![]() |
![]() |
||
|
|
Rencontre
des jésuites en formation
Les 29 et 30 octobre 2007, à l'École Ste-Geneviève, les scolastiques vivant dans la Province de France ont eu la chance de se rencontre. Après la prière des Laudes, le P. Provincial souhaita la bienvenue à tous, spécialement aux nouveaux, manifestant sa joie de la richesse exprimée par la diversité des compagnons résidant en France : diversité de cultures, de continents, de pays, d'âges. La rencontre est toujours indispensable pour partager sur notre mission et nous encourager sur le chemin toujours inconnu où nous devons avancer dans la confiance. Le thème de la rencontre était justement : « Il y a cent ans naissait le Père Arrupe ».
Divers forums étaient organisés : inculturation, disponibilité, vocation et action missionnaires, servir l'Eglise, charité et justice, « enracinés et fondés dans la charité », faim de pain et d'Évangile, simplicité de vie, notre manière de procéder. Chacun s'était inscrit dans un groupe.
Stefano Corticelli Simplicité de vie a été le groupe auquel j'ai participé. Groupe riche en expériences : 1 novice, 1 étudiant en 1 er cycle, 1 régent, 3 étudiants du 2 nd cycle, et riche de sa diversité : 3 Français, 2 du Proche-Orient, 1 Burundais, 1 Mexicain. Nous avons échangé sur le texte d'une conférence du P. Arrupe donnée à Gênes en 1973, en vue de la préparation de la 32ème C. G. Les échanges ont montré que la question est d'une envergure capitale aujourd'hui. « Deux dangers majeurs menacent la simplicité de vie : l'égoïsme et la société de consommation ». Et le P. Arrupe invite à cultiver la « liberté en face des besoins ». La simplicité de vie a selon lui pour racine une « attitude spirituelle » fondamentale, dont elle est elle-même une manifestation. « Le problème de la pauvreté religieuse n'est ni sociologique, ni financier, ni théologique, c'est un problème de foi, d'amour pour le Christ pauvre : pauvre dans la vie d'homme qu'il s'est choisie et pauvre dans son corps mystique ». En plus, l'attitude d'accueil, de générosité, de partage, relève du même registre. Nous vivons dans une société qui exalte la richesse, le plaisir et le progrès technologique et scientifique. Le jésuite est appelé à vivre dans ce monde, mais pour « aider les âmes » et « être homme pour les autres ». C'est ainsi qu'il est appelé au partage non seulement du pain, mais aussi de sa présence.
Après le déjeuner, des jeux étaient organisés pour aider à la connaissance mutuelle. Malgré le mauvais temps (pluie, froid), les footballeurs ont répondu massivement! Félicitation à l'équipe qui a gagné ! Le moment suivant a été consacré à un entretien accordé par le P. Arrupe à France 2 et un autre accordé à Michel Farin. Dans ces dialogues, j'ai été frappé par la simplicité, la joie et la confiance qui le caractérisaient.
Le Père Arrupe a montré qu'il n'a jamais douté de l'existence de Dieu, même quand la bombe atomique a tué 80 000 personnes en un jour à Hiroshima sans compter les autres qui ont succombé à leurs blessures. Le progrès scientifique employé pour le mal ne signifie pas que Dieu est absent, mais qu'il respecte la liberté humaine. Seul Dieu peut transformer le mal en bien. Ce qui demeure un mystère pour l'homme – le mal – ne peut pourtant pas nous empêcher de croire. A la question de la diminution incessante des jésuites, le P. Arrupe précise que l'important n'est pas d'avoir un nombre exorbitant de jésuites, mais d'avoir des jésuites fidèles à leur mission et capables de cheminer à la manière d'Ignace et de ses compagnons. Le Père Arrupe nous donne l'exemple d'un jésuite joyeux, content de porter son nom et content de sa mission ; profond dans sa vision du monde, clair dans son enseignement, et doux dans sa façon de traiter les autres.
L'eucharistie qui a suivi, était introduite par cinq compagnons qui nous ont aidés à faire une contemplation de l'Incarnation à la manière des Exercices à partir du regard sur leur continent d'origine. Moment très précieux et très contemplatif : nous avons visité notre monde avec ses richesses et ses manques, ses joies mais aussi ses souffrances. Par après, nous les avons offerts au Seigneur, lui qui peut faire fructifier ce qui en nous est appelé à grandir. Le lendemain, la prière des laudes a ouvert les activités du jour avant que les thèmes suivants ne retiennent notre attention : la pratique des Exercices Spirituels, la mission dans les établissement scolaires, le JRS, la création artistique, le rapport au monde économique, la présence aux laissés pour compte et aux exclus de la société, l'enjeu apostolique du “multimédias” la prise en compte du politique, le travail auprès des jeunes et sa dimension interprovinciale.
En tant que nouveau scolastique, les Exercices de st Ignace m'attirent : j'ai voulu écouter ceux qui pouvaient m'en parler. Ils ne font pas seulement du bien à celui qui les reçoit, mais aussi, à celui qui les donne. L'important est de toujours se laisser guider par l'Esprit du Seigneur. C'est ainsi qu'on pourra aider et être aidé, donner et accepter aussi de recevoir, parler mais aussi savoir écouter. Les Exercices dans la vie aident aussi ceux qui ne peuvent consacrer 8 ou 30 jours uniquement aux Exercices. L'accompagnement à distance par des moyens modernes (Internet) a été mis sur pied et paraît donner du fruit à ceux qui ont des difficultés pour arriver dans les centres spirituels.
Avant l'Eucharistie, le P. Provincial nous a une fois encore parlé de l'importance de cette rencontre à quelque mois de la 35 e C. G., et nous a rappelé le rôle du P. Arrupe durant son généralat. Il n'a pas manqué de remercier tous ceux qui ont organisé cette rencontre et se sont donné du mal pour qu'elle réussisse. L'après midi du deuxième jours a été consacré à la découverte de certains lieux nouveaux pour les uns ou les autres : la Défense, le château de Versailles et le musée des Arts Premiers du quai Branly. Rencontrer les compagnons permet de savoir qu'on est en communion avec les autres et qu'on n'est pas seul dans cette aventure. Moment heureux et fraternel. Bernard KARERWA
|
|
Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |