{\rtf1\ansi\ansicpg1252\uc1 \deff0\deflang1036\deflangfe1036{\fonttbl{\f0\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times New Roman;}{\f28\froman\fcharset238\fprq2 Times New Roman CE;}{\f29\froman\fcharset204\fprq2 Times New Roman Cyr;}
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\ql \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \snext0 Normal;}{\s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 
\fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \sbasedon0 \snext0 heading 1;}{\*\cs10 \additive Default Paragraph Font;}{\s15\qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 
\fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \sbasedon0 \snext15 Body Text;}}{\info{\title Jean Y}{\author Calixte COUFFIN}{\operator Unknown User}{\creatim\yr2003\mo4\dy14\hr10\min38}{\revtim\yr2003\mo4\dy14\hr10\min38}
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\qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 Jean-Yves CALVEZ, }{\b\i\fs28 Chr\'e9
tiens penseurs du social, Maritain, Mounier, Fessard, Teilhard de Chardin, de Lubac, 1920-1940, }{\fs28 coll. \'ab\~Histoire de la morale\~\'bb, Les \'e9ditions du Cerf, Paris, 2002, 208 p.
\par 
\par \'ab\~Je donnerai\'85 une importance particuli\'e8re \'e0 ce qui est r\'e9flexion expresse sur le }{\b\i\fs28 lien}{\fs28  }{\b\fs28 des positions sociales ou politiques avec la foi\~}{\fs28 \'bb (p. 8)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Une d\'e9marche dans l\rquote impasse\'85
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~L\rquote Action fran\'e7aise a eu une profonde influence dans les milieux catholiques, dans le prolongement du l\'e9gitimisme antir\'e9publicain du XIXi\'e8me si\'e8cle. }{\b\fs28 L\'e0 s\rquote est donc constitu\'e9e une conception tr\'e8
s typique des relations entre politique et foi,}{\fs28  \'e0 la fois en raison de l\rquote admiration que Maurras, bien qu\rquote agnostique, vouait \'e0 l\rquote Eglise catholique comme force d\rquote ordre et de tradition, et en raison de la phi
losophie, \'e9galement d\rquote ordre et d\rquote organisation des essences, qui dominait chez nombre de catholiques dans l\rquote \'e9poque antimoderniste. Ils firent du maurrassisme leur philosophie politique\~\'bb. (p. 11)
\par 
\par Une philosophie politique \'ab\~naturelle\~\'bb\'85
\par 
\par \'ab\~Une soci\'e9t\'e9 est le r\'e9sultat d\rquote un ordre }{\b\fs28 \'ab\~naturel\~\'bb }{\fs28 (positivisme) et non le r\'e9sultat de la volont\'e9 des hommes (d\rquote ordre contractuel dans l\rquote esprit de 1789). \'ab\~Vers la fin du si\'e8
cle surgit en tous cas Maurras, avec une pens\'e9e  tout \'e0 l\rquote oppos\'e9 de la libert\'e9 et de l\rquote \'e9galit\'e9 r\'e9publicaines, \'e0 l\rquote oppos\'e9 de la vision contractualiste de la soci\'e9t\'e9, \'e0 l\rquote oppos\'e9
 de tout subjectivisme, de tout \'ab\~constructivisme\~\'bb pourrait-on dire encore dans le vocabulaire de d\'e9bats plus r\'e9cents (autour du lib\'e9ralisme et du socialisme). Maurras entend d\rquote a
bord que la vraie et bonne politique est une politique \'ab\~naturelle\~\'bb\'85\~\'bb. (p. 13)
\par \'ab\~Le raisonnement de Maurras consiste, constamment, \'e0 faire valoir les diff\'e9rences et in\'e9galit\'e9s naturelles qu\rquote il est imprudent et t\'e9m\'e9raire de vouloir d\'e9passer dans un esprit d\rquote \'e9galit\'e9 d\'e9mocratique. \'ab\~L
\rquote erreur, dit-il, est de parler de justice, qui est vertu ou discipline des volont\'e9s, \'e0 propos de ces arrangements qui sont sup\'e9rieurs (ou inf\'e9rieurs) \'e0 toute convention volontaire des hommes\~\'bb (}{\i\fs28 Mes id\'e9es politiques}{
\fs28 ). On ne peut, poursuit-il, \'ab\~g\'e9rer l\rquote int\'e9r\'eat public qu\rquote \'e0 la condition d\rquote utiliser avec une passion lucide les ressorts vari\'e9s de la nature sociale, tels qu\rquote ils sont, tels qu\rquote ils jouent, tels qu
\rquote ils rendent service. L\rquote Etat doit se garder de pr\'e9tendre \'e0 la t\'e2che impossible des les r\'e9viser et de les changer\~; c\rquote est un mauvais pr\'e9texte que la \'ab\~justice sociale\~\'bb, qui est le petit nom de l\rquote \'e9
galit\'e9 \endash  \'e9galit\'e9 n\'e9faste\'85\~\'bb.\'bb (p.15)
\par C\rquote est une \'ab\~attitude d\rquote esprit\~\'bb. \'ab\~Qui l\rquote a adopt\'e9e ne peut certainement que penser la politique comme tout a fait ind\'e9pendante et de la morale et de la religion\~\'bb. (p. 16)
\par 
\par Refus\'e9e par l\rquote Eglise
\par 
\par }{\b\fs28 La philosophie politique de l\rquote Action fran\'e7aise est \'ab\~condamn\'e9e\~\'bb (refus\'e9e) par Pie XI (29 d\'e9cembre 1926)}{\fs28 . \'abLes vues de Maurras excluaient en effet nettement que la d\'e9marche politique puisse \'ea
tre en quelques sens int\'e9rieure \'e0 la foi ou proche de la foi.\~\'bb (p. 23-24). \'ab\~Il faut avoir bien conscience, pour conclure sur ce point, que l\rquote histoire r\'e9cente de la relation de la politique et de la foi commence par cette extr\'ea
