{\rtf1\ansi\ansicpg1252\deff0\deftab708{\fonttbl{\f0\froman\fprq2\fcharset0 Times New Roman;}}
{\*\generator Msftedit 5.41.15.1507;}\viewkind4\uc1\pard\ri1762\qj\lang1036\up13\f0\fs44 Gustave MARTELET S.J. \b\i Et si Teilhard disait vrai\'85\b0\i0  Parole et Silence, Paris, 2006, 103 p.\fs24\par
\fs44 Le P. Gustave MARTELET a repris dans ce livre les grands th\'e8mes qu\rquote il avait d\'e9velopp\'e9s en 2005 dans\~: \b\i Teilhard de Chardin, proph\'e8te d\rquote un Christ toujours plus grand\b0\i0 , Editions Lessius, Bruxelles, 2005, 280 p. \'ab\~L\rquote importance d\rquote un tel livre tient \'e0 la place que cet homme, j\'e9suite et scientifique, a su donner au Christ dans la vision qu\rquote il a du monde, de l\rquote homme et de la foi, sous la lumi\'e8re de la R\'e9v\'e9lation.\~\'bb (p. 5)\fs32\par
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\b\fs44\line Cr\'e9ation / Evolution\b0\fs32\par
\pard\ri1762\qj\up13\fs44\'ab\~Tout en adh\'e9rant au \b\i fait\b0\i0  de la cr\'e9ation du monde par la parole de Dieu, Teilhard a pu voir dans l\rquote\'e9volution la seule mani\'e8re pensable dont la science permet de comprendre le \b\i comment\b0\i0  de cette cr\'e9ation. Nous pouvons donc, nous aussi, nous approprier l\'e9gitimement une telle vision, et m\'eame l\rquote approfondir. Nous sortirons ainsi d\rquote une lecture purement litt\'e9rale du r\'e9cit inspir\'e9, sans compromettre en rien la doctrine biblique de la cr\'e9ation. La Gen\'e8se affirme en effet de Dieu \b\i qu\rquote Il\b0\i0  a cr\'e9\'e9, et non pas \b\i comment\b0\i0  Il a cr\'e9\'e9, si ce n\rquote est en \'ab\~parlant\~\'bb. D\'e8s lors, en auscultant nous-m\'eames \b\i\'ab\~l\rquote Univers (la face exp\'e9rimentale naturelle de Dieu\'85)\b0\i0  \'e0 la lumi\'e8re actuelle de la science, nous pouvons dire, sans nous tromper, que la cr\'e9ation n\rquote est pas du \b\i tout fait\b0\i0 , mais bien du \b\i se faisant\b0\i0  par le chemin d\rquote une \'e9volution naturelle. C\rquote est ce que Teilhard exprime en disant\~: Dieu \b\i\'ab\~fait\~\'bb\b0\i0  moins les choses qu\rquote il ne les \b\i\'ab\~fait se faire\~\'bb\b0\i0 , et m\'eame, peut-on ajouter sans le trahir, les \b\i laisse se faire\b0\i0  au gr\'e9 des probabilit\'e9s, sinon m\'eame du hasard.\~\'bb (p. 16)\fs32\par
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\b\fs44\line Nature et mort\b0\fs32\par
\pard\ri1762\qj\up13\fs44\'ab\~C\rquote est un fait que Teilhard voit dans la mort une r\'e9alit\'e9 inh\'e9rente \'e0 la nature, qui lui permet d\rquote\'e9crire\~:\~\'ab\~\b\i Des milliers de si\'e8cles avant qu\rquote un \'eatre pensant [l\rquote homme] appar\'fbt sur notre Terre, la Vie y fourmillait avec ses instincts et ses passions, ses douleurs et ses morts [\'85] Bien avant l\rquote Homme sur Terre, il y avait la Mort. Et dans les profondeurs du ciel, loin de toute influence morale de la Terre, il y a aussi la Mort\b0\i0\~\'bb Teilhard n\rquote a jamais vari\'e9 sur ce point.\~\'bb (p. 23)\fs32\par
\b\up18\fs44 Cela n\rquote emp\'eache pas Dieu de dire que tout cela \'e9tait \'ab\~bon\~\'bb et m\'eame \'ab\~tr\'e8s bon\~\'bb\'85\par
