| Né jumeau après
la mort de mon père, ayant perdu à quinze jours d’intervalle
mes deux frères pendant la guerre de 1940, je n’ai
jamais pu voir dans la mort une réalité générale,
qui resterait toujours la seule affaire des autres, au sens un peu
lointain du mot. Etant donné les conséquences qu’elle
avait sur les êtres le plus chers qui composaient mon plus
proche entourage, la mort fut toujours à
mes yeux un drame éminemment concret. La Résurrection
de Jésus prit-elle de ce fait, pour moi, un relief spécial ?
Peut-être. Quelles qu’aient été alors
les circonstances qui m’obligèrent à parler
de la Résurrection du Christ en elle-même, notre
résurrection telle qu’elle sera pour nous, m’apparut
toujours un point vital de la foi, point d’autant plus
vital qu’il est moins culturellement honoré. |