me s\'e9paration et scission\~\'bb (p. 26). Les r\'e9actions de nombreux catholiques furent vives. Finalement beaucoup suivant l\rquote exemple de Maritain se soumirent et en 1939 Pie XII put lever l\rquote interdit de lecture du journal de l\rquote 
Action fran\'e7aise. \'ab\~}{\b\fs28 Entre la foi et la vie chr\'e9tienne et la politique Maritain r\'e9tablit la relation.}{\fs28  Le subjectif retrouvera aussi du coup ses droits\~: Maritain accueillera la d\'e9mocratie, face \'e0 l\rquote 
objectivisme royaliste\~\'bb. (p. 29)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Philosophie politique de Maritain
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'abLoin d\rquote \'eatre dispens\'e9 des obligations auxquelles tout homme est tenu dans l\rquote ordre social et politique, }{\b\fs28 le chr\'e9tien sait qu\rquote \'e0 ces obligations il doit satisfaire en chr\'e9tien,}{\fs28 
 en portant jusque dans ce monde de la violence et de la contradiction le t\'e9moignage de l\rquote esprit dont il est. Le philosophe chr\'e9tien sait qu\rquote il lui faut \'e9laborer, sous le ciel des principes supr\'eames dont l\rquote Eglise a le d
\'e9p\'f4t, mais \'e0 ses risques et p\'e9rils et sur la terre de l\rquote histoire humaine et profane, une philosophie politique et sociale assez r\'e9aliste pour \'ab\~prendre\~\'bb sur le vivant travail historique qui se fait sous nos yeux, et tout 
\'e0 la fois assez libre pour affirmer le primat politique de ce que le monde actuel ne cesse de tourner en d\'e9rision}{\b\fs28 , je veux dire de la dignit\'e9 de la personne humaine, du bien commun de la multitude assembl\'e9
e, des valeurs morales et spirituelles\~\'bb}{\fs28  (Maritain, \'8cuvres, p. 952). (p. 38)
\par 
\par 
\par Distinction et non s\'e9paration
\par 
\par }\pard \qj \fi-180\li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 {\fs28 \'abJamais, m\'eame dans }{\b\i\fs28 Humanisme int\'e9gral}{\fs28 , Maritain ne renonce \'e0 la distinction des domaines spirituels et temporel. Il y re
vient m\'eame explicitement dans une annexe intitul\'e9e\~: \'ab\~Structures de l\rquote action\~\'bb. C\rquote est l\'e0 qu\rquote on lit les phrases fameuses\~: \'ab\~}{\b\fs28 Sur un premier plan d\rquote activit\'e9
, qui est le plan du spirituel au sens le plus typique du mot}{\fs28 , nous agissons comme membres du corps mystique du Christ. Que ce soit dans l\rquote ordre de la vie liturgique et sacramentelle, du travail des vertus ou de la contemplation, de l
\rquote apostolat ou des \'9cuvres de mis\'e9ricorde, notre activit\'e9 vise comme objet d\'e9terminant la vie \'e9ternelle, Dieu et les choses de Dieu, l\rquote \'9cuvre r\'e9demptrice du Christ \'e0 servir en nous et dans les autres. C\rquote 
est le plan de l\rquote Eglise elle-m\'eame. }{\b\fs28 Sur un second plan d\rquote activit\'e9, qui est le plan du temporel}{\fs28 , nous agissons comme membres de la Cit\'e9 terrestre et comme engag\'e9 dans les affaires de la vie terrestre de l\rquote 
humanit\'e9. Qu\rquote elle soit d\rquote ordre intellectuel ou moral, scientifique et artistique ou social et politique, notre activit\'e9, tout en \'e9tant, si elle est droite, rapport\'e9e \'e0 Dieu comme fin derni\'e8re, vise de soi comme objet d\'e9
terminant, des biens qui ne sont pas la vie \'e9ternelle, mais qui concernent d\rquote une fa\'e7on g\'e9n\'e9rale les choses du temps, l\rquote \'9cuvre de la civilisation ou de la culture. C\rquote est le plan du monde.\~\'bb \'ab\~Ces deux plans d
\rquote activit\'e9 sont nettement distincts\~\'bb, insiste Maritain. Cependant, \'ab\~ils ne sont pas s\'e9par\'e9s\~\'bb, explique-t-il aussi. M\'eame quand il parle de distinction, il est amen\'e9 \'e0 \'e9crire\~: }{\b\fs28 \'ab\~Il est clair que l
\rquote ordre de la R\'e9demption, ou du spirituel, ou des choses qui sont \'e0 Dieu, doit vivifier jusqu\rquote en ses plus intimes profondeurs l\rquote ordre de la civilisation terrestre, ou du temporel, ou des choses qui sont \'e0 C\'e9sar.\~\'bb}{
\fs28  (p. 44)
\par }\pard \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 {\fs28 
\par Emmanuel MOUNIER, personnalisme
\par 
\par }{\b\fs28 Emmanuel MOUNIER d\'e9veloppe la m\'eame id\'e9e que Maritain\~: \'ab\~distinction et non s\'e9paration\~\'bb mais il le dit autrement}{\fs28 . \'abMounier d\'e9finissait les chr\'e9tiens de son esp\'e8ce par un double exclusion\~: \'ab\~Ils n
\rquote entendent pas compromettre dans les engagements politiques des valeurs qui sont par nature transcendantes au politique. Ils n\rquote entendent pas non plus r\'e9duire d\rquote un c\'9cur l\'e9ger le probl\'e8me du christianisme et de l\rquote 
Eglise dans le monde au seul danger cl\'e9rical et remettre au trente-sixi\'e8me si\'e8cle le souci de confronter le christianisme et la r\'e9volution.\'bb }{\i\fs28 (Feu la chr\'e9tient\'e9)}{\fs28 . Il faut bien \endash 
 il faudra bien - , pensait-il, prendre parti, \'e0 partir du christianisme, dans les nouveaux probl\'e8mes qui se posent, au sein d\rquote une situation r\'e9volutionnaire qui se dessine\~: c\rquote est l\'e0 le sens de la seconde phrase. Ni l\rquote 