\b0\up13\'ab\~Dans sa vision de la nature soumise par voie d\rquote\'e9volution au devenir, et d\'e8s lors \'e0 la mort physique, Teilhard ne contredit donc pas le t\'e9moignage souvent inaper\'e7u de la Gen\'e8se sur le caract\'e8re fini de la nature cr\'e9\'e9e par Dieu. \b Quant aux \'eatres humains eux-m\'eames, quelle que soit leur ressemblance avec Dieu, ils ne sont pas soustraits \'e0 une nature qui commande leur naissance, leur histoire et leur mort\b0 . Cependant cette nature, qui les conditionne aussi radicalement, n\rquote emp\'eache pas Dieu de pouvoir d\'e9clarer que le fait qu\rquote ils existent ainsi est, \'e0 ses yeux de Cr\'e9ateur, \b\'ab\~tr\'e8s bon\~\'bb.\b0\~\'bb (p. 25)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Philosophie montante\'85\par
\b0\up13 Teilhard part de la multiplicit\'e9 qui inclue la mort pour rencontrer l\rquote Esprit unificateur auquel participent tous les \'eatres. Cette d\'e9marche peut \'eatre appel\'e9e\~: \'ab\~union cr\'e9atrice\~\'bb. En effet, \'ab\~v\'e9cue par nous comme un d\'e9sordre douloureux, cette structure de vie et de mort est en soi le signe d\rquote une finitude, d\rquote un inach\'e8vement du monde auquel Dieu sait, d\'e8s son dessein cr\'e9ateur, qu\rquote il portera rem\'e8de dans le Christ par la R\'e9surrection.\fs32\par
\pard\b\fs44 Si l\'e9gitime que soit donc pour nous le scandale que cette alternance de grandeur et de fragilit\'e9 qui conditionne notre histoire, puisse venir de Dieu, on n\rquote a pas \endash  en vue d\rquote innocenter Dieu \endash  \'e0 l\rquote attribuer d\rquote abord \'e0 la faute de l\rquote homme.\b0  Tout en reconnaissant que cette faute rel\'e8ve dans l\rquote histoire, non pas de la nature, \b mais de la libert\'e9\b0 , Teilhard, il est vrai, n\rquote a pas \'e9t\'e9 sur ce point aussi explicite qu\rquote il e\'fbt \'e9t\'e9 souhaitable. Mais sa philosophie de \'ab\~l\rquote union cr\'e9atrice\~\'bb nous permet du moins de voir dans la mort physique un trait inh\'e9rent \'e0 notre finitude naturelle sans avoir \'e0 l\rquote expliquer d\rquote abord par le p\'e9ch\'e9.\~\'bb Celui-ci vient du \b\i\'ab\~mauvais usage de notre libert\'e9\~\'bb\b0\i0 , la mort faisant d\'e9j\'e0 partie de notre nature. (p. 31)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Cr\'e9ation, oui, mais comment\~?\par
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\pard\ri1762\qj\b\up13\fs44 Teilhard se sert de ses connaissances en pal\'e9ontologie pour voir Dieu actif tout au long de l\rquote histoire du monde et de l\rquote homme.\b0  \'ab\~Pr\'e9historiquement parlant, nous dit Teilhard, \b\i\'ab\~l\rquote homme est entr\'e9 sans bruit\~\'bb. \i0 Et cependant, il a \'e9t\'e9 vraiment cr\'e9\'e9.\b0  Comme nous l\rquote avons d\'e9j\'e0 soulign\'e9, cette cr\'e9ation ne fut pas l\rquote\'9cuvre d\rquote un potier \'e0 partir d\rquote une argile de M\'e9sopotamie. \b Mais c\rquote est bien \'e0 partir de la mati\'e8re \'e9volutivement ouvrag\'e9e depuis des milliards d\rquote ann\'e9e que l\rquote homme est apparu et qu\rquote il \'e9merge dans la nature par voie d\rquote\'e9volution.