art, sa liberté et sa variété ; l'art où l'Effet suscite la Cause, l'étincelle de Dieu. Or, comme le chemin de l'art, également spirituel est celui de la Nature. Le mysticisme claudélien peut donc donner un sens, celui de l'essentielle et divine Beauté du monde, au combat écologique. Cette nouvelle alliance de l'écologie et du spirituel n'est-elle pas infiniment précieuse ?

Sophie Charbonnel

Octobre 2000 : Revue des Livres - Choix de Disque
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