une ni l\rquote autre des deux phrases n\rquote est contraire \'e0 ce que nous avons lu chez Maritain. L\rquote accent est n\'e9anmoins plac\'e9 autrement\~.\~\'bb (P.57-58)
\par 
\par \'ab\~Feu la chr\'e9tient\'e9\~\'bb
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Une chr\'e9tient\'e9, \'abla chr\'e9tient\'e9 occidentale, f\'e9odale et bourgeoise\'bb, est morte}{\fs28 . D\rquote o\'f9 le titre de son livre }{\b\i\fs28 Feu la chr\'e9tient\'e9\~}{\fs28 . Il n\rquote en excluait pas une autre, disant m
\'eame\~: \'ab\~Une chr\'e9tient\'e9 nouvelle na\'eetra demain, ou apr\'e8s-demain, de nouvelles couches sociales et de nouvelles greffes extra-europ\'e9ennes\~\'bb. Il mettait seulement en garde\~: \'ab\~Encore faut-il que nous ne l\rquote \'e9
touffions pas avec le cadavre de l\rquote autre.\~\'bb
\par \'ab\~Cela est en v\'e9rit\'e9 encore proche du point de vue de Maritain. Deux ans plus tard cependant, dans un texte d\rquote avril 1949, Mounier en vient \'e0 dire qu\rquote il faut plut\'f4t renoncer \'e0 }{\b\i\fs28 toute}{\fs28  id\'e9e de chr\'e9
tient\'e9. L\rquote id\'e9e de chr\'e9tient\'e9 n\rquote est pas normative pour les chr\'e9tiens. Elle n\rquote a d\rquote ailleurs pas occup\'e9 beaucoup de moments dans l\rquote histoire. \'ab\~Hors de quelques moments et peut-\'ea
tre de quelques lieux privil\'e9gi\'e9s, le }{\b\i\fs28 dualisme}{\fs28  de la cit\'e9 chr\'e9tienne et de la civilisation profane est la condition la plus commune du christianisme dans le monde.\~\'bb (p.61)
\par 
\par Agir sur le monde
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Le mode d\rquote agir indirect est en d\'e9finitive inh\'e9rent au christianisme}{\fs28 \~: \'abCes d\'e9tours, ruses, ambivalences, n\'e9gations, paradoxes qui figurent l\rquote influence des id\'e9es chr\'e9
tiennes au plan des civilisations sont les signes auxquels le philosophe reconna\'eet une r\'e9alit\'e9 qui cherche \'e0 s\rquote exprimer sur le plan d\rquote une autre r\'e9alit\'e9 qu\rquote elle transcende.\~\'bb }{\i\fs28 (Feu la chr\'e9tient\'e9).}{
\fs28 
\par }\pard\plain \s15\qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\b En raison de cette transcendance, \'ab\~l\rquote Eglise n\rquote est pas charg\'e9e de l\rquote 
ordre dans la cit\'e9, ni de la bonne r\'e9partition des biens, ni du plus grand bonheur du plus grand nombre, elle est une communaut\'e9 de vie dans le Christ.\~\'bb}{ (Ibid) Assur\'e9ment, cette mission \'ab\~qui n\rquote est pas de ce monde\~\'bb, \'ab
\~elle l\rquote accomplit dans le monde\~\'bb, et \'ab\~il n\rquote y a pas \'e0  proprement parler deux histoires \'e9trang\'e8res l\rquote une \'e0 l\rquote autre, l\rquote histoire sacr\'e9e et l\rquote histoire profane, il n\rquote y a qu\rquote 
une seule histoire, celle de l\rquote humanit\'e9 en marche vers le royaume de Dieu.\~\'bb (Ibid) Au total, cependant, s\rquote il faut r\'e9cuser \'ab\~la s\'e9paration de ces deux mondes\~\'bb, il faut bien marquer \'ab\~leur distinction\~\'bb. \'ab\~
La totalit\'e9 de l\rquote histoire en chacun de ses moments ne rev\'eat sa signification pour le chr\'e9tien que dans un surnaturalisme historique, qui classe tout \'e9v\'e9nement en regard du salut collectif et de l\rquote ach\'e8vement du R\'e8gne.\~
\'bb (Ibid) (p. 65)
\par 
\par \'ab\~Promouvoir la personne\~\'bb
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par }{\b\fs28 \'ab\~Concernant la communaut\'e9 politique, Mounier \'e9crit\~: \'ab\~Le probl\'e8me crucial pour le personnalisme est celui de la l\'e9gitimit\'e9 du pouvoir exerc\'e9 par l\rquote homme sur l\rquote 
homme qui semble contradictoire avec le rapport interpersonnel.\~\'bb}{\fs28  \'abAnarchisme comme lib\'e9ralisme oublient que, les personnes plongeant dans la nature, on ne peut contraindre les choses sans contraindre les hommes.\~\'bb \'ab\~
Cependant, ajoute Mounier, si cette contrainte rend le pouvoir in\'e9vitable, elle ne le fonde pas. Il ne peut \'eatre fond\'e9 que sur le destin final de la personne, il doit la respecter et la promouvoir.\~\'bb
 Mounier fonde donc toute politique sur le personnalisme\~: \'ab\~Si la personne peut \'eatre subordonn\'e9e, il lui convient de ne l\rquote \'eatre qu\rquote en gardant sa souverainet\'e9 de sujet, r\'e9duite au maximum l\rquote in\'e9vitable ali\'e9
nation que lui impose la condition de gouvern\'e9.\~\'bb \'ab\~C\rquote est, dit-il, le probl\'e8me de la d\'e9mocratie.\~\'bb }{\i\fs28 (Le Personnalisme).}{\fs28  (p.71)
\par 
\par et la \'ab\~communaut\'e9\~\'bb
\par 
\par \'ab\~C\rquote est, en g\'e9n\'e9ral, }{\b\fs28 contre la \'ab\~dislocation de la communaut\'e9\~\'bb}{\fs28  du fait d\rquote un individualisme entr\'e9 en d\'e9cadence, que se dressent le personnalisme et }{\b\i\fs28 
