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Rencontre
des Jésuites en
Formation
en France (Lyon - 27/28 mars 2004)
| Plus de 85 jésuites,
des 4 continents et de 28 provinces de la Compagnie - 33 de France,
7 du Proche-orient, 9 des pays de l'Est européen, 13 des
Amériques, 7 d'Afrique, 3 d'Asie, le reste de l'Europe de
l'Ouest - se sont réunis au Centre Spirituel du Châtelard
à Francheville près de Lyon les 27-28 mars 2004, avec
le Père François-Xavier Dumortier,
Provincial de France |
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| Evocation
à deux voix entremêlées |
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Ruben CORONA (Mexique)
:
Les 26 et 27 mars, nous tous les scolastiques qui sommes dans la
province de France, nous avons eu une réunion au Châtelard. Nous
avons réfléchi sur le sujet proposé par Kostia de Leusse, Luis Felipe
Gómez et Xavier Nucci : " Le monde, l'Église et la Compagnie de
demain : qu'espérons nous ? " |
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Christophe ENGEL
:
Le point fort de cette rencontre fut à mon avis l'intervention de
Bernard Lapize de Salée, arrivé d'Algérie la veille. Il a retracé
samedi matin, à travers sa biographie, tout un cheminement qui l'a
rapproché des Algériens et des musulmans, sans pour autant que cela
soit un parcours en ligne droite. Ce sont plutôt des évènements
déterminants, dans les soubresauts de l'histoire de l'Algérie, qui
l'ont conduit à témoigner de la présence chrétienne, après un intermède
important de dix années dans le diocèse de Montpellier. Nous avons
bien senti que le long tracé de son itinéraire passé, qui occupait
la place la plus importante dans son exposé, était une clef de compréhension
pour le thème de notre rencontre, ce que nous espérons pour le monde,
l'Eglise et de la Compagnie de demain. Or c'était dans la situation
de dénuement et de fragilité de l'Eglise chrétienne d'Algérie que
la rencontre avec les Algériens musulmans était la plus profonde,
la plus porteuse de sens, d'interrogations et d'amitiés. |
| N'ayant, hélas, pas pris de
notes, je retiens essentiellement que la présence chrétienne en
Algérie ne peut pas être celle d'un bastion de la vérité qui se
tiendrait là pour donner sens aux souffrances d'un peuple en quête
de réconfort. J'étais frappé que la rencontre entre chrétiens
et musulmans, pour être fructueuse, s'engageait d'abord sur des
préoccupations humaines avant d'être un dialogue de foi : il s'agissait
ici de répondre à des besoins humains concrets (par exemple, dans
les années 60, la mise à disposition d'une bibliothèque pour des
étudiants algériens) ; là, d'exprimer une solidarité de présence
avec une population villageoise gagnée par la peur des actes de
violence. De même, loin d'être en position de "prestataires de
service", nous apprenions que certains musulmans étaient concrètement
venus en aide aux chrétiens au nom de leur foi. L'espérance serait-elle
alors cette force fragile qui ouvre, en raison de la foi même,
des chemins d'humanité, annonciateurs d'une réconciliation désirée
et voulue pour l'humanité entière? L'Eglise, dont la vocation
est d'être présente parmi les peuples, aurait alors pour mission
de rechercher avec ces peuples des chemins de paix.
Ruben :
L'après-midi nous avons écouté quatre scolastiques de différentes
provinces parler sur leur espérance. Cette fois-ci, les récits
ont parcouru les situations concrètes dans lesquelles se trouvent
la province du Proche-Orient, la France, le Rwanda et le Brésil.
Il était très frappant de remarquer que malgré les situations
si différentes, ces scolastiques faisaient une grande place au
dialogue (politique, interreligieux, etc.) et à l'éducation des
jeunes comme sentiers d'un meilleur avenir, d'un monde plus juste
et plus humain. Ce partage a reflété en quelque sorte l'un des
enjeux soulignés par le père provincial pour notre réunion : "
Envisager ensemble cet avenir qu'il importe de regarder avec lucidité
et confiance. "
Christophe :
A côté de ces interventions,
un large espace nous était laissé pour nous retrouver et discuter
entre nous de manière plutôt informelle : promenades, partages
en petits groupes, soirée de détente du samedi soir. De tels rassemblements
sont toujours l'occasion de repérer les têtes nouvelles (et pas
seulement chez les scolastiques!). D'une année sur l'autre, les
provinces renouvellent en partie leurs visages avec les arrivants
jésuites au centre Sèvres. Nous sentons bien, à travers les bouleversements
et les incertitudes de l'avenir qui touchent toutes les provinces,
que l'Eglise, dans sa position de plus en plus fragile, et la
Compagnie à travers elle, est appelée à vivre d'une espérance
qui puise aux sources de cette fragilité même, là où l'humanité
se dit.
Ruben :
La fête reste parmi
les espoirs évangéliques, bien entendu. Nous avons eu une soirée
festive avec de la musique de divers pays, des jeux de société
et bien d'autres choses. Cette fête s'est " allongée " pendant
toute la nuit, jusqu'au lendemain. Pour la simple raison que le
dimanche matin nous avons fêté l'anniversaire de quatre compagnons.
Nous avons fini notre rencontre avec un partage sur l'épisode
de la femme adultère (Jean 8, 1-11). Le pardon et la réhabilitation
ont été une façon pour l'équipe animatrice de montrer une voie
d'espoir. Au-delà des possibles commentaires exégétiques, nous
avons eu un temps personnel pour nous rendre présents à la scène
de l'évangile. Les commentaires soulignaient la réhabilitation
de la femme par Jésus. C'est le sens de la question qu'il lui
pose : " Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ? " La
rencontre s'est finie après la traditionnelle photo du groupe.
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(De la communauté de Vanves,
Ruben CORONA (Mexique) & Christophe ENGEL)
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