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| Lorsque le P. Jean-Noël Audras,
Provincial de France, décida de constituer l'EAES
(Equipe d'Animation des Exerces Spirituels), lui fixant comme
premier objectif d'organiser un symposium sur les Exercices
Spirituels à Toulouse en Mai 2003,
personne ne savait très bien où on allait ni
ce qui pourrait s'y passer. La seule chose claire était
que cela demanderait beaucoup de travail. La réalité
dépassa toute prévision. |
??? |
Ce symposium, il fallait d'abord lui trouver un
objet, une forme, une manière de procéder, ainsi qu'un
public, et
Il y avait tout à faire, à imaginer,
à inventer, sans point de repères dans une expérience
antérieure. Si ce n'est, dans un tout autre domaine,
la rencontre sur l'Apostolat Social à
St Etienne, deux ans avant (voir
le site).
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L'idée directrice, le "concept"
comme disent les jeunes jésuites branchés, s'imposa
assez vite : inviter ceux qui donnent
les Exercices, aiment le faire et souhaitent échanger
entre eux. L'expression : donner les Exercices, recouvre
une multitude d'acceptions, depuis une retraite de trois jours
jusqu'au 30 jours, et même pour ces derniers, il y a plusieurs
manières de faire. Après réflexion, le
choix s'est porté sur les Exercices de huit jours et
plus individuellement accompagnés. Même si cette
forme ne représente qu'un petit nombre de retraites dans
les propositions annuelles en France. Elle a l'avantage d'être
l'occasion de faire travailler davantage les Exercices et d'essayer
de vivre au plus près la relation au retraitant, au texte
de E.S. et à Dieu. |
| Une fois ce choix, fait restait
à savoir ce qui, en France, étaient proposées
dans le genre retraites dans les centres ou ailleurs, d'essayer
d'évaluer le travail en équipe, la formation initiale
qui avait été donnée et par qui, celle
qui restait encore à faire, la pratique de, la supervision,
etc. Pour faire cette enquête nous avons envoyé
plus de 200 questionnaires ( et
reçu 128 réponses), à presque tous les
gens que nous connaissions ou que les centres ont bien voulu
signaler. Le résultat de cette enquête est un "Livre
blanc" qui fut distribué à tous les
participants du symposium et envoyé à tous les
supérieurs majeurs. |
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Cette enquête a pour elle d'être la
première, un peu systématique, en France depuis des
années. Il ne faut pas masquer ses faiblesses dues en partie
à l'imprécision ou à la mauvaise compréhension
des questions et à l'inertie de certains directeurs, sans
doute pris par d'autres pôles d'intérêt. Ami
lecteur ne te fie pas trop aux chiffres, mais prends le temps de
lire les commentaires, les Verbatim, et les réponses des
provinciaux.
L'initiative venant de la Compagnie
de Jésus, les invités furent, en priorité,
les acteurs des centres spirituels, leurs collaborateurs, leurs
amis, puis les amis et connaissances des collaborateurs et amis !
Là aussi, il y eut quelques erreurs,
omissions, incompréhensions. Que l'on veuille bien nous en
excuser. Du point de vue des organisateurs, ce fut une amusante
occasion de vérifier dans le réel les paraboles de
l'Evangile. Des invités de la premère heure se désistèrent
pour venir frapper, comme les vierges folles, quand les portes des
inscriptions étaient closes et que le symposium allait commencer !

Le résultat fut une assemblée
de 120 personnes. Tout le monde ne se connaissait
pas, mais les connaissances communes ou les occasions d'avoir eu
à travailler ensemble facilitaient les premiers contacts.
Même si cela peut apparaître une tautologie, le logement
dans un lieu où tout le monde était étranger
a fait que personne n'était chez soi, a évité
une dispersion trop rapide dans les chambres et facilité
les relations. On se reconnaissait, on se parlait, on échangeait,
on faisait connaissance, ainsi a commencé le symposium et
a-t-il rempli sa premère mission : opérer
un brassage entre des participants très divers.
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Habitudes et connivences, il fallait
les chercher ailleurs que dans la connaissance des locaux :
il fallait échanger sur les manières de faire,
sur les propositions en cours, les projets à venir, etc.
Ce fut l'objet des groupes et des carrefours. Contacts et échanges
entre 120 personnes venues de toute la France, sauf de la Bretagne,
unies par les Exercices, même si les manières de
les donner sont différentes, aboutirent le deuxième
jour à l'émergence d'un sentir commun : "Il
n'est plus possible de ne pas travailler ensemble". |
De ce symposium dont personne ne savait quel serait
le contenu ni ce qui en sortirait, émergeait une conviction
forte : la nécessité pour tous ceux qui se réfèrent
aux Exercices (jésuites, religieuses, prêtres, laïcs)
de s'unir pour que la proposition reste vivante.
Suite à cette conviction, plusieurs
chantiers devraient voir le jour, dans le domaine, de la
formation aux Exercices et à donner des retraites, du travail
local et régional sur les Exercices, d'un investissement
intellectuel sur le texte et son intelligence, de la publication
des travaux ou conférences méritant une diffusion
(sous quelle forme ?), de la transmission entre les générations,
des propositions à faire pour la formation spirituelle dans
l'Eglise de France, etc.
Restent trois questions majeures
:
1) Cette collaboration, fruit d'un
sentir commun, ardemment souhaitée va-t-elle voir le jour
?
2) Qui va en prendre l'initiative,
localement, régionalement, nationalement ? Des congrégations
existent, des institutions existent, des personnes diverses travaillent
dans ces institutions et ailleurs, des mouvements existent. N'y
aurait-il pas place pour des conseils locaux, régionaux qui
regrouperaient des personnes, prendraient des initiatives pour le
travail, la formation, fassent des propositions diversifiées
dans et à l'extérieur des institutions.
3) Ne serait-il pas opportun d'élargir
l'EAES à plus vaste que la Compagnie, sans chercher à
ce que toutes les congrégations ou tous les mouvements soient
représentés et de lui donner des objectifs ?
Par exemple
:
- Formations des jeunes religieux et des laïcs
à un travail sur les E.S., à la manière
de donner des retraites, de préparer des points, de faire
des "gloses", etc.
- D'organiser des sessions nationales d'approfondissement
des E.S., ouvertes à tous ceux qui les utilisent, les donnent.
- De créer un site sur Internet
pour mettre à disposition des fiches de travail, des questionnaires,
des parcours, des manières de faire, voire un courrier de
questions.
- Assurer la publication de conférences,
articles, pour aider à la compréhension des
E.S. et à la manière de les donner.
- Assurer la mise en route de tutorats divers
et la validité des formations reçues pour ceux
qui s'initient à la manière de donner des retraites,
etc.
- Assurer un lien avec ce qui se passe en
dehors de France et répercuter l'information.
- Etre une instance de consultation et de
référence pour les responsables et supérieurs
majeurs qui le souhaitent.
- etc.
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On savait que la préparation
du symposium demanderait beaucoup de travail, on ne savait qu'il
en engendrerait encore plus pour
suivre les souhaits. Il était temps de s'y mettre ! |
Michel Bureau |