Le Manifeste au service du personnalisme}{\fs28 \~: \'ab\~En dissociant int\'e9rieurement l\rquote homme de ses attaches spirituelles et de ses nourritures mat\'e9rielles, l\rquote individualisme lib\'e9ral a disloqu\'e9 par contrecoup les communaut\'e9
s naturelles.\~\'bb }{\b\i\fs28 (Ecrits sur le personnalisme)}{\fs28 . Mais ce n\rquote est assur\'e9ment pas n\rquote importe quelle communaut\'e9\'85\~\'bb
\par \'ab\~La Personne pour laquelle nous revendiquons est, dit-il, autre choses qu\rquote un individu mieux inform\'e9.\~\'bb Puis\~: \'ab\~}{\b\fs28 Une personne est un \'eatre spirituel constitu\'e9 comme tel par une mani\'e8re de subsistance et d\rquote 
ind\'e9pendance dans son \'eatre\~;}{\fs28  elle entretient cette subsistance par son adh\'e9sion \'e0 une hi\'e9rarchie de valeurs librement adopt\'e9es, assimil\'e9es et v\'e9cues par un engagement responsable et une constante conversion\~
; elle unifie ainsi toute son activit\'e9 dans la libert\'e9 et d\'e9veloppe par surcro\'eet, \'e0 coups d\rquote actes cr\'e9ateurs, la singularit\'e9 de sa vocation.\~\'bb\'85 \'ab\~Bien autre chose que simple individu, r\'e9alit\'e9 ponctuelle et imm
\'e9diate, \'ab\~la personne est la protestation du myst\'e8re\~\'bb. \'ab\~Effort de transcendement personnel\~\'bb, \'ab\~la qualit\'e9 m\'eame de l\rquote homme\~\'bb. Et voici en quelle direction la dimension de communaut\'e9 appara\'eet \'e0 l
\rquote int\'e9rieur m\'eame peut-on dire de la dimension de personne\~: la personne est \'ab\~accueil et don\~\'bb. \'ab\~Nous trouvons donc, dit Mounier, (dans ce langage paradoxal, non usuel), la communion ins\'e9r\'e9e au c\'9cur m\'ea
me de la personne, int\'e9grante de son existence m\'eame.\~\'bb (Ibid). }{\b\fs28 La communaut\'e9 \'e0 laquelle il tient n\rquote est assur\'e9ment pas le \'ab\~collectif\~\'bb\'85.}{\fs28 \~\'bb (p.76)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Gaston FESSARD, dialectique
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Son originalit\'e9 est d\rquote avoir introduit l\rquote id\'e9e de dialectique, plut\'f4t d\rquote ailleurs la dialectique elle-m\'eame}{\fs28 , dans une pens\'e9e qui se d\'e9veloppait habituellement plut\'f4
t sous un mode principiel et d\'e9ductif. Le personnalisme communautaire contenait un germe de dialectique, puisque c\rquote est par la }{\b\i\fs28\ul re}{\fs28\ul lation}{\fs28  qu\rquote on voyait s\rquote \'e9difier la personne, mais cela n\rquote 
avait pas \'e9t\'e9 d\'e9velopp\'e9 syst\'e9matiquement, par un Mounier par exemple. La dimension dialectique est bien autrement pr\'e9sente \'e0 la pens\'e9e de Fessard\'85\~\'bb (p.83)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {La dialectique
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~On voit d\rquote abord Fessard, dans Pax nostra (1936) par exemple, se m\'e9fier de toute position fig\'e9e. }{\b\fs28 Il faut garder un \'9cil ouvert pour le contraire de toute position, voire son oppos\'e9}{\fs28 . Et une synth\'e8se est \'e0
 trouver \'e0 un niveau o\'f9 l\rquote une et l\rquote autre positions se meuvent l\rquote une dans l\rquote autre ou l\rquote une vers l\rquote autre. C\rquote est  l\rquote une des premi\'e8res acceptions de la dialectique chez lui.
\par }\pard\plain \s15\qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Prenons ensuite l\rquote exemple de la \'ab\~personne\~\'bb\~: \'e0 son sujet ce n\rquote est plus 
seulement une opinion qui doit passer dans une autre ou est susceptible, par obstination, de se trahir elle-m\'eame, c\rquote est la r\'e9alit\'e9 qui se transmue en autre r\'e9alit\'e9. }{\b La personne, explique Fessard, est d\rquote abord l\rquote \'ea
tre personnel, qui ne ressemble \'e0 aucun autre, il est unique entre tous}{. Par l\'e0 \'ab\~on souligne les particularit\'e9s individuelles qui permettent de jouer un r\'f4le\~\'bb (Pax nostra). }{\b Mais, d\rquote autre part, s\rquote il y a r\'f4le pr
\'e9cis\'e9ment, \'ab\~\'eatre personne c\rquote est aussi \'eatre \'e9gal \'e0 tout autre, poss\'e9der la pr\'e9rogative commune \'e0 tous, et par l\'e0 on met l\rquote accent sur l\rquote \'e9l\'e9ment essentiel qui constitue un sujet de droit\~\'bb
 (Pax nostra). Le droit est fondamentalement relationnel\~\'bb}{. (p. 84)
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par 
\par 
\par Lier individuel et universel
\par 
\par \'ab\~Le Christ, comme le dit saint Paul, }{\b\fs28 r\'e9concilie}{\fs28  le juif et le pa\'efen en chacun de nous. \'ab\~Gr\'e2ce au Christ, l\rquote individu conna\'eet une }{\b\i\fs28 exaltation}{\fs28  jusqu\rquote alors inconnue, puisqu\rquote 
il entre directement en rapport avec la divinit\'e9. Et en m\'eame temps, dans le Christ et par lui, il re\'e7oit un esprit de feu dont le souffle }{\b\i\fs28 fait fondre}{\fs28  toutes distinctions de races, de langues, d\rquote Etats [\'85]\'85 L
\rquote individualit\'e9 et l\rquote universalit\'e9 sont concili\'e9es dans la fraternit\'e9, qui fait passer l\rquote individualit\'e9 \endash  l\rquote aspect personnel si l\rquote on veut \endash  dans l\rquote universalit\'e9, et r\'e9ciproquement.

