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Comment
des Jésuites l'ont-ils vécu ?
Nous donnons ici des extraits des contributions de
quatre participants : .
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Ce
que j'ai vécu
En tant qu'Africain, préoccupé
par la question sociale, je ne pouvais qu’être sensible
et tirer profit du thème «Foi et Justice et après».
Le partage des trois témoins, engagés chacun à
son niveau dans l'apostolat social, a eu le mérite de
nous convaincre, si besoin en était encore, de l'urgence
de notre action en faveur de la justice, de sa complexité
qui nous laisse parfois perplexes, mais aussi de sa fragilité
pascale.... >>
François P. KABORE (Province
d'Afrique Occidentale)
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Amis
dans le Seigneur
Je suis toujours frappé de notre diversité. Dans
le week-end des étudiants jésuites en France, nous
étions plus d'’une centaine, venus des quatre coins
du monde, d’âge et d’intérêt divers.
Qu’est-ce qui nous rassemble ? Je me souviens alors
des paroles d'Ignace, toujours actuelles : nous sommes des
«amis dans le Seigneur». Cette rencontre m'a donné
une fois encore l’occasion d'éprouver cette amitié
qui nous rassemble autour du Christ, par l'appel et l'envoie qu'il
nous fait.... >>
Roberto Mesquita RIBEIRO (Province
de Bahia - Brésil) |
Foi et justice et après
?
Nous avons commencé
notre prière et réflexion le samedi matin, en
contemplant les besoins du monde, dans notre environment et
au coeur de chacun de nous. Ensuite Etienne Grieu nous a parlé
du silence où sont enfermés ceux qui souffrent
d'injustices graves et de la nécessité de les
aider à être entendus, surtout du monde politique.
John Dardis, le directeur du JRS Europe a parlé du changement
négatif dans le regard porté sur les réfugiés
et de l'impact des décisions politiques (subventions
agricoles en Europe, réductions d'impôts aux États
Unis, ventes d'armes partout) aux dépens des pays pauvres.
Jean-Simon Ratsimbazafy a parlé de l'impact de SIDA en
Afrique, soulignant le lien entre pauvreté, guerre et
propagation du virus. ... >>
Simon
BISHOP (Province britannique)
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Aller-retour et répétition
«Promouvoir la justice»
comme mission actuelle de la Compagnie : fallait-il revenir
pour cette rencontre à un thème aussi large
et connu ? Je dois reconnaître avoir été
touché par cette répétition. Peut-être
aidé par la lettre du Père Général
sur l’apostolat social, aidé sûrement par
la contemplation de Jacques Guillet (« Quand on s’est
mis devant le Christ en croix »), aidé surtout
par le temps de contemplation offert au début de la session,
j’ai vu se renouveler mon approche de la justice.... >>
Gaël de LA CROIX VAUBOIS (Province de
France)
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Ce que j'ai vécu
Si l'on me demande : "Qu'es-tu
monté voir au Châtelard, en bordure des Monts du Lyonnais, les
22-23 mars ?", je répondrai simplement : "J'y ai vu des compagnons
qui croient en l'avenir. Des compagnons qui d'un regard de foi
contemplent avec lucidité le monde dans toute sa diversité.
J'y ai rencontré aussi et surtout des compagnons qui, selon
leur supérieur général Peter Hans Kolvenbach, veulent tous vivre
une solidarité affective et effective avec les hommes et les
femmes de leur temps." La diversité du monde offert à notre
contemplation ne reflétait-elle pas la diversité des participants
venus de tant d'horizons divers ? A croire que la Compagnie
universelle s'était invitée au Châtelard ! C'est beau de faire
l'expérience de la Compagnie universelle, une dans sa riche
diversité.
