Un prêtre et neuf diacres
ordonnés le 12 avril 2008
par Mgr Antoine Audo, jésuite, évêque d'Alep (Syrie) des Chaldeéns
en l'église des jésuites à Paris, Saint-Ignace

Présentation des ordonnés
Laurent BASANESE (France) ordonné prêtre,
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Alexis DOUCET a 34 ans. Il est l'aîné d'une famille de 5 enfants, 4 garçons et 1 fille. Il est né et a grandi dans une famille chrétienne unie. Il a suivi une scolarité classique et entra à 18 ans à l'université, Nanterre Paris X.
5 ans après il en ressortait avec une Maîtrise en Gestion des ressources humaines. Pendant toutes ces années, il a mûri lentement son désir de suivre le Christ dans la vie religieuse. Son attirance pour la Compagnie de Jésus date de son adolescence, l'idée de devenir un jour missionnaire l'attirait beaucoup.
A 24 ans, ses obligations militaires remplies, il fut accepté dans la Compagnie. Après ses 2 années de noviciat à Lyon, il est envoyé à Paris au Centre Sèvres pour sa formation. Il passera 2 ans au service de l'ICAM de Lille (Institut Catholique d'Art et Métier) comme aumônier et formateur. Il termine actuellement son 2 nd cycle de théologie toujours au Centre Sèvres. Dans la Compagnie, Alexis a développé un grand intérêt pour le monde musulman et ses croyants en particulier. Il a appris à se soucier des plus pauvres, des migrants, de l'étranger. Ses pensées et sa prière vont en priorité vers tous ceux qui cherchent Dieu et qui aimeraient rencontrer le Christ.
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Arsène Brice BADO est né en 1974 au Burkina Faso, un pays continental de l'Afrique de l'Ouest. Pendant ses études au Petit Séminaire de Koudougou, il découvre la figure d'Ignace de Loyola à travers des lectures puis à travers la pratique des Exercices spirituels. Après trois années de discernement avec les Jésuites installés à Ouagadougou, il partit pour l'Afrique centrale pour y commencer son Noviciat en septembre 1995 à Bafoussam, une ville de l'Ouest du Cameroun. Après le noviciat, il est envoyé à Kimwenza, en République Démocratique du Congo, pour ses études de Philosophie. Il revient ensuite à Yaoundé (Cameroun) pour des études en Sciences sociales. Puis, il est envoyé à Abidjan (Côte d'Ivoire) où il travaille deux ans au Centre de Recherche et d'Action pour la Paix, (CERAP, anciennement INADES). Depuis trois ans, il est en France pour sa formation de Théologie au Centre Sèvres à Paris. Outre les études, il a travaillé dans plusieurs pays auprès des prisonniers, des enfants de la rue, des réfugiés, des migrants, mais aussi dans l'accompagnement spirituel de groupes (CVX) ou de personnes. Somme toute, avec son entrée dans la vie religieuse, commença une véritable odyssée tant sur le plan géographique que spirituel et humain. De sédentaire qu'il était, il devient nomade, allant de campement en campement, d'expérience en expérience, habité par une espérance et un désir : être serviteur de la mission du Christ.
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Elphège Léon QUENUM est le cinquième d'une famille de 11 enfants. Il est né le 19 avril 1972 à Ouidah, une petite ville côtière du Bénin, connue pour le commerce triangulaire. Elphège fit ses études maternelles et primaires dans sa ville natale de 1976 à 1983. Très jeune, il intègre le groupe des servants de messe dans sa paroisse Immaculée Conception de Ouidah. Ce service a progressivement suscité en lui le désir de suivre le Christ dans le sacerdoce. Il poursuit, dans cette intention, sa formation secondaire aux petits séminaires du Bénin jusqu'en 1994. Il fit ensuite en 1994-1995 une année propédeutique de spiritualité qui fut pour lui l'occasion de la rencontre