\b0  Bien plus, cette mati\'e8re dont l\rquote homme, comme pensant, est corporellement constitu\'e9, Teilhard \'e0 juste titre et sans idol\'e2trie ose la dire \b\i\'ab\~sainte\~\'bb\b0\i0 . Elle le m\'e9rite. Raffin\'e9e en effet au cours des mill\'e9naires par les soins de la vie, \b elle est l\rquote auxiliaire indispensable des mains impalpables de Dieu qui, \'e0 travers elle, se manifeste patiemment comme Cr\'e9ateur de la nature, et plus encore de l\rquote homme au titre enti\'e8rement singulier de l\rquote esprit d\rquote o\'f9 surgit la conscience de soi\~\'bb.\b0   Ainsi \b l\rquote homme est d\'e9fini comme \'ab\~le pas de la r\'e9flexion\~\'bb. \b0 (p.36)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Alors, d\rquote o\'f9 vient le mal\~?\par
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\pard\ri1762\qj\b\i\up13\fs44\'ab\~Si les lois g\'e9n\'e9rales (r\'e9glant l\rquote apparition progressive de l\rquote\'eatre (cr\'e9\'e9) \'e0 partir d\rquote un multiple inorganis\'e9) doivent \'eatre regard\'e9es comme des modalit\'e9s s\rquote imposant strictement \'e0 l\rquote action divine, on entrevoit que \i0 l\rquote existence du Mal\i  pourrait bien \'eatre, elle aussi, un accompagnement \i0 rigoureusement in\'e9vitable\i  de la Cr\'e9ation. \'ab\~Necesse est adveniant scandala\~\'bb \i0 [il faut que des scandales arrivent, Mat. 18,7]. \i Nous nous repr\'e9sentons souvent Dieu pouvant tirer du n\'e9ant un Monde sans douleurs, sans fautes, sans risques, sans \'ab\~casse\~\'bb. C\rquote est l\'e0 une fantaisie conceptuelle, et qui rend insoluble le probl\'e8me du Mal. Non, faut-il dire, Dieu malgr\'e9 sa puissance \i0 ne peut pas\i  obtenir une cr\'e9ature li\'e9e \'e0 lui sans entrer n\'e9cessairement en lutte avec du Mal\~\'bb, \b0\i0 c\rquote est-\'e0-dire le contraire de lui, la multiplicit\'e9 inorganis\'e9e sans quoi il n\rquote y aurait pas de libert\'e9. (p. 39)  \b\i\'ab\~Le drame de l\rquote Eden (\'85) ce serait le drame m\'eame de toute l\rquote histoire humaine, ramass\'e9e en un symbole profond\'e9ment expressif de la r\'e9alit\'e9. Adam et Eve, ce sont les images de l\rquote Humanit\'e9 en marche vers Dieu. La b\'e9atitude du Paradis terrestre, c\rquote est la salut constamment offert \'e0 tous, mais refus\'e9 par beaucoup, et organis\'e9 de telle sorte que personne n\rquote arrive en sa possession que par unification de son \'eatre en Notre Seigneur\~\'bb \b0\i0 (p. 41)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\up13  \b\fs44 Le Christ universel\~: centre de gravit\'e9 existentiel de toute la cr\'e9ation\b0\fs32\par
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\i\up13\'ab\~J\rquote entends par Christ universel le Christ centre organique de l\rquote Univers entier\~: - centre organique, c\rquote est-\'e0-dire auquel est suspendu physiquement en d\'e9finitivement tout d\'e9veloppement m\'eame naturel \endash  de l\rquote Univers entier, c\rquote est-\'e0-dire non seulement de la Terre et de l\rquote humanit\'e9, mais de Sirius, d\rquote Androm\'e8de, des Anges, de toutes les R\'e9alit\'e9s dont nous d\'e9pendons physiquement de pr\'e8s ou de loin \endash  de