| Reprenant
les exemples du savant et du maître, Gaston Fessard découvre
que la rencontre dans la vérité
du maître et du disciple est le fruit d’un long processus.
« Or, au début et durant tout ce processus, ce
n’est pas sous l’aspect du vrai que le disciple reçoit
l’enseignement du maître. S’il écoute celui-ci,
c’est parce que le savoir lui apparaît tout d’abord
comme un bien… » Ainsi « l’autorité
reste médiatrice entre le savoir désiré, ou
la vérité immédiate possédée
comme un bien, et le vrai dont la valeur s’impose par elle-même… »
Prenant ensuite des exemples dans la vie quotidienne, Gaston Fessard
peut écrire : « Mais c’est dans
la banalité de la vie quotidienne qu’apparaît
avec le plus de clarté le rôle rempli par cette médiation.
Car alors, dans la plupart des cas, - pour ne pas dire en tous –
celui qui recourt à l’autorité
du savant, médecin, avocat, ingénieur, etc., renonce
d’avance et délibérément à prendre
l’attitude du disciple qui cherche à franchir lui-même
l’intervalle enjambé d’un seul coup par le savoir
du maître… Ainsi, renonçant d’une
part à la communication de la vérité sous son
aspect formel, il l’attend de l’autre sous la forme
où elle est utilisable par lui et par tous les ignorants
comme lui, c’est-à-dire comme bien. En un mot,
il demande au savant d’être médiateur entre lui
et la vérité, de la faire descendre pour ainsi dire
à sa portée et de le faire communier avec elle ».
(p.30)
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