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Rencontre des jésuites en formation en France

Comment les Jésuites parlent-ils du voeu de chasteté ?

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Nous donnons ici des extraits la 34ème congrégation générale des Jésuites qui s'est tenue à Rome en 1995.
En raison de la confusion qui règne à notre époque, il nous faut être aussi clairs que possible concernant le sens de ce voeu... >>
  Un jésuite ne doit pas avoir d'illusion sur le prix à payer pour une telle décision... >>
A la fin de sa vie, par son voeu de chasteté, le jésuite sera devenu pauvre d'une manière que lui rendaient impossible ses talents, son éducation, son énergie même... >>
Dans une certaine solitude... >>
 
Ignace maintenait qu'un jésuite doit s'efforcer d'imiter dans sa chasteté la pureté des anges... >>

En raison de la confusion qui règne à notre époque, il nous faut être aussi clairs que possible concernant le sens de ce voeu, si nous voulons l'observer comme étant une part du sens que nous donnons à notre vie. Il a pour origine et il a pour base une décision prise consciemment et librement sous l'action de la grâce. En vertu de son voeu de chasteté, un jésuite se consacre au Seigneur et à son service par un amour si unique qu'il exclue le mariage et toute autre relation humaine exclusive, ainsi que l'expression génitale et le plaisir de sa sexualité. Le voeu entraîne donc l'obligation d'une continence totale dans le célibat pour le Royaume des cieux. En suivant le conseil évangélique de chasteté, le jésuite aspire à approfondir sa familiarité avec Dieu, sa configuration au Christ, son compagnonnage avec ses frères jésuites et son service des autres, en même temps qu'à grandir en maturité personnelle et en capacité d'aimer. Le témoignage de beaucoup de jésuites confirme qu'il y a un bonheur profond dans une telle vie d'amour personnel et de service. (n 240)

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Mais un jésuite ne doit pas avoir d'illusion sur le prix à payer pour une telle décision. Elle implique qu'on renonce à l'intimité conjugale, qu'on refuse le désir si humain d'avoir ses propres enfants, qu'on écarte tout lien affectif exclusif, l'une des plus riches expériences de la vie et la condition normale de la croissance humaine. Il abandonne les joies d'appartenir à une famille bien à lui et de vivre en son sein. S'il ne ressentait pas parfois douloureusement la perte de certaines des plus belles et plus tendres joies de la condition humaine, il serait moins qu'humain. D'autres joies, des joies même plus profondes, surviendront dans sa vie, mais elles ne peuvent faire disparaître tout sentiment d'une absence. (n 241)

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Par sa chasteté, le jésuite vit donc dans une certaine solitude, - non pas dans l'isolement, mais dans la solitude. Parfois cette solitude deviendra un désert, quand il expérimentera peu ou pas de satisfaction ou de soutien dans ce qui l'entoure. A d'autres moments, cette solitude peut devenir une croix, l'expérience de la futilité, de l'angoisse et de la mort. (n 242)

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Tout au long de sa vie, le jésuite fera don aux autres de son temps et de ses talents, et cela de façon désintéressée. Il ne construit pas son affaire à lui ou sa propre carrière, parce qu'il ne bâtit pas son foyer ou sa famille à lui. Sa chasteté lui a donné la possibilité de progresser dans la pauvreté. A la fin de sa vie, par son voeu de chasteté, il sera devenu pauvre d'une manière que lui rendaient impossible ses talents, son éducation, son énergie même. Maintenant tout cela appartient au passé ; cela a été dépensé pour les autres. En fin de compte, il est devenu pauvre comme le fut le Christ qui "de riche qu'il était s'est fait pauvre pour nous" (2 Co 8, 9). Il est devenu un homme sans famille ni fortune, qui n'a rien bâti pour lui-même et qui regarde vers Dieu pour le sens de sa vie. Cette pauvreté qui découle de sa chasteté ne détruit pas sa vie de jésuite ; de bien des manières, elle l'enrichit et l'accomplit. Mais il ne doit pas se dissimuler le coût d'une telle vie. (n 243)

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Ridicule pour certains, surprenant pour un grand nombre, Ignace maintenait qu'un jésuite doit s'efforcer d'imiter dans sa chasteté la pureté des anges. Mais ceci ne veut pas dire qu'il doit agir comme s'il regrettait d'avoir un corps. Il est plutôt appelé à incarner dans sa vie l'unité de vision et la disponibilité à la mission qui pour Ignace caractérisent les anges. Ils étaient pour lui "les esprits envoyés pour servir". Ils vivent dans une familiarité immédiate avec Dieu, et servent Dieu comme ses ministres en attirant à Lui les êtres humains. Dans sa chasteté, un jésuite s'efforce de parvenir, dans ses actions et dans ses pensées, à une union analogue, indéfectible, avec Dieu dans la prière et le ministère. (n 233)

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Voir aussi :

> Les communautés jésuites

> Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus

> Livres écrits par les Jésuites de la Province de France

> Portraits des Jésuites dans le monde