l\rquote Univers entier, encore, c\rquote est-\'e0-dire non seulement de l\rquote effort moral et religieux, mais \'e9galement de tout ce que suppose cet effort, \'e0 savoir de toute croissance du corps et de l\rquote esprit. Ce Christ-Universel est celui que nous pr\'e9sentent les Evangiles, et notamment saint Paul et saint Jean. C\rquote est celui dont ont v\'e9cu les grands mystiques. Ce n\rquote est pas toujours celui dont s\rquote est occup\'e9 le plus la Th\'e9ologie\~\'bb. \b0\i0 (\'ab\~Note sur le Christ Universel\~\'bb, 1920, IX, p. 39) \fs32\par
\pard\fs44 Il va donc de soi, pour Teilhard, que le Christ est universel, c\rquote est-\'e0-dire que l\rquote univers, quelles que soient ses dimensions de profondeur et de dur\'e9e, ne se comprend que dans le Christ\~\'bb. (p. 50)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Nous dans cet Univers\par
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\pard\ri1762\qj\up13\fs44\'ab\~La vie spirituelle \'e0 laquelle Teilhard entend nous inviter dans \b\i Le Milieu divin \b0\i0 prend l\rquote homme tout entier, dans son centre et sa p\'e9riph\'e9rie. Pour ce faire, il nous saisit tels que nous configure le cours quotidien de nos vies, par un double versant d\rquote\~\b\i\'ab\~activit\'e9s\~\'bb\b0\i0  et de \b\i\'ab\~passivit\'e9s\~\'bb.\b0\i0  Hors d\rquote elles, en effet, notre existence n\rquote aurait plus de substance, ni m\'eame de visage, quels que soient l\rquote\'e2ge, le sexe et les \'e9tats de vie. C\rquote est donc l\'e0 que Teilhard situe le lieu de la rencontre o\'f9 Dieu nous \b\i\'ab\~divinise\~\'bb,\b0\i0  selon son propre mot, c\rquote est-\'e0-dire s\rquote unit \'e0 nous et nous unit \'e0 Lui, du sein m\'eame des efforts accomplis et des obstacles rencontr\'e9s\~\'bb. (p. 59)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\i\fs44 Le Christ divinise nos activit\'e9s\par
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\b\i\up13\'ab\~L\rquote intimit\'e9 de notre union avec Dieu est justement fonction de l\rquote ach\'e8vement pr\'e9cis que nous donnerons \'e0 la moindre de nos \'9cuvres (\'85) Il nous attend \'e0 chaque instant dans l\rquote action, dans l\rquote\'9cuvre du moment. Il est, en quelque mani\'e8re, au bout de ma plume, de mon pic, de mon pinceau, de mon aiguille, de mon c\'9cur, de ma pens\'e9e. C\rquote est en poussant jusqu\rquote\'e0 son dernier fini naturel le trait, le coup, le point, auquel je suis occup\'e9 que je saisirai le But dernier auquel tend mon vouloir profond\~\'bb. \b0\i0 (Le Milieu Divin, 1927, IV, p. 123).\fs32\par
\pard\fs44\'ab\~Aussi bien, pour modeste que soit mon action, ou de plume ou d\rquote aiguille, son ultime grandeur est pour ainsi dire infinie\'85\~\'bb (p. 60)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\i\fs44 Le Christ divinise nos passivit\'e9s\par
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\pard\ri1762\qj\up13\fs44 Teilhard distingue les \b\i\'ab\~passivit\'e9s de croissance\~\'bb\b0\i0  et les \b\i\'ab\~passivit\'e9s de diminution\~\'bb.\b0\i0\fs32\par
