Retour à la page d'accueil
compagnons > régence > Guilhem
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

Apprendre l'homme
Guilhem CAUSSE

Vendredi dernier, j'étais avec Jean Sinclair, le doyen de notre communauté jésuite à Saint-Etienne, dans sa chambre à l'hôpital de la Charité. J'ai plaisir à lui rendre visite pour l'écouter raconter un souvenir, une expérience, avec toujours cette pointe d'humour caractéristique. Sachant que j'avais cet article à écrire, je lui ai donc demandé ce qu'il pensait de la régence. Il a répondu, avec un sourire malicieux : « la régence, c'est le temps de l'apprentissage de l'homme ». Apprendre l'homme, tout un programme ! Il est sûr que les livres n'y suffisent pas. C'est certainement la raison pour laquelle notre formation alterne temps d'étude et de travail. Pour présenter le Jubilé (voir note1) aux élèves de Saint-Michel (voir note 2) , nous avions choisi trois mots : amitié, savoir et servir ; ils me serviront pour parler de ce temps de régence.

L'amitié

A Saint-Étienne, j'habite avec trois compagnons dans deux appartements d'une tour de dix étages, dans le quartier de Montreynaud. Il y a le frère Edouard Guignard, surnommé dans la presse locale « l'Abbé Pierre de Montreynaud », épaulé par Jean-Paul Lepercq, qui peu à peu, devient un expert du dialogue interreligieux, et Michel Barthe-Dejean, avec qui je rencontre des membres de la Communauté Vie Chrétienne. Dans un appartement du centre ville vivent Pierre Jubert, prêtre en paroisse, Pierre Clermidy, aumônier national des Compagnons (branche aînée des Scouts de France), Martin Pochon, passionné de Teilhard de Chardin et directeur d'un lycée professionnel, et Jacques Gebel, notre supérieur, qui m'a aidé à organiser, avec l'ensemble de l'équipe de direction de Saint-Michel, la première « fête des talents » : 300 jeunes présentaient leurs talents, musique, sport, théâtre, peinture, etc. dans des stands que parcouraient 100 équipes composées d'élèves depuis le CM1 jusqu'aux étudiants. Quelques jours après la fête, on pouvait encore entendre les plus jeunes raconter, émerveillés, comment les futurs masseurs kinésithérapeutes les avaient initiés au massage.

Savoir

L'amitié est le terreau d'une connaissance plus profonde de l'homme. Nous tâchons d'instaurer ce climat de confiance à l'IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie). Pour cela, Claude Forissier, la directrice, nous sollicite pour mettre en place une progression sur trois ans, fondée sur la pédagogie jésuite. De même, avec Anne de Surmont, animatrice en pastorale au lycée, nous organisons des conférences : Paul Valadier viendra prochainement nous parler de la dignité humaine. Cette conférence sera suivie d'une disputatio (voir note 3). Ce souci de formation nous a conduit également à proposer aux jeunes du diocèse, avec deux couples d'amis, une série de soirée pendant le carême à venir, sur le thème « chercheurs de sens ».

Servir

Vivre dans un quartier défavorisé nous met en présence de personnes exclues, souffrantes, violentes parfois. Cette présence est une interrogation permanente sur notre manière de nous mettre à leur service, dans le respect de leur liberté. Les jésuites ont créé, au pied de la colline, un lycée professionnel et une école de production. Par ailleurs, nous accompagnons, avec la merveilleuse famille Koetzel, une équipe de JVE (voir note 4). Dans cette même perspective de créer du lien entre personnes d'horizons différents, l'ASIM (voir note 5) accueille une quarantaine d'étudiants de Saint-Michel en BTS Economie Sociale et Familiale, pour leur action professionnelle.

Pour conclure, voici un événement récent. L'an dernier, au soutien scolaire de la maison de quartier, j'avais rencontré Hanène, une jeune Tunisienne fraîchement arrivée en France. Brillante en mathématiques, elle ne parlait pas le français. Elle étudiait dans le collège de la ZUP. Le 4 septembre, alors que je travaillais dans mon bureau de Saint-Michel, je reçois un coup de téléphone. Hanène est là, avec son père. Elle veut s'inscrire en troisième. Je les accompagne donc dans le bureau du directeur, qui les reçoit à bras ouverts. Il cherche même une élève de terminale pour lui donner des cours de français et d'anglais.


C'est le genre d'événement qui rend la rentrée joyeuse, et nous rappelle le sens de notre mission : œuvrer à la connaissance réciproque, fondée dans le respect et le service, vers l'amitié. C'est pour moi aujourd'hui le lieu de la présence du Christ.

Retour en Haut du texte

note 1 : Le Jubilé de l'année 2006 a fêté trois des premiers compagnons jésuites, Ignace de Loyola, Pierre Favre et François Xavier.

note 2 : Dans la ville de Saint-Etienne, l'Externat Saint-Michel, sous tutelle jésuite, comprend 1500 élèves, de la maternelle aux BTS et à l'IFMK.

note 3 : Sur un thème donné, deux protagonistes doivent développer à tour de rôle les arguments pour et contre.

note 4 : Jeunes Volontaires Européens, qui font l'expérience, pendant un an, de vivre et travailler dans ce quartier.

note 5 : Association Solidarité Insertion Montreynaud, créée par Edouard Guignard, pour les personnes isolées du quartier.

 

 

Pour en savoir plus :

> La communauté jésuite de Saint Etienne

> Frère Edouard Guignard

> A Saint-Etienne, une proposition pour les chercheurs de sens

> Le quartier Montreynaud brûle-t-il ?