de la spiritualité ignatienne. Au cours d'un camp de vacances organisé par les séminaristes, il rencontre les Jésuites dans une paroisse rurale de son pays. Leur proximité, en tant que missionnaires, avec la culture des fidèles l'a frappé et a suscité en lui le désir de les connaître davantage. Un échange régulier avec ces derniers le conduisit, après une année de philosophie à l'Université du Bénin, au noviciat de Bafoussam, au Cameroun, de 1996 à 1998. A la suite de ce temps de formation spirituelle, fondatrice et fondamentale de sa vie jésuite, il poursuit sa formation philosophique à Kimwenza en République Démocratique du Congo de 1998-2000. De 2000 à 2003 il fit des études de socio-anthropologie à l'Université Catholique de Yaoundé au Cameroun. Il travaillera pendant sa régence, de 2003-2005, au Réseau Jésuite de lutte contre le VIH/SIDA à Nairobi au Kénya où il fait l'expérience de la fragilité et de la souffrance humaine mais aussi de la solidarité et de la générosité des gens simples et souvent oubliés. Il est depuis 2005 aux Facultés Jésuites de Paris où il finit son premier Cycle de Théologie. Il a fait, pendant ses deux premières années à Paris, de l'accompagnement scolaire au Cised (Centre d'initiative et de services des étudiants de Saint Dénis) et accompagne, depuis trois ans, une équipe CVX.
Hervé Pierre GUILLOT ; né il y a bientôt trente-sept ans à Lille, premier de trois enfants, Hervé Pierre a d'abord fait des études d'ingénieur à l'Ecole Européenne de Chimie de Strasbourg, où est proposé un cursus trilingue assorti de stages dans divers pays européens. Il part ensuite en coopération avec la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC) au Burkina Faso, où il vit une expérience marquante. Peu avant son départ, il a découvert les Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola, au cours d'une retraite de cinq jours qui reste fondatrice pour lui. A son retour d'Afrique, il s'oriente d'abord vers le Grand Séminaire de Strasbourg, puis acquiert une expérience professionnelle internationale en Grande Bretagne, avant de demander à entrer dans la Compagnie de Jésus en France en 1999. Pendant son premier cycle de philosophie et de théologie, il a la joie d'être envoyé étudier une année entière à Innsbruck, en Autriche. Sa Régence le mène vers le Lycée Sainte-Geneviève de Versailles, où il est surveillant d'internat pendant deux années parfois rudes. Actuellement en deuxième année de deuxième cycle au Centre Sèvres, il travaille la question de l'engagement chrétien avec la figure du théologien jésuite résistant Yves de Montcheuil. Depuis deux ans, il est également accompagnateur des étudiants de première année d'études de médecine au Centre Laennec.
Jong-in PARK est né le 27 avril 1967 à Séoul, en Corée du Sud. Sa famille est devenue catholique lors de la conversion de mon père. Ses parents ont toujours été très pratiquants.
Quand il a postulé comme jeune étudiant, au département de littérature française de l'Université de Sogang fondée par la Compagnie de Jésus à Séoul, il n'imaginait pas qu'un jour il deviendrait jésuite, ni qu'il irait à Paris pour étudier la théologie. À l'époque, Paris lui évoquait plutôt un lieu romantique idéal pour un magnifique voyage de noce.
Initialement il pensait fonder une famille comme mes parents. Arrivé à l'âge de trente ans, il a décidé de prendre une décision. En effet, dans sa culture cet âge désigne le moment où l'homme prend la décision de son chemin de vie. Ce fut le moment d'un renoncement, et en même temps la découverte que cette fidélité, celle qu'il croyait donner à une femme serait donné à Dieu. Et maintenant le Seigneur l'ouvre à toute l'humanité. Tel est son chemin où Dieu lui a appris ce que ce qu'il ignorait. C'est pour lui un cadeau formidable.