\pard\fs44\'ab\~Les\b\i\~passivit\'e9s de croissance\~\b0\i0 sont celles qui nos stimulent. Leur symbole le plus facile \'e0 p\'e9n\'e9trer, est fourni \'e0 Teilhard par la montagne et par la mer, ou plus exactement par l\rquote alpinisme et par la natation. Ce qui pourrait para\'eetre une pure barri\'e8re o\'f9 l\rquote action se consumerait en est, en fait, un soutien. Ainsi pour Teilhard, \b\i\'ab\~la Mati\'e8re, ce n\rquote est pas seulement le poids qui entra\'eene, la vase qui enlise, le buisson \'e9pineux qui barre le sentier. Prise en soi, ant\'e9rieurement \'e0 notre position et \'e0 nos choix, elle est simplement la pente, sur laquelle on s\rquote\'e9l\'e8ve aussi bien qu\rquote on descend, le milieu qui supporte aussi bien qu\rquote il c\'e8de, le vent qui abat aussi bien qu\rquote il enl\'e8ve\~\'bb \b0\i0 (Le Milieu Divin, 1927, IV, p. 124). Ce que l\rquote on \'e9prouve d\rquote abord comme arr\'eat et limite, appara\'eet au contraire pour ce qu\rquote il est vraiment\~: une provocation cr\'e9atrice. Cr\'e9er, pour l\rquote homme, ce n\rquote est pas autre chose, la plupart du temps, que transmuer un obstacle en troph\'e9e, et un \'e9chec en tremplin pour un nouvel \'e9lan\'85\~\'bb (p. 64)\fs32\par
\fs44\'ab\~Les \b\i passivit\'e9s de diminution\'85 \b0\i0 Les plus grandes r\'e9ussites de l\rquote existence humaine, qu\rquote elles soient de l\rquote action, de la science ou m\'eame de l\rquote amour, contiennent toujours une part consid\'e9rable de d\'e9fi douloureux\'85 [Ainsi en est-il de la mort]. \b\i\'ab\~Dans la Mort, comme dans un oc\'e9an, viennent confluer nos brusques et graduels amoindrissements. La mort est le r\'e9sum\'e9 et la consommation de toutes nos diminutions\~: elle est le mal \endash  mal simplement physique, dans la mesure o\'f9 elle r\'e9sulte organiquement de la pluralit\'e9 mat\'e9rielle o\'f9 nous sommes immerg\'e9s, mais mal moral aussi, pour autant que cette pluralit\'e9 d\'e9sordonn\'e9e, source de tout heurt et de toute corruption est engendr\'e9e dans la soci\'e9t\'e9 ou en nous-m\'eames, par le mauvais usage de notre libert\'e9\~\'bb\b0\i0  (Le Milieu divin, 1927, IV, p. 84). (p. 66)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\up13\fs44 Le Christ donne \'e0 la Mort sa signification ultime\b0\fs32\par
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\i\up13\'abEh bien, \b0\i0 dit Teilhard\b\i , le grand triomphe du Cr\'e9ateur et du R\'e9dempteur, dans nos perspectives chr\'e9tiennes, c\rquote est d\rquote avoir transform\'e9 en facteur essentiel de vivification ce qui, en soi, est une puissance universelle d\rquote amoindrissement et de diminution. Dieu doit, en quelque mani\'e8re, afin de p\'e9n\'e9trer d\'e9finitivement en nous, nous creuser, nous \'e9vider, se faire une place\~\'bb. \b0\i0 Outre son innovation radicale sur le rapport de l\rquote amour et de la mort, cette affirmation de Teilhard rejoint en profondeur, devant le d\'e9passement humainement impossible de la mort, la certitude humainement inesp\'e9r\'e9e de voir la souffrance et la mort vaincues\~\'bb. (p. 67)\'85 Et plus loin\~: \b\i\'abDonnez-moi quelque chose de plus pr\'e9cieux encore que la gr\'e2ce pour laquelle vous prient tous vos fid\'e8les. Ce n\rquote est pas assez que je meure en communiant. Apprenez-moi \'e0 \i0 communier en mourant\~\'bb.\b0\fs32\par
