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Emoi et incertitude ! En ce printemps 2004, l'équipe des surveillants du lycée Sainte-Geneviève de Versailles est inquiète. Vient de lui être annoncée l'arrivée en son sein à la rentrée prochaine d'un « jésuite Régent ». Un jésuite surveillant ? Certes, il y a bien des jésuites dans l'établissement : un préfet des études, un professeur et deux aumôniers. Mais pourquoi envoyer un jésuite comme surveillant ? Vient-il « surveiller les surveillants » ? Et ce nom de « Régent », que signifie-t-il ?
Pendant ces deux années, il y eut de bons moments – nombreux ! – mais aussi de moins bons – pas absents non plus – avec les élèves, avec mes collègues surveillants, avec les autres membres du personnel. Puisqu'il faut ici me limiter, en gage de reconnaissance envers mes collègues surveillants pour leur accueil, leur collaboration et leur soutien au long de cette régence, je mentionnerai l'expérience que nous avons vécue collectivement dans le cadre de la journée pédagogique du lundi de Pentecôte 2006. Cette journée visait à mieux faire connaître à tous la vie des élèves et des surveillants le soir et la nuit en internat ; ce qui, de fait, est peu connu parce que les contacts sont rares entre les professeurs ou membres du personnel et les surveillants du lycée. Les horaires de travail des uns et des autres sont en effet en complet décalage : lorsque les surveillants arrivent au lycée le soir à 17H30, les autres vont bientôt finir leur journée, et lorsque nous finissons notre travail le lendemain matin à 06H30, les autres vont bientôt commencer le leur. Pendant cette journée pédagogique, les professeurs ont d'abord exposé dans de petites saynètes truculentes leur vision de la vie en l'internat. Puis les surveillants étaient invités à partager leur expérience quotidienne. Mais comment rendre compte de la vie de l'internat à qui n'y est pas présent physiquement ? Il fallait éviter la présentation académique, confortable mais extérieure, sans tomber dans la représentation théâtrale, pour sortir de l'imaginaire et évoquer la réalité vécue au jour le jour en internat. Nous avons opté pour une table ronde, exposant diverses situations en ordre aléatoire pour donner plus de spontanéité à notre conversation, mais en nous efforçant de ne laisser dans l'ombre aucun aspect important, ni d'éluder les sujets plus « délicats » comme l'alcool ou les relations garçons / filles. Il fallait éviter la caricature, mais aussi l'écueil de la peinture idéaliste, épurée et sans saveur. Ce projet a mobilisé la quasi-totalité de notre équipe pendant plusieurs semaines, générant crainte, enthousiasme, incertitude, stress, éclats de rire, jusqu'au « Jour J » où nous avons livré notre expérience à nos auditeurs. Un des participants me confiait après : « je travaille à la bj depuis de nombreuses années, mais j'ai découvert aujourd'hui des aspects de la vie de l'internat que je n'imaginais pas. En plus, il n'y avait pas de langue de bois ! ». Un réel encouragement pour les surveillants. De cette journée, je retiens aussi l'intérêt suscité chez les professeurs. Plusieurs ont décidé de prendre contact dès la rentrée 2006 avec les surveillants, pour mieux se connaître mutuellement et travailler davantage ensemble, chacun à sa place dans la relation éducative, mais visant tous ensemble à faire de nos élèves « des hommes et des femmes pour les autres ».
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Pour en savoir plus : > Les 150 ans de l'école Sainte Geneviève à Versailles > Le site de l'école Sainte Geneviève
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Jésuites : serviteurs
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