Stephen Jay GOULD
Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! »
Ed. du Seuil, 2000, 208 pages, 98 F.
Les Quatre antilopes de l'Apocalypse
Ed. du Seuil, 2000, 608 pages, 170 F.

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Pour comprendre l'intérêt du premier de ces deux ouvrages, il faut se transporter aux Etats-Unis à la fin du siècle dernier. Dans certains Etats, des protestants fondamentalistes s'efforcent d'imposer une lecture littérale de la Bible : le monde a été créé en sept jours, il y a 10 000 ans ; les espèces animales sont apparues sur terre comme le raconte la Genèse, etc. Gould s'est impliqué avec énergie dans la lutte contre cette intrusion d'une église dans le domaine des sciences. Pour faire cesser le conflit, il propose le principe de NOMA = non empiètement des magistères, celui de la science et celui de la religion. La science n'a rien à dire sur la morale ou l'existence de Dieu ; la religion n'a rien à dire sur les faits scientifiques. Chacun des deux magistères ne doit pas intervenir dans le domaine de l'autre, il n'en a pas le droit. – Le second ouvrage est le septième d'une série qui rassemble des « essais » mensuels dont la parution a commencé il y a une vingtaine d'années. Les sujets abordés semblent à première vue très disparates ; on sent que Gould prend un réel plaisir à les écrire. En fait, ils sont des applications des conceptions évolutionnistes chères à l'auteur. On sait que, pour lui, le rameau humain n'est qu'une brindille récemment apparue dans le buisson des espèces vivantes. L'homme est le fruit du hasard, l'évolution n'ayant aucune finalité. Un livre à lire comme un roman, pour se distraire. La traduction de l'américain par Marcel Blanc est toujours d'une lecture très agréable.

Jean-Marie Moretti

Septembre 2000 :
Revue des Livres - Choix de Disque - Sommaire du numéro

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