\pard\fs44 A-t-on jamais mieux exprim\'e9, comme Teilhard le fait ici, que la mort peut et doit devenir l\rquote acte d\rquote adoration et d\rquote amour le plus sublime et le plus irrempla\'e7able qui soit\~? Ce qu\rquote il dit ici, quand il parle de la vie et de la mort, ouvre \'e0 l\rquote humanit\'e9 contemporaine bien des perspectives inou\'efes\'85\~\'bb (p. 70)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Autres nouvelles perspectives\'85\par
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\pard\ri1762\qj\up13\fs44 D\rquote abord dans l\rquote Eucharistie. \b\i\'abLorsque le pr\'eatre dit ces mots\~: \'ab\~Ceci est mon corps\~\'bb, la parole tombe directement sur le pain, et directement le transforme en r\'e9alit\'e9 individuelle du Christ. Mais la grande op\'e9ration sacramentelle ne s\rquote arr\'eate pas \'e0 cet \'e9v\'e9nement local et momentan\'e9\~\'bb. \b0\i0 Par une sorte de ricochet, ou plus encore, selon le mot de Teilhard, par un ph\'e9nom\'e8ne \'ab\~d\rquote extension\~\'bb, ou m\'eame peut-on dire d\rquote expansion, le myst\'e8re eucharistique se communique donc spirituellement au Cosmos tout entier\~: le pain et le vin n\rquote en sont-ils pas des fragments\~? Infimes parcelles du monde directement engag\'e9es dans le myst\'e8re eucharistique, ils ne sont pas isolables de la totalit\'e9 cosmique \'e0 laquelle ils appartiennent toujours. \b\i\'abRien n\rquote a fr\'e9mi, en apparence sous l\rquote ineffable transformation, \b0\i0\'e9crit Teilhard. \b\i Et cependant, myst\'e9rieusement et r\'e9ellement, au contact de la substantielle Parole, l\rquote Univers, immense Hostie, est devenu Chair\~\'bb. \b0\i0 L\rquote Eucharistie rev\'eat ainsi, selon les mots de Jean-Paul II, un \'ab caract\'e8re universel, et pour ainsi dire cosmique. Oui, cosmique\~! Car m\'eame lorsqu\rquote elle est c\'e9l\'e9br\'e9e sur un petit autel d\rquote une \'e9glise de campagne, l\rquote Eucharistie est toujours c\'e9l\'e9br\'e9e \b\i sur l\rquote autel du monde\b0\i0\~\'bb. (p. 72)\fs32\par
\pard\fs44 On peut s\rquote attendre \'e0 ce que la fid\'e9lit\'e9 de Teilhard \'e0 l\rquote Eglise soit aussi personnelle que profonde. \b\i\'ab\~Autant, je sens, dans l\rquote Eglise, certaines inadaptations et certaines caducit\'e9s [\'85], autant je me reconnais impuissant, non qualifi\'e9, pour oser l\rquote appr\'e9cier d\'e9finitivement dans ce qu\rquote elle a de g\'e9n\'e9ral, ou, si vous aimez mieux, d\rquote axial. L\rquote Eglise repr\'e9sente une canalisation tellement puissante, tellement enracin\'e9e (dans tout le pass\'e9 humain) de ce qui est la s\'e8ve morale et \'ab\~sublimante\~\'bb des \'e2mes, - elle manifeste (malgr\'e9 des mesquineries accidentelles et momentan\'e9es) une telle facult\'e9 d\rquote\'e9panouir harmonieusement la nature humaine, que j\rquote aurais conscience d\rquote\'eatre infid\'e8le \'e0 la Vie si j\rquote essayais de l\'e2cher un courant organique tel que celui-l\'e0\~\'bb.  \b0\i0 (p.74)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\up13\fs44 Confiant dans l\rquote avenir de l\rquote humanit\'e9\'85\b0\fs32\par
