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compagnons > La trace ignatienne par Jean-Paul Lamy sj
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La trace ignatienne
dans le réseau
de formation
professionnelle

Jean-Paul Lamy, sj

Extraits de Koi 2 9 ? n°4 Quoi de neuf
Lettre électronique de l'apostolat social du 9 octobre 2007

Par delà l'impossible…

Que voulez-vous faire quand il n'y a plus rien à faire ?

Un jeune se trouve en formation à « Dynameca », il ne retient rien, ne se fait aucune confiance, s'enferme dans une suite ininterrompue d'échecs scolaires et il est devant une montagne infranchissable à la veille d'un CAP blanc ? …

Croire encore en lui au-delà des apparences…

Oser laisser les quatre autres du groupe travailler seuls et tenter l'impossible, croire qu'il a les ressources, aller le chercher au-delà de son doute et de ses refus.

Vivre une journée entière avec lui, lui faire encore comprendre qu'il sait beaucoup plus de choses qu'il ne croit, lui redire par des exercices et une présence attentive qu'il est capable de réussir. Une journée d'attention, d'espérance, en se demandant si c'était juste de laisser les quatre autres qui n'allaient pas beaucoup mieux que lui !

Au résultat : le jeune y croit, réussit son CAP blanc. Un palier est franchi qui laisse espérer pour l'examen véritable, affaire à suivre…

Voilà le témoignage d'un participant à la formation ignatienne du 26-27 avril 2007 à Saint-Etienne pour le réseau des Centres de formation professionnelle.

Quelle belle manière d'être éducateur, d'aller prendre l'autre par la main pour qu'il croie à la vie en lui, un magnifique exemple parmi beaucoup d'autres.

La qualité des échanges entre les quarante personnes présentes à cette session manifestait la profondeur des motivations pour s'engager auprès de ces jeunes en grandes difficultés.

Elle disait aussi la créativité pour trouver des moyens pédagogiques facilitant les apprentissages et par delà redonner la confiance dans la réussite possible de leur vie.

Tous ces formateurs sont-ils ignatiens sans le savoir ?

A l'école d'Ignace

Ignace a trouvé sa joie la plus durable en aidant d'autres à se construire, et cette joie « d'aider les âmes » comme il aime le dire, l'a conduit à traduire son expérience intérieure profonde en « exercices » et à créer des écoles.

Partant toujours des personnes et des situations telles qu'elles se présentent, dans un grand respect, il excelle à proposer des moyens qui permettent à chacun de trouver son propre chemin de liberté.

L'enseignement, la formation, l'apprentissage d'un métier font partie de ces moyens qui construisent quelqu'un dans un groupe. Chez Ignace il ne s'agit jamais d'un pur savoir ou d'un pur savoir-faire, dans le même temps toute tâche de formation est une manière d'aider quelqu'un à se construire. Former c'est éduquer, aider quelqu'un à devenir lui-même. Cette manière de faire ignatienne à traverser les siècles.

Aujourd'hui, l'interaction entre l'expérience de la formation professionnelle et ces « moyens ignatiens » est très riche et dynamisante.

Le va et vient entre la présentation de grands thèmes de la pédagogie ignatienne et la richesse des expériences partagées permettent une autre lecture de la réalité, manifestent l'ampleur des enjeux éducatifs, invitent à se renouveler, à progresser.

 

De quelques exemples d'éléments de la pédagogie ignatienne qui ont pris du relief au cours de cette session, donnant le goût de poursuivre…

L'a - priori de bienveillance  : croire à la capacité de chacun de construire sa vie, le motiver et savoir poser des règles. Un équilibre toujours délicat sur le terrain, évaluer sans juger définitivement, respecter le lent cheminement de quelqu'un et ne pas rendre la vie impossible au groupe… Cela exige un perpétuel discernement.

La pédagogie de l'exercice  : dans un univers où les jeunes n'ont pas le choix, trouver des moyens de mettre en place une pédagogie du choix dans les exercices proposés qui leur fera prendre conscience de leur capacité à décider dans leur vie.

La qualité d'un réseau : croire au travail d'équipe dans un centre (cadres, formateurs, éducateurs, bénévoles), accueillir la diversité comme une richesse et vouloir faire réussir ensemble les jeunes ou moins jeunes. Vivre les échanges entre centres pour mieux réussir les formations, comme un plus.

 

Un visage en filigrane…

Ignace a expérimenté Dieu comme un « maître d'école » qui l'aidait à être lui-même, il a été pédagogue pour d'autres ; à son école on trouve du sens à être pédagogue.

C'est une joie simple, profonde et durable d'aider quelqu'un d'autre à trouver sa voie. Même et surtout si cette joie traverse nécessairement l'épreuve, parce que l'on est jamais à la place de la liberté de l'autre.

Pour une oreille chrétienne, dans le même lieu et librement il est possible de reconnaître et d'accueillir le visage de celui qui a le souci du dernier, du Pasteur qui va chercher la brebis perdue.

Jean-Paul LAMY sj
Septembre 2007

Télécharger la trace ignatienne dans ce réseau


 

Pour en savoir plus :

> Télécharger la version texte de la trace ignatienne

> 3 Projets scolaires en faveur des jeunes défavorisés

> Les écoles de production

> Les centres de formation continue

> L'équipe de l'apostolat social de la Province de France en 2007-2008

> Qu'est-ce que l'apostolat social ?

> L'école d'Ignace

> Les critères du caractère ignatien