Laurent BASANESE est né à Lyon il y a 37 ans dans une famille originaire du sud de l'Italie dont une branche a longtemps vécu en Tunisie. Mais c'est au confluent du Rhône et de la Saône que son père et sa mère se rencontreront. Ils vivront toujours dans la banlieue sud-ouest de Lyon où ils élèveront leurs deux enfants : Laurent et sa sœur.
Vers l'âge de 12 ans, Laurent cesse de croire en Dieu. Il entreprend des études scientifiques, et quitte Lyon à 20 ans pour entrer dans une école d'ingénieur à Poitiers (E.N.S.M.A.) Il fait ensuite une première expérience d'enseignement durant son service militaire à Bourges, en tant qu'instructeur d'anglais. C'est là que sa vie est transformée, à 23 ans, au détour d'une lecture qui le réconcilie avec le Christ et l'Eglise. Il se réoriente alors professionnellement en devenant enseignant de mathématiques et de sciences dans le public, à Marseille d'abord, puis à Paris. Parallèlement, il renoue avec la vie de l'Eglise : sacrement de Confirmation, accompagnement de jeunes dans leur foi, bénévolat auprès des personnes âgées grâce aux Petits Frères des Pauvres , etc. Mais Dieu le pousse « plus loin. »
En 1997, il retourne à Lyon, mais pour entrer au noviciat de la Compagnie de Jésus. Après ses vœux religieux en 1999, il se forme en philosophie et théologie aux Facultés jésuites de Paris ainsi qu'à Naples. Il participe notamment au lancement de la « Messe qui prend son Temps » du dimanche soir à l'église Saint-Ignace, et à l' Association Jeunesse Education pour l'aide aux devoirs des enfants. En 2004, il est orienté vers le monde arabo-musulman et part au Caire pour apprendre la langue arabe, puis à Rome pour les études d'islamologie (P.I.S.A.I.). Dans la ville éternelle, il rend un service auprès des réfugiés grâce au Jesuit Refugee Service . De retour à Paris (Saint-Ouen), il termine sa théologie et est ordonné diacre à Saint-Ignace en 2007. Il fait maintenant partie de l'équipe pastorale de cette église, tout en poursuivant un doctorat à la Sorbonne (E.P.H.E.) et à Rome (P.I.S.A.I.) sur la problématique « Foi et raison » chez deux auteurs classiques, l'un musulman hanbalite, l'autre chrétien de l'Eglise syro-orientale.
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Francisco CUARTERO a 34 ans. Il naît à Valence (Espagne). Il est le cadet d'une famille de 2 enfants, 1 garçon et 1 fille. Il a suivi une scolarité classique. A partir dix-sept ans il découvre la foi en paroisse. A 18 ans entre à l'université de Valence pour suivre pendant 5 ans les études de psychologie. Pendant les deux dernières années, et grâce à son expérience auprès de la paroisse où il s'est engagé fortement, il commence à mûrir son désir de suivre le Christ dans la vie religieuse. Il découvre la Compagnie de Jésus grâce à ses publications et demande son entrée après un an d'accompagnement et discernement. Après ses 2 années de noviciat à Saragosse, il est envoyé à Salamanque pour une année d'études philosophiques. Puis il part à Madrid pour suivre le premier cycle de théologie, où il a bénéficié d'une riche vie communautaire et d'un important engagement dans un quartier populaire de la banlieue de cette ville. Il fait sa régence dans le collège Jésus María-El Salvador de Saragosse comme professeur de philosophie et de religion, et collabore dans les multiples activités de l'aumônerie auprès des collégiens et lycéens. Il termine actuellement son 2 nd cycle de théologie au Centre Sèvres et collabore comme aumônier de prisons à Fleury-Mérogis. Dans la Compagnie, Francisco a découvert l'importance de suivre la présence du Christ, humble et servant, dans la vie apostolique, soit auprès de jeunes étudiants ou des plus démunis.
