Retour à la page d'accueil
compagnons > quelques nouvelles du Brésil
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

Quelques nouvelles
du Brésil
par Bernard Lestienne sj

Brasilia est la capitale politique, administrative et diplomatique de cet immense pays (17 fois la France ), mais les grandes décisions, économiques et financières, se prennent dans les capitales des 