\par Arm\'e9 de cette vue fondamentale \endash  d\rquote origine th\'e9ologique mais rejoignant les philosophies -, Fessard situe constamment la r\'e9alit\'e9 sociale \'e0 la jointure du particulier \endash  voire du naturel -, la nation est de ce c\'f4t\'e9
, et de l\rquote universel, mais d\rquote abord abstrait, ne rejoignant pas d\rquote embl\'e9e la particularit\'e9\~: c\rquote est l\rquote humanit\'e9, le monde. }{\b\fs28 C\rquote est l\rquote effectuation d\rquote une synth\'e8
se de ces deux aspects qui produit de la soci\'e9t\'e9, et simultan\'e9ment de la personnalit\'e9.\~\'bb}{\fs28  (p.85)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {En communion
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~Et voici comment se rapprochent bien de la communaut\'e9 et communaut\'e9 du bien dans la communion du bien\~: }{\b\fs28 \'abBien de la communaut\'e9 et Communaut\'e9 du bien sont les deux aspects fondamentaux du Bien commun, le premier pr\'e9
sentant sa particularit\'e9 n\'e9cessaire, le second son essentielle ouverture sur l\rquote infini.}{\fs28  Mais poursuivis chacun \'e0 l\rquote exclusion de l\rquote autre, ils se pervertissent et d\'e9truisent le lien social, l\rquote un faute d\rquote 
universalit\'e9, l\rquote autre de d\'e9termination concr\'e8te. Pour que le Bien commun soit recherch\'e9 et atteint dans sa v\'e9rit\'e9 et sa r\'e9alit\'e9, il faut au contraire que ces deux aspects soient mis en relation r\'e9ciproque et deviennent l
\rquote un pour l\rquote autre moyen et fin. La communaut\'e9 particuli\'e8re doit inclure dans son \'ab\~int\'e9r\'eat g\'e9n\'e9ral\~\'bb comme le plus g\'e9n\'e9ral de tous, le respect des droits de l\rquote homme et la r\'e9alisation de cett
e Communaut\'e9 du bien qui peut se communiquer identiquement \'e0 tous\~: celle-ci deviendra du coup le moyen par lequel s\rquote universalise le Bien de la communaut\'e9 particuli\'e8re. Et d\rquote 
autre part chacun doit user de ses droits universels pour assurer d\rquote abord le Bien de sa communaut\'e9 particuli\'e8re\~: celle-ci par l\'e0 m\'eame servira de moyen qui r\'e9alise et d\'e9termine la Communaut\'e9 du bien [\'85]. Cette r\'e9ciprocit
\'e9 d\rquote action est [\'85] l\rquote \'e2me, le n\'9cud vital, le lien substantiel du Bien commun. Aussi, pour \'eatre distingu\'e9e des deux aspects oppos\'e9s qu\rquote elle unit, m\'e9rite-t-elle d\rquote \'eatre appel\'e9e }{\b\i\fs28 
Bien de la communion}{\fs28 .\~\'bb (p. 95)
\par 
\par Lier personne, soci\'e9t\'e9 et transcendance
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Le meilleur de l\rquote \'9cuvre du P\'e8re Gaston Fessard me semble consister dans sa consid\'e9ration de la dialectique de la personne et de la soci\'e9t\'e9, du particulier et de l\rquote 
universel, de la nation et de la paix mondiale, et de sa r\'e9solution par la dynamique de la communion, de la reconnaissance en acte \endash  non sans renvoi au Transcendant sans lequel il n\rquote est pas d\rquote \'e9mergence, ou de vraie dialectique.}
{\fs28  L\'e0 il conforte d\rquote une puissante sp\'e9culation les vues fondamentales du christianisme, celles de la doctrine sociale de l\rquote Eglise, sur la personne et la soci\'e9t\'e9, renvoyant sans cesse l\rquote une \'e0 l\rquote autre de fa\'e7
on indissoluble. Ce ne sont assur\'e9ment pas tellement les aspects particuliers d\rquote une pens\'e9e sociale chr\'e9tienne qui sont abord\'e9s chez Fessard, c\rquote est le }{\b\i\fs28 fond}{\fs28  du probl\'e8
me, plus nettement que chez Maritain ou Mounier dont ont parl\'e9 nos chapitres pr\'e9c\'e9dents.\~\'bb (p.103)
\par 
\par Pierre Teilhard de Chardin
\par 
\par La tentation d\rquote isolement
\par 
\par \'ab\~Les vues de Teilhard sur la soci\'e9t\'e9 ne sont pas\'85 un simple appendice par rapport \'e0 sa pens\'e9e sur l\rquote \'e9volution, sur l\rquote homme, ou sur Dieu, sur le ph\'e9nom\'e8ne chr\'e9tien. Elles sont au contraire au c\'9c
ur de cette vision. On le d\'e9couvre tr\'e8s particuli\'e8rement dans }{\b\i\fs28 Le Ph\'e9nom\'e8ne humain}{\fs28 , cet ouvrage cl\'e9, \'e9crit de 1938 \'e0 1940, remani\'e9 et compl\'e9t\'e9 en 1947-1948. }{\b\fs28 Dans cette grande synth\'e8
se, en effet, Teilhard fait d\rquote abord voir la \'ab\~pr\'e9vie\~\'bb, puis la vie, puis \'ab\~la naissance de la pens\'e9e\~\'bb, \'ab\~le pas de la r\'e9flexion\~\'bb.}{\fs28  O\'f9 va le monde, dit-il alors, ainsi arriv\'e9 \'e0 l\rquote homme\~? 
\'ab\~Apr\'e8s s\rquote \'eatre m\'fb jusqu\rquote \'e0 l\rquote homme, le monde ne s\rquote est-il pas arr\'eat\'e9\~?\~\'bb La section suivante \'ab\~La survie\~\'bb - il faut entendre la sur-vie \endash  commence par un d\'e9veloppement intitul\'e9 
\'ab\~L\rquote issue d\'e9finitive\~\'bb. C\rquote est le d\'e9but de la r\'e9ponse. A ce point, dit en premier lieu Teilhard, il y des risques de repli, d\rquote isolement. Isolement de la pens\'e9e sur la pens\'e9e. \'ab\~Se faire plus seul pour \'ea
tre davantage\~\'bb. (p. 108) Exemple\~: le racisme.