Voir la video de Francisco
Dominik FINKELDE est né en 1970 à Berlin (Ouest) ou il faisait partie d'une minorité catholique. Pendant des études de philosophie et une époque de distance envers l'Eglise il entre en contact avec des Jésuites à Berlin et entre 1996 au noviciat de la Compagnie à Nuremberg. Il termine en 2002, après 4 ans de formation à Munich avec un doctorat. L'étape qui suit, la régence, le mène à Mexico. Là-bas il accompagne plusieurs « communautés ecclésiales de base » dans une paroisse d un quartier populaire et il enseigne a l'université Ibero-americaine à des étudiants d'une couche sociale très favorisée. Les deux apostolats, pleins de tensions sociales, marquaient les deux ans, mais aussi les tensions « idéologiques » dans la Compagnie de Jésus en Amérique du Sud en général. Depuis 2005 Dominik étudie en premier cycle de théologie au Centre Sèvres.
Jacques ENJALBERT est né le 10 juin 1969 à Neuilly-sur-Seine (92), il est l'ainé d'une famille de cinq enfants et grandit dans le quartier de Villaine à Massy (91). La vie familiale, la vie paroissiale simple et chaleureuse et les amitiés vécues à l'aumônerie de l'enseignement public ont marqué sa foi d'enfant et d'adolescent. Après le baccalauréat, il suit des études de commerce à l'ESCP et s'engage dans Chrétiens en Grande École. Diplômé en 1992, il part en coopération à Tsiroanomandidy (Madagascar) où il enseigne le français. De retour en France, il vit l'année JVE (Jeunes Volontaires Européens) proposée par les jésuites et travaille au Secours Catholique auprès de personnes de la rue à Paris. De 1995 à 1997, il est chargé de mission à l'ADIE (Association pour le droit à l'Initiative Économique) en Essonne, dont il développe l'activité de microcrédit à la création d'entreprise par des personnages au chômage. Il entre dans la Compagnie de Jésus en septembre 1997. Après le noviciat, il suit le 1 er cycle de philosophie et théologie au Centre Sèvres, complété d'un DESS d'aménagement et d'urbanisme à Sciences Po. A Lille depuis l'été 2004, il effectue un an de régence à Magdala, une communauté d'Église en Quart Monde, puis rejoint l'ICAM (Institut Catholique des Arts et Métiers) où il enseigne au Département de Formation Humaine et participe à l'équipe pastorale, tout en achevant le second cycle de théologie à Paris. Sur Lille, il accompagne aussi une équipe de la Communauté Vie Chrétienne. Dans cette variété d'engagements, il éprouve combien le Seigneur se donne largement à tous.
Barnabás JAKABOS son premier souvenir de sa vie fut sa première expérience religieuse : dans un vaste espace entre des colonnes qui se dressaient vers le ciel en voyant une lumière très agréable venir à lui à travers un vitrail coloré. Ce fut donc son premier moment conscient dans une église. Ses parents, chrétiens pratiquants, l'emmenaient régulièrement à la messe le dimanche et lui, encore bébé, a expérimenté pour la première fois ce jour-là l'église comme un grand espace et un faisceau de lumière colorée. Sans doute fut-ce peut-être aussi le premier moment de sa vocation.
Hongrois, originaire de Roumanie, né en 1976 et entré dans la Compagnie de Jésus en 1998 Barnab á s fait son noviciat en Hongrie et puis trois ans de philosophie en Allemagne. Avant d'arriver en France pour commencer le premier cycle de théologie il a enseigné la philosophie dans une faculté de théologie en Hongrie.
Ce Dieu toujours présent pour lui dans son Eglise dans une lumière traversant des vitraux colorés, dans un élan vers le haut de ces colonnes et dans l'appel de l'Eglise adressé à nous tous.
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Photos de la célébration

