Retour à la page d'accueil
compagnons > planisphère > Bernard Sénécal (Corée)
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 
Bernard Sénécal (Corée)

Être pont entre bouddhistes et chrétiens


Peu de temps avant sa mort, le grand historien Arnold Toynbee osait déclarer que la rencontre du bouddhisme et de l'Occident constituait l'événement le plus marquant du XXe siècle. Il va sans dire que cette conjonction, sans précédent, de traditions, respectivement issues du Bouddha et du Christ, risque d'avoir de fortes répercussions sur la pensée chrétienne au cours du nouveau millénaire.

C'est en Corée du Sud que je vis cet événement, en tant qu'Occidental, depuis une décennie. Ma tâche consiste à aider des Coréens chrétiens à intégrer le bouddhisme à leur foi au Christ. Avec le chamanisme, le confucianisme et le taoïsme, la tradition du Bouddha constitue, en effet, une part importante de l'héritage religieux traditionnel du pays du Matin Calme.

 


Bien que quelque 25 % de la population sud-coréenne soit chrétienne, l'enracinement de l'Évangile dans le riche terreau de la culture traditionnelle demeure souvent superficiel. L'exécution d'une telle tâche exige un effort constant d'assimilation, non seulement de la culture coréenne et de sa composante bouddhiste, mais aussi du génie de l'Évangile. Un étranger doit compter une quinzaine d'années de travail pour commencer à apporter une contribution originale à l'église locale. À l'heure actuelle, le cours de l'histoire en conduit beaucoup à s'interroger sur le sens de la présence de missionnaires Occidentaux dans un pays extrême-oriental comme la Corée du Sud. À mon avis, c'est, très précisément, parce qu'il voit les choses d'un autre oeil, que l'étranger, dans la mesure où il sait se faire discret, humble et patient, aura toujours sa raison d'être.

Concrètement, mon travail se divise en trois volets : la rédaction d'une thèse doctorale sur l'illumination dans la tradition zen coréenne ; un enseignement sur le dialogue entre bouddhisme et christianisme à l'université jésuite de Séoul ; l'animation, en Orient et en Occident, de retraites intégrant la dynamique du zen à celle des Exercices de Saint Ignace de Loyola. Ces activités ont généré la publication d'une trentaine d'articles en anglais, coréen et français au cours des cinq dernières années. Les éditions du Cerf ont aussi publié, en 1998, l'ouvrage Jésus le Christ à la rencontre de Gautama le Bouddha. Pour finir, je fréquente assidûment un maître zen coréen et ai l'honneur de compter au rang de ses disciples.

En fait, l'effort que j'ai à accomplir en Corée du Sud pour comprendre le bouddhisme et l'intégrer, autant que possible, à un authentique vécu de la foi chrétienne, est la source même de tout un travail accompli en Occident, tous les étés, auprès de chrétiens en dialogue avec le Bouddha. L'enjeu n'est rien de moins que la mise au point d'une proposition de sens, à la fois profondément ouverte au bouddhisme et en plénitude de conformité avec l'orthodoxie de la tradition chrétienne.