En tant qu'Africain, préoccupé
par la question sociale, je ne pouvais qu'être sensible et tirer
profit du thème "Foi et Justice…et après". Le partage des trois
"témoins", engagés chacun à son niveau dans l'apostolat social,
a eu le mérite de nous convaincre, si besoin en était encore,
de l'urgence de notre action en faveur de la justice, de sa
complexité qui nous laisse parfois perplexes, mais aussi de
sa fragilité pascale. En vue du Magis et sans pour autant fermer
les yeux sur la réalité des choses, des efforts restent peut-être
à faire en vue de discerner aussi les signes d'espérances dans
notre monde en général et particulièrement en ce qui concerne
l'Afrique, comme nous le recommande la 34°
Congrégation Générale (n° 61) : "Tout faire pour changer
les attitudes et les comportements à l'égard de l'Afrique."
Après nous êtres replongés,
avec l'intervention du père Général, aux sources de cette option
fondamentale pour la Justice, c'est avec enthousiasme que je
suis redescendu du Châtelard, heureux de savoir que cette orientation
générale reste présente et traverse tous nos apostolats même
si elle semble se faire plus discrète. Ce week-end, au-delà
de son aspect convivial, n'a pas seulement ravivé en nous une
sainte colère face à l'injustice, il a aussi ranimé en nous
la flamme discrète et peut-être faiblissante d'une attitude
qui veut positivement articuler justice, foi et réconciliation.
Ad Majorem Dei Gloriam.
Retour en haut
de l'écran François
P. KABORE
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Amis dans le Seigneur
Je suis toujours frappé de notre diversité. Dans le week-end
des étudiants jésuites en France, nous étions plus d'une centaine,
venus des quatre coins du monde, d'âge et d'intérêt divers.
Qu'est-ce qui nous rassemble ? Je me souviens alors des paroles
d'Ignace, toujours actuelles : nous sommes des "amis dans le
Seigneur". Cette rencontre m'a donné une fois encore l'occasion
d'éprouver cette amitié qui nous rassemble autour du Christ,
par l'appel et l'envoie qu'il nous fait.
Le thème ("Foi et justice… et alors ?"),
je l'avoue, me faisait un peu peur. Je craignais tomber dans
des débats assez idéologiques… et j'avais tort. Car nous avons
vécu un échange très fraternel de nos convictions, de nos hésitations,
de nos désirs et projets. Rien de nouveau ? C'est vrai. Cela
n'était pas notre but. Foi et justice sont en effet des sources
pour nous, un lieu où il nous faut toujours revenir pour y puiser
de l'eau vive.
La présence du Père Général, avec son sens
de l'humour et sa simplicité ont renforcé en moi ce sentiment
de koinonia. C'était aussi l'occasion d'entendre de vive voix
ce que nous demande la Compagnie en ce qui concerne l'engagement
pour la justice à côté des pauvres, un engagement "affectif
et effectif", selon ses paroles. Car celui qui dit "amis dans
le Seigneur" sait très bien qu'il dit "ami des pauvres".
Retour en haut de l'écran Roberto
Mesquita RIBEIRO
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Foi et justice et après ?
116 jésuites en formation en France, de 4 continents, de 9 assistances
sur 10, et de 32 provinces, se sont réunis à Lyon les 21-23
mars, avec le Père Général, le père Gellard, Jean-Noël Audras,
sa consulte et les deux vice-provinciaux, pour revisiter la
mission de la Compagnie : le service de la foi et la promotion
de la justice.
Nous avons commencé notre prière et réflexion
le samedi matin, en contemplant les besoins du monde, dans notre
environment et au cœur de chacun de nous. Ensuite Etienne Grieu
nous a parlé du silence où sont enfermés ceux qui souffrent
d'injustices graves et de la nécessité de les aider à être entendus,
surtout du monde politique. John Dardis, le directeur du JRS
Europe a parlé du changement négatif dans le regard porté sur
les réfugiés et de l'impact des décisions politiques (subventions
agricoles en Europe, réductions d'impôts aux États Unis, ventes
d'armes partout) aux dépens des pays pauvres. Jean-Simon Ratsimbazafy
a parlé de l'impact de SIDA en Afrique, soulignant le lien entre
pauvreté, guerre et propagation du virus.