\par 
\par 
\par 
\par 
\par \'ab\~Confluence\'85\~\'bb
\par 
\par \'ab\~Il n\rquote y a pourtant rien \'e0 attendre, dit Teilhard, de ces voies d\rquote isolement. Elles n\'e9gligent un ph\'e9nom\'e8ne essentiel, une loi d\'e9j\'e0 apparue, \'ab\~la }{\b\i\fs28 confluence}{\fs28  naturelle des grains de pens\'e9e\~\'bb
. La pens\'e9e ne va pas de l\rquote avant par isolement. Tout d\'e9j\'e0 dans l\rquote \'e9volution a \'e9t\'e9 coalescence \endash  influencement mutuel \'e0 partir du dedans de chaque \'e9l\'e9ment, interp\'e9n\'e9tration. \'ab\~Cette interp\'e9n\'e9
tration psychique grandit, et elle devient directement perceptible entre \'eatres organis\'e9s. Dans l\rquote homme, finalement, chez qui les effets de conscience atteignent dans la Nature leur actuel maximum, elle est partout extr\'ea
me, partout lisible dans le Ph\'e9nom\'e8ne social, et par nous du reste directement sentie.\~\'bb }{\i\fs28 (Ph\'e9nom\'e8ne humain) }{\fs28 
\par M\'eame dans l\rquote homme certes, l\rquote interp\'e9n\'e9tration op\'e8re \'ab\~sous certaines conditions de rapprochement spatial\~\'bb. Sur la terre ronde il y a d\rquote abord eu \'ab\~expansion de vagues humaines sur la superficie du globe\~\'bb. 
\'ab\~Puis, \'e0 partir du N\'e9olithique\'85 ces vagues ont commenc\'e9 \'e0 refluer sur elles-m\'eames. Tout l\rquote espace libre \'e9tant occup\'e9, il a bien fallu aux occupants se serrer davantage. Et c\rquote est ainsi que d\rquote \'e9tape en \'e9
tape, sous le simple effet multipliant des g\'e9n\'e9rations, nous en sommes arriv\'e9s \'e0 la solution pr\'e9sente, se constituer ensemble une masse presque solide de substance hominis\'e9e.\~\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom\'e8ne humain)}{\fs28 
. (p.109-110)
\par 
\par \'ab\~Confluence des hommes\'85\~\'bb
\par 
\par \'ab\~Zoologiquement consid\'e9r\'e9e, l\rquote Humanit\'e9 nous pr\'e9sente le spectacle unique d\rquote une \'ab\~esp\'e8ce\~\'bb capable de r\'e9aliser ce \'e0 quoi avait \'e9chou\'e9 toute autre esp\'e8ce avant elle\~: non pas simplement \'ea
tre cosmopolite \endash  mais couvrir, sans se rompre, la terre d\rquote une seule membrane organis\'e9e.\~\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom\'e8ne humain)
\par }{\fs28 \'ab\~Teilhard donne ensuite de ce fait cette explication qui le conduit }{\b\fs28 jusqu\rquote \'e0 l\rquote id\'e9e d\rquote une tr\'e8s particuli\'e8re \'ab\~confluence\~\'bb des hommes}{\fs28  \endash  pas par simple agglom\'e9
ration fonctionnelle comme chez certains animaux\~:\~ \'ab\~A la base de l\rquote \'e9v\'e9nement, ici encore, les limites \'e9troites de la Terre, sur laquelle se recourbent et se rapprochent, de par leur pouss\'e9e m\'eame, comme les tiges serr\'e9es d
\rquote un lierre, les rameaux vivants. Mais ce contact ext\'e9rieur avait \'e9t\'e9, et il serait demeur\'e9 toujours insuffisant pour aller jusqu\rquote \'e0 une conjonction, sans le nouveau liant conf\'e9r\'e9 au Biote humain par la naissance de la R
\'e9flexion. Jusqu\rquote \'e0 l\rquote homme, le plus qu\rquote avait pu r\'e9aliser la vie, en mati\'e8re d\rquote association, avait \'e9t\'e9 de rassembler socialement sur elles-m\'eames, une par une, les extr\'e9mit\'e9s les plus fines d\rquote un m
\'eame phylum. Groupements essentiellement m\'e9caniques et familiaux r\'e9alis\'e9s sur un geste purement \'ab\~fonctionnel\~\'bb de construction, de d\'e9fense, ou de propagation. La colonie, la Ruche, la fourmili\'e8re. Tous organismes \'e0
 pouvoir de rapprochement limit\'e9 aux produits d\rquote une seule m\'e8re. }{\b\fs28 A partir de l\rquote Homme, gr\'e2ce au cadre ou support }{\b\i\fs28 universels }{\b\fs28 fournis par la Pens\'e9e, libre essor est donn\'e9 aux forces de confluence. }
{\fs28 Au sein de ce nouveau milieu, les rameaux eux-m\'eames d\rquote un m\'eame groupe arrivent \'e0 se rejoindre. Ou plut\'f4t ils se soudent entre eux avant m\'eame d\rquote avoir achev\'e9 de se s\'e9parer. De la sorte, au cours de la phylog\'e9n\'e8
se humaine, la diff\'e9renciation des groupes se trouve conserv\'e9e jusqu\rquote \'e0 un certain point \endash  c\rquote est-\'e0-dire dans la mesure o\'f9, en cr\'e9ant par t\'e2tonnement des types nouveaux, elle est une condition biologique de d\'e9
couverte et d\rquote enrichissement. Mais ensuite, ou en m\'eame temps, comme il arrive sur une sph\'e8re o\'f9 les m\'e9ridiens ne jaillissent en s\rquote \'e9cartant d\rquote un p\'f4le que pour se rejoindre au p\'f4le oppos\'e9
, cette divergence fait place et se subordonne \'e0 un }{\b\fs28 mouvement de convergence, o\'f9 races, peuples et nations se consolident et s\rquote ach\'e8vent par mutuelle f\'e9condation}{\fs28 .\~\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom\'e8ne humain)}{\fs28 
. (p. 111-112)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri682\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Socialisation / Personnalisation
\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par D\'e9non\'e7ant la d\'e9viation de l\rquote impersonnel d\'fb \'e0 l\rquote utilisation abusive de l\rquote Analyse \'85 et \'e0 la d\'e9couverte d\rquote une immensit\'e9 sid\'e9rale qui \'e9loignerait d\rquote un Centre\'85 Teilhard dit\~: }{\b\fs28 
\'ab\~si l\rquote on essaie de pousser jusqu\rquote au bout, comme je le tente dans cet essai, la logique et la coh\'e9rence des faits\~\'bb, c\rquote est \'e0 la perspective exactement contraire, \'e0 une perspective personnalisante que l\rquote 
on aboutit n\'e9cessairement.}{\fs28  \'ab\~L\rquote \'e9volution, avons-nous reconnu et admis, est une mont\'e9e vers la Conscience. Ceci m\'eame n\rquote est plus contest\'e9 par les plus mat\'e9
rialistes, ou du moins par les plus agnostiques des humanitaires. Elle doit donc culminer en avant dans quelque Conscience supr\'eame\'85\~\'bb. \'ab\~Loin de s\rquote exclure, ajoute Teilhard, Universel et Personnel (c\rquote est-\'e0-dire \'ab\~Centre\~
\'bb) croissent dans le m\'eame sens et culminent l\rquote un dans l\rquote autre en m\'eame temps. Erreur, donc, de chercher du c\'f4t\'e9 de l\rquote Impersonnel les prolongements de notre \'eatre et de la Noosph\'e8re. \'ab\~Universel-Futur\~\'bb
 ne saurait \'eatre que de l\rquote hyper-personnel \endash  dans le point Om\'e9ga.\~\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom\'e8ne humain)}{\fs28 . (p. 118-119).