5 des 9 futurs diacres

Les 4 autres futurs diacres et Laurent, déjà diacre, bientôt prêtre

Mgr Audo, accompagné du Provincial de France,
et du Vice-provincial de France-Nord


Homélie donnée par Mgr Audo

Litanie des saints

Parents de Jong-in venus de la Corée

Ordination diaconale : Mgr Audo impose les mains

Ordination presbytérale : Mgr Audo impose les manis
et sera suivi par l'ensemble des prêtres présents à la célébration



Le nouveau prêtre reçoit le pain et le vin des mains de l'évêque

Procession des offrandes

Prière eucharistique avec le nouveau prêtre et les 9 diacres

Le nouveau prêtre, Laurent, donne la communion

C'est la fête ! Laurent, au centre, danse avec des amis syriens
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Pourquoi devenir prêtre ?
Une ordination à la mission
L'orientation vers la mission suscite dans la Compagnie de Jésus une urgence : celle d'ordonner le plus de jésuites possible, selon sa figure propre du ministère ordonné. L'ordination vient honorer l'appel à vivre au mieux la mission. La Compagnie souhaite que tous ses membres qui le peuvent soient ordonnés prêtres, sans que cette urgence engendre néanmoins une pression exagérée qui paralyserait la liberté de répondre autrement à l'appel entendu.
La Compagnie a développé une figure propre du ministère ordonné, une figure essentiellement paulienne, celle de l'apôtre qui est envoyé en mission auprès des communautés chrétiennes existantes ou à fonder.
En renonçant à la dimension épiscopale du ministère ordonné, la Compagnie signifie la subordination de son autonomie interne à la mission de l'Église que préside le collège des évêques. La promesse supplémentaire d'obéissance au Pape « quant à la mission » oriente cette subordination vers la dimension de la catholicité que signifie le rôle du Pape dans le collège épiscopal. Où qu'il soit, le jésuite vit son ministère presbytéral en relation avec l'épiscopat, en vertu même de sa relation particulière avec le Pape.
Ce presbytérat est entièrement voué au service de la mission. La Compagnie est libre de toute figure prédéterminée du ministère ordonné, parce qu'elle est entièrement ordonnée à la possibilité que des figures nouvelles apparaissent, exprimant les réalités, les besoins et le dynamisme spirituel des communautés à vivifier ou à susciter.
Tout exercice du ministère ordonné est nécessairement lié à la présence d'une communauté. L'ordination à la mission est toujours une ordination à la communauté. Pour le jésuite, cette communauté est celle à laquelle il est envoyé, fût-elle virtuelle, c'est-à-dire encore à fonder. Dans ce cas, l'exercice du ministère proprement ordonné pourra rester lui aussi virtuel. Il sera alors vécu comme une exigence, comme un manque. Mais cette situation d'attente peut être supportée, et longuement s'il le faut, parce qu'aucun jésuite n'est sans communauté. La Compagnie est en elle-même communauté de telle sorte que le ministère y est libre de toute figure communautaire déterminée d'avance. Le missionnaire jésuite peut ainsi rencontrer et susciter toute forme possible de communautés. Le jésuite n'est pas ordonné pour une communauté déjà existante; il est ordonné dans une communauté instituée spécialement pour le service de toutes les communautés réelles ou possibles, la Compagnie de Jésus.
Ordonnés à la liberté
Même si la mission exige d'ordonner prêtres le plus de jésuites possible, cela n'entraîne pas pour autant la nécessité de le faire. Tout jésuite en effet, même s'il n'est pas prêtre, participe pleinement à la mission sacerdotale de la Compagnie. Cependant, s'il n'y a pas nécessité, on peut dire qu'il y a « convenance ». C'est à cause de cette convenance que la Compagnie n'a pas admis jusqu'à aujourd'hui, qu'un jésuite non-prêtre émette le quatrième voeu, celui de l'obéissance au pape pour les missions. La raison en est très simple un prêtre peut faire tout ce que peut faire celui qui ne l'est pas, mais l'inverse n'est pas vrai. Ainsi, la Compagnie se propose-t-elle d'ordonner tous ceux de ses membres qui en ont la possibilité. Ils sont alors plus aptes à la diversité des tâches que peut demander l'exercice de la mission.
L'affirmation selon laquelle un prêtre peut faire tout ce que peut faire un non-prêtre, ne va pas de soi pour tout le monde. Elle contredit des préjugés encore vivaces et prend le contre-pied du statut clérical prépondérant dans la société depuis le XVIème siècle. Un prêtre peut se « salir les mains » dans les tâches domestiques ; il peut exercer une activité professionnelle dite profane ; il peut participer légitimement et pleinement à une eucharistie, dans la plénitude de sa qualité de fidèle, sans exercer son ministère de présidence.
Dans l'exercice de son ministère ordonné, le prêtre dispose de pouvoirs spécifiques : il peut permettre à toute rencontre de prendre la figure sacramentelle de l'Eucharistie et qu'ainsi le nom du Seigneur soit pleinement manifesté « lorsque deux ou trois sont réunis en (son) nom ». Il peut terminer un entretien par la réconciliation sacramentelle, etc. Le prêtre, même s'il doit passer sa vie à laver des éprouvettes dans un laboratoire (fût-il du C.N.R.S.), peut être de manière spécifique le serviteur de la rencontre des croyants et de ceux qui naissent à la confession de la foi en Jésus-Christ ; il est animé par le désir de pouvoir conférer à la rencontre entre les hommes la perfection de la figure eucharistique.
D'après Adrien Demoustier, « Le sacerdoce et le ministère »,
Le cas singulier de la Compagnie de Jésus, aux origines et aujourd'hui, Médiasèvres 1995.
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