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Ordination presbytérale
de Jacques ENJALBERT
samedi 29 novembre 2008 à Lille

Ordination sacerdotale
de Jacques ENJALBERT
samedi 29 novembre 2008

Samedi 29 novembre, église Saint-Pierre-Saint-Paul à Lille, tout était fin prêt pour l'ordination presbytérale de Jacques Enjalbert. La chorale, l'orchestre, l'orgue, un grand rassemblement de fidèles, les acolytes, les servants d'autel, les célébrants, la paix intérieure, le bonheur de ce moment, la profonde remise de soi. « Mon Dieu, je n'ai pas mon étole de diacre ! » Dernière vaguelette d'adrénaline inoffensive, presque complice, comme un clin d'œil au passé jamais tout à fait révolu.

Cette paix s'est construite au fil des quatre années que Jacques a passées à Lille où s'est tissée une multitude de liens : avec les plus pauvres (la communauté de Magdala), la CVX, les formateurs et les étudiants de l'ICAM, le Hautmont, sans oublier sa famille, les amis des années de formation, les amis jésuites, le Centre Sèvres où jacques a fait le deuxième cycle en étudiant TGV. Ils se sont tous rassemblés dans cette église, au milieu des paroissiens et d'une centaine de confirmands du secteur, par amitié pour Jacques et pour ce que cette amitié éveille en eux de plus grand. Tous rassemblés, même ceux qui au dernier moment ont dû renoncer à venir pour des raisons de santé ou d'épreuve. Ainsi, la vie des gens dans toute son extension était présente dans la prière commune.

Paix aussi pour notre communauté qui a pu, à la fin de la semaine précédente, se dégager des tâches matérielles et se disposer à accueillir la grâce qui allait lui être faite en vivant un temps de récollection.

La veille au soir, une cinquantaine de personne, des proches et des étudiants, se sont retrouvés dans la chapelle de la résidence de l'ICAM pour une veillée de prière sur le thème «  Venez et voyez  », construite à partir d'éléments scéniques et musicaux élaborés pour le jubilé ignatien. Soirée de témoignages et d'action de grâce, avec le précieux concours de Grégoire Le Bel.

Le lendemain, monseigneur Ulrich, nouvel archevêque de Lille depuis un an, entouré de François Xavier Dumortier et Jean-Jacques Guillemot, a présidé la célébration d'une manière à la fois solennelle et simple. Homélie, au milieu du chœur, sans notes, nourrie de la parole de Dieu méditée et de l'échange qu'il avait eu avec Jacques pour préparer la célébration qui venait au dernier jour de l'année liturgique : « L'arbre de vie donne son fruit douze fois, chaque mois il donne son fruit ». En écho, l'évangile de Jean faisait résonner le désir des disciples de connaître Jésus, désir éveillé par Jean le Baptiste qui se propage en cascade de rencontre en rencontre. La litanie des saints poursuivait ce mouvement jusqu'à l'évocation des derniers saints et bienheureux jésuites, Rupert Mayer et Alberto Hurtado. Après la communion, un chœur de jésuites chantait le Suscipe  : « Prends, Seigneur, et reçois toute ma liberté ».

La suite de la fête s'est déroulée dans les locaux de l'ICAM. Pot d'amitié d'abord, puis repas festif servi par des étudiants. Chansons composées et jeux égayèrent la soirée très fraternelle. En témoigne cette remarque d'un ami de la communauté, CVX de surcroît : « Je savais que vous viviez en communauté, mais j'ai compris quelque chose de ce que cela signifiait lorsque je vous ai entendu chanter la chanson que vous aviez composée pour Jacques » (merci, Maximilien, novice en expériment à Lille).

Dimanche, première messe dans l'église de l'ordination. Mamé, la grand-mère de Jacques, en fauteuil, a tenu à y participer comme elle l'avait fait pour l'ordination. Elle déclara forfait pour la suite : un repas informel servi à la communauté pour tous ceux qui étaient là, avant de se remettre en route.

Avec les restes, il y avait de quoi faire dignement des “vêpres”. Lundi, ont été invités les étudiants qui avaient participé à la liturgie, à l'accueil et à divers services. Une vingtaine sont venus. Ce fut un roulement de questions sur nos itinéraires personnels, sur la vie jésuite, ce que signifie « un homme pour les autres », sur fond d'évocation de l'expériment de 4 mois qu'ils font à la fin de la première année d'ingénieur : comment des embryons d'idées peuvent-ils prendre corps ? Sur quels critères se décider ?

En découvrant avec surprise que nous vivions en communauté et non pas chacun chez soi, certains pressentaient que nous n'étions pas seulement des “humanitaires” soucieux de s'engager à fond dans leur métier. Leur joie était perceptible d'être introduits dans le secret qui fondait notre engagement et nous constituait en corps vivant.

Cette découverte heureuse est aussi source de lumière pour nous, afin que nous pratiquions un examen de conscience courageux sur la manière de vivre notre vie jésuite au cœur de notre engagement professionnel. La grâce de cette ordination presbytérale nous en ouvre le chemin.

Daniel RÉGENT sj

 

 

Pour en savoir plus :

> Une ordination à la mission

> Ordonné dans la liberté

> Communauté de Lille

> L'ICAM

> Portraits des Jésuites dans le monde