\par 
\par 
\par 
\par 
\par 
\par Amour et convergence
\par 
\par \'ab\~Puis, Teilhard va encore faire un pas\~: si cette perspective de socialisation personnalisante est vraie, }{\b\fs28 c\rquote est que la synth\'e8ses des \'ab\~centres\~\'bb ou des personnes ne s\rquote effectue pas autrement que par l\rquote amour 
\endash  qui va de centre \'e0 centre}{\fs28 . \'ab\~Pour que, sous l\rquote influence cr\'e9atrice de l\rquote Union, les particules humaines se personnalisent vraiment, il suit de l\rquote analyse qui pr\'e9c\'e8de qu\rquote 
elles ne doivent pas se rejoindre n\rquote importe comment. Puisque, en effet, il s\rquote agit d\rquote op\'e9rer une synth\'e8se des centres, c\rquote est de centre \'e0 centre qu\rquote 
elles doivent entrer en contact mutuel, et pas autrement. Parmi les diverses formes d\rquote interactivit\'e9s psychiques animant la Noosph\'e8re, ce donc les \'e9nergies de nature \'ab\~intercentrique\~\'bb qu\rquote il nous faut reconna\'ee
tre, capter et d\'e9velopper avant toute autre si nous voulons concourir efficacement aux progr\'e8s en nous de l\rquote Evolution. }{\b\fs28 Et nous voici par le fait m\'eame ramen\'e9s au probl\'e8me d\rquote aimer.}{\fs28 \~\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom
\'e8ne humain)}{\fs28 . Nous avons d\'e9j\'e0 aper\'e7u un trait semblable chez Gaston Fessard. Aimer, se fondre sans se fondre.\~\'bb (p.122)
\par 
\par Aimant / tous les Aimants
\par 
\par \'ab\~En tant que tel, le Collectif est essentiellement in-aimable. Et voil\'e0 o\'f9 \'e9chouent les philanthropies. Le bon sens a raison. Il est impossible de se donner au Nombre Anonyme. Que l\rquote 
Univers, par contre, prenne en avant, pour nous, un visage et un c\'9cur, qu\rquote il se personnifie, si l\rquote on peut dire\'85.
\par \'ab\~}{\b\fs28 Or, on peut y croire, dit Teilhard, \'e0 cette existence d\rquote un totalement Aimant et Aimable soutenant tous les Aimants}{\fs28 . \'ab\~L\rquote id\'e9e qu\rquote il se pr\'e9parerait, au sommet du monde, quelque }{\b\i\fs28 \'e2
me des \'e2mes}{\fs28 , n\rquote est pas si \'e9trang\'e8re qu\rquote on pourrait croire aux vues actuelles de la raison humaine.\~\'bb Et s\rquote il doit exister, c\rquote est qu\rquote il a toujours exist\'e9\~: \'ab\~
Comment pourrait-il exercer cette action si, aimant et aimable, il ne l\rquote \'e9tait en quelque fa\'e7on d\'e8s maintenant\~?\'bb }{\i\fs28 (Le Ph\'e9nom\'e8ne humain)}{\fs28 
\par }\pard\plain \s15\qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\'ab\~Nous voici, il est vrai, d\'e9bordant les vues de Teilhard sur la seule soci\'e9t\'e9
, mais faisant voir que sa conception du social est une conception religieuse du social en m\'eame temps qu\rquote elle est ancr\'e9e dans sa perception de la dynamique du monde, de la vie et de la pens\'e9e.\~\'bb (p. 125-126)
\par 
\par 
\par 
\par 
\par Henri de Lubac
\par 
\par \'abL\rquote originalit\'e9 du penseur social qu\rquote est\'85 de Lubac, dans la pl\'e9iade des Maritain, Mounier, Fessard, Teilhard, }{\b c\rquote est de faire \'e9merger le \'ab\~social\~\'bb de la doctrine chr\'e9tienne m\'eame, de la foi, des \'ab\~
dogmes\~\'bb chr\'e9tiens}{. Plus encore\~: de faire reconna\'eetre l\rquote homme comme social \'e0 partir de sa dimension religieuse comme telle. Et cette reconnaissance de l\rquote homme comme \'ab\~social\~\'bb se dresse en opposition \'e0 l\rquote 
affirmation individualiste. Il s\rquote agit donc d\rquote un traitement tr\'e8s }{\b\i fondamental}{ de notre probl\'e8me. Le sous-titre de }{\b\i Catholicisme}{ \'e9tait pr\'e9cis\'e9ment }{\b \'ab\~Les aspects sociaux du dogme\~\'bb}{\~\'bb. (p. 138)

\par 
\par Un \'ab\~salut social\~\'bb
\par 
\par \'ab\~Apr\'e8s avoir parl\'e9 des dogmes ou principales v\'e9rit\'e9s chr\'e9tiennes (cr\'e9ation, r\'e9demption), de l\rquote Eglise, des sacrements comme agir de l\rquote Eglise, le P. H. de Lubac ajoute\~:\~\'ab\~}{\b Tout ici-bas, et l\rquote 
Eglise elle-m\'eame, est pour les \'e9lus\~; mais les \'e9lus sont bien moins encore que les chr\'e9tiens sur terre des isol\'e9s\~\'bb}{. \'ab\~La catholicit\'e9 triomphante n\rquote est pas le simple r\'e9sultat, la somme des \'e9lus. Unit\'e9 r\'e9