Tout cela a préparé le cri du cœur du Père
Général le lendemain. Evoquant le risque de laisser le mot justice
disparaître de notre vocabulaire, il nous a rappelé que cette
promotion de la justice est, selon la 34°
Congrégation Générale, "partie intégrante"
du service de la foi. Il a parlé de "solidarité affective" avec
les pauvres pour pouvoir agir aussi d'une manière "effective"
; et souligné que si quelques jésuites sont appelés à vivre
comme les pauvres ou avec les pauvres, nous sommes tous appelés
à travailler pour cette justice évangélique dans le service
de la foi. Il a rappelé, par exemple, le souci pratique d'Ignace
donnant dans les Exercices Spirituels les règles pour la distribution
des aumônes. Si nos universités ou collèges, a-t-il continué,
nos centres spirituels ou paroisses n'ont pas ce même souci
pour la justice, ils ne seront pas vraiment selon "notre manière".
Un défi passionnant pour nous tous.
Retour en haut
de l'écran. Simon
BISHOP
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Aller-retour et répétition
"Promouvoir la justice" comme mission actuelle de la Compagnie
: fallait-il revenir pour cette rencontre à un thème aussi large
et connu ? Je dois reconnaître avoir été touché par cette "répétition".
Peut-être aidé par la lettre du Père Général sur l'apostolat
social, aidé sûrement par la
contemplation de Jacques Guillet ("Quand on s'est mis devant
le Christ en croix…"), aidé surtout par le temps de contemplation
offert au début de la session, j'ai vu se renouveler mon approche
de la justice.
Trois étapes nous étaient proposées pour
la prière personnelle : le monde, mon quartier, moi-même. Un
texte lu nous évoquait une clocharde enroulée dans les journaux
qui lui tenaient chaud, l'auteur soulignant l'incongruité de
voir Rockefeller et Onassis déguster leur cocktail "avec leur
sourire de bovin" sur le dos de cette pauvre femme. Derrière
ce témoignage de compassion pour un inconnu oublié, j'en voyais
d'autres, plus connus, nommément placés sous le signe de la
dérision. S'il y avait là une précieuse prise de conscience,
j'étais frappé aussi par l'absence de compassion pour ces grands…
C'est le terme de miséricorde qui s'est imposé à moi. Et c'est
ainsi que je désignerais le point focal de nos débats pendant
deux jours, entre tant de sensibilités diverses, insistant sur
l'amour du prochain, sur la réconciliation, sur le pardon, sur
la justesse dans la rencontre de l'autre. Le premier défi qui
s'imposait à moi, en des jours où se cristallisait en Irak l'affrontement
entre deux grands chefs, c'était la perspective d'une miséricorde
envers les grands responsables de ce monde. Hors de portée ?
idéaliste ? Pouvant cacher une subtile dé-mission ? Le commandement
d'amour du Christ trouvait là une exigence réelle ; qui ne s'ajustait
cependant qu'avec l'étape suivante, dans l'exercice pratique
de cette miséricorde, là où je suis, avec ceux de mon quotidien.
Là s'éprouve l'appel du Christ à aimer l'ennemi. Là aussi je
rencontre le pauvre, celui qui n'a effectivement rien ou presque
rien, que le Christ m'indique, comme devait le rappeler Etienne
Grieu, pour m'exercer vraiment à la justice. La troisième étape
m'a conduit à repérer comme fondement sûr de l'appel à promouvoir
la justice, la reconnaissance de la miséricorde de Dieu envers
moi. L'aller-retour entre ces trois étapes proposées à notre
assemblée, m'est apparu ce jour-là avec une nouvelle fécondité
…
Pour ouvrir la session, l'un de nous -
on cherchait un fumeur -, engagé dans la recherche et l'action
sociale, s'est vu allumer le cierge de la prière le jour de
ses 33 ans… C'est finalement dans l'expérience très fraternelle
de notre rencontre qu'a retrouvé souffle notre désir de justesse
avec le monde, au fil d'une histoire que nous avons voulu lier
à celle du Christ.
Retour en haut de l'écran. Gaël
de LA CROIX VAUBOIS.
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