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\b0\up13 Teilhard emploie plusieurs mots ou images pour dire sa confiance dans l\rquote avenir de l\rquote humanit\'e9. Il parle de \'ab\~noosph\'e8re\~\'bb (par rapport \'e0 la lithosph\'e8re ou terre et \'e0 la biosph\'e8re ou vie), de l\rquote\~\'ab\~ultra-humain\~\'bb qui \'ab\~est communion de personnes dont il voit l\rquote id\'e9al dans la r\'e9alit\'e9 m\'eame du Corps mystique. l\rquote Ultra-humain ainsi compris revendique donc un type de communion entre les hommes, dont la profondeur est telle qu\rquote elle suppose la pr\'e9sence int\'e9rieure d\rquote une force plus qu\rquote humaine, et pourtant fonci\'e8rement humanisante\~\'bb. (p. 86) \'ab\~Il lui \b\i donne le nom de \'ab\~Point Om\'e9ga\~\'bb\~: foyer cosmique personnalisant d\rquote unification et d\rquote union\~\'bb\b0\i0 . Teilhard \'e9veille ainsi nos consciences, en pleine Noosph\'e8re, \'e0 la n\'e9cessit\'e9 vitale de nous ouvrir sur Om\'e9ga. Om\'e9ga, en effet, n\rquote est rien d\rquote autre pour lui que le nom du Dieu de la R\'e9v\'e9lation en tant qu\rquote Il se d\'e9couvre pour nous irrempla\'e7able. Car l\rquote amour dont l\rquote humanit\'e9 doit vivre n\rquote est finalement possible et m\'eame pensable que par Lui.\~\'bb (p. 87)\fs32\par
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\pard\ri1762\qj\b\fs44 Christ, Dieu et homme, homme et Dieu\par
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\pard\ri1762\qj\up13\fs44\'ab\~Divinisateur de sa cr\'e9ature dans le Christ, Dieu se glorifie d\rquote\'eatre, comme l\rquote\'e9crit Teilhard, \'ab\~endomorphis\'e9\~\'bb par elle. Cette \'ab\~endomorphisation\~\'bb n\rquote est pas pour Dieu un acte passager, mais bien une modalit\'e9 d\'e9sormais \'e9ternelle de son identit\'e9.\fs32\par
\pard\fs44 Il s\rquote agit l\'e0 du \'ab\~merveilleux \'e9change\~\'bb, divinement absolu, dont la liturgie de No\'ebl nous fait nous r\'e9jouir. Aucune nuptialit\'e9 humaine, quelle que soit la puissance de l\rquote amour qui l\rquote inspire, \b ne peut atteindre ce qui se passe ainsi dans l\rquote Incarnation entre Dieu qui devient homme et l\rquote homme qui devient Dieu\b0 . C\rquote est ce que Teilhard, non sans raison, appelle \b\i\'ab\~une nouvelle face de Dieu\~\'bb\b0\i0 , \b qui n\rquote est autre que celle d\rquote un amour \'e9ternel de Dieu pour nous. Nous avons l\'e0 sans aucun doute l\rquote un des points culminants du message le plus spirituel et le plus profond de Teilhard\'85 \b0  \fs32\par
\fs44 Ainsi, celui qui a \'e9crit \b\i\'abNous avons tous besoins d\rquote une nouvelle face de Dieu pour adorer\~\'bb,\b0\i0  peut-il \'eatre consid\'e9r\'e9 comme un homme qui disait r\'e9ellement vrai\'85\~\'bb. (p. 98\~\'bb\fs32\par
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\up13 (Note et appr\'e9ciation du P. Martelet apr\'e8s une relecture approfondie\~: \'ab\~Un tr\'e8s profond merci pour un si beau travail de condensation fid\'e8le\~\'bb) \fs32\par
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