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Benoît Vermander (Chine)

Rejoindre la Chine

Je suis arrivé à Taïwan en 1992. Un déplacement culturel pas toujours facile, la découverte d'un visage d'Église très différent de ce que j'avais connu en France. Mais la difficulté même du déplacement m'attirait. Dès le noviciat, j'avais demandé à partir en Extrême-Orient. Comment vivre la foi dans un environnement où l'annonce de l'Évangile n'avait pas été un "événement" comme il l'a été en Europe, quel déplacement vivre, à quelle aventure participer au contact d'autres traditions spirituelles et religieuses? Ces questions m'animaient... et le chemin continue.

Chemin qui, en un temps assez court, a déjà connu bien des étapes. Après un an et demi à Taïwan, j'ai passé six mois au Sichuan (au Sud-Ouest de la Chine), loin de tout contact jésuite, prenant à la fois des cours de peinture et "d'éducation politique"... Je dois dire que les premiers m'ont motivé beaucoup plus que les seconds! J'avais déjà développé une passion pour la calligraphie et la peinture contemporaine, j'ai lié une amitié profonde avec un peintre chinois avec lequel j'ai tenu cinq ou six expositions. Il est venu en France avec moi fin 1995, début 1996. Je n'étais plus le seul à me "déplacer", et c'est encore bien mieux quand le déplacement devient réciproque.

 


Depuis octobre 1996, il a fallu prendre la relève du Père Yves Raguin à la tête de l'Institut Ricci de Taipei et donc accepter la contrainte de longues heures de bureau. J'ai trouvé dans l'Institut Ricci un merveilleux instrument de contact culturel et spirituel. La perspective dans laquelle nous inscrivons notre travail, c'est la construction d'une "culture de paix" en Extrême-Orient. Cela passe d'abord par la réconciliation, y compris la réconciliation intra-ecclésiale entre les catholiques de Chine par exemple. Nos publications, les colloques que nous organisons à Pékin ou à Chengdu, la base de données internet que nous lançons en ce moment, les articles que nous nous efforçons de publier régulièrement dans la presse, tout cela vise à nourrir et vivifier une culture de la paix. qui done résonance prophétique à la modeste présence chrétienne dans cette région du mond.

M'est reve-nue en mémoire une expérience forte du noviciat la prise de conscience que Jésus est "notre paix", celui qui détruit le mur de la haine et de l'ignorance réciproques. L'aventure continue. D'être vécue en étroit compagnonnage, elle en devient encore plus passionnante.

Pour lire une conférence de Benoît Vermander, cliquez ici.