elle, unit\'e9 transpersonnelle, c\rquote est elle, \'e0 vrai dire, qui voit Dieu, comme c\rquote est elle qui, dans sa mis\'e8re et sa dispersion premi\'e8re, \'e9tait cherch\'e9e par le Sauveur.\~\'bb Rien donc, absolument rien, n\rquote 
est individualiste en tout cela. }{\b \'ab\~Les premi\'e8res g\'e9n\'e9rations chr\'e9tiennes avaient un sentiment tr\'e8s vif de la solidarit\'e9 de tous les individus et des diverses g\'e9n\'e9rations dans la marche vers un m\'eame salut.\~\'bb}{ Un 
\'ab\~salut social\~\'bb\~\'bb }{\i (Catholicisme)}{. (p.141)
\par 
\par Une histoire commune
\par 
\par \'ab\~Seul le christianisme affirme\~; \'e0 la fois, indissolublement, }{\b pour l\rquote homme une destin\'e9e transcendante et pour l\rquote humanit\'e9 une destin\'e9e commune.}{ De cette destin\'e9e l\rquote histoire du monde est la pr\'e9paration.\~
\'bb Il faut que l\rquote homme soit social intrins\'e8quement pour qu\rquote il y ait destin\'e9e ou histoire commune, autrement il y aurait une multitude de destin\'e9es transcendantes, mais rien de commun, pas vraiment d\rquote histoire. L\rquote 
histoire est \'e0 plusieurs.\~\'bb (p. 141-142)
\par 
\par Unit\'e9, alt\'e9rit\'e9\'85
\par 
\par \'ab\~Au chapitre XI, \'ab\~Personne et soci\'e9t\'e9\~\'bb, dans la Troisi\'e8me partie, de Lubac explique qu\rquote il sait bien qu\rquote il peut y avoir abus de l\rquote id\'e9e d\rquote unit\'e9\~; au plan religieux, c\rquote est le p\'e9ril de panth
\'e9isme. A l\rquote oppos\'e9 du fort personnalisme de saint Jean et de saint Paul. }{\b L\rquote unit\'e9 sociale de l\rquote homme n\rquote est pas en contradiction avec la force de la personnalisation en lui. Paradoxalement m\'eame\~, c\rquote 
est tout le contraire qui est vrai\'85}{ Et l\rquote on peut m\'eame parler d\rquote unit\'e9-personne }{\b\i par}{ l\rquote alt\'e9rit\'e9, comme dans nombre de philosophies r\'e9centes. \'ab\~Dieu, qui \'ab\~n\rquote a pont cr\'e9\'e9
 le monde en dehors de lui\~\'bb, n\rquote a pas non plus cr\'e9\'e9 les esprits les uns en dehors des autres. Chacun, tout d\rquote abord, n\rquote a-t-il pas besoin de l\rquote \~\'ab\~autre\~\'bb - d\rquote un autre qu\rquote il imagine, s\rquote 
il le faut, et retrouve en toutes choses \endash  pour s\rquote \'e9veiller \'e0 la vie consciente\~? Cette v\'e9rit\'e9 psychologique est le symbole d\rquote une v\'e9rit\'e9 plus profonde\~: il faut \'eatre }{\b\i regard\'e9}{ pour \'eatre }{\b\i \'e9
clair\'e9}{, et les yeux \'ab\~porteurs de lumi\'e8re\~\'bb ne sont pas ceux de la seule divinit\'e9.\~\'bb }{\i (Catholicisme)}{\'85 (p.144). Th\'e8me qui a \'e9t\'e9 tr\'e8s largement d\'e9velopp\'e9 par les philosophes contemporains. 
\par 
\par et transcendance\'85
\par 
\par \'ab\~}{\b Car une destin\'e9e transcendante, supposant elle-m\'eame l\rquote existence d\rquote un Dieu transcendant, est indispensable \'e0 la r\'e9alisation d\rquote une destin\'e9e vraiment collective, c\rquote est-\'e0-dire \'e0 la constitution concr
\'e8te d\rquote une humanit\'e9. \'85}{\~\'bb \'ab\~Il faut un Lieu o\'f9 l\rquote humanit\'e9, g\'e9n\'e9ration par g\'e9n\'e9ration, soit recueillie\~; il lui faut un Centre o\'f9 elle converge\~; un Eternel qui la totalise\~
; un Absolu qui, au sens le plus fort du mot, au sens pleinement actuel, la fasse exister. Il lui faut un Aimant qui l\rquote attire\'85\~\'bb }{\i (Catholicisme).}{ Plus que jamais en ces formules, on sent Teilhard tr\'e8s proche, m\'eame pr\'e9
sent. Lequel des deux a inspir\'e9 l\rquote autre, peut-on se demander\~? Je suppose que c\rquote est Teilhard qui a eu surtout l\rquote influence, mais rejoignant bien ce que le P\'e8re de Lubac retrouvait dans les P\'e8res de l\rquote Eglise,
 dans le premier christianisme.\~\'bb (p. 146-147)
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\par }\pard\plain \qj \li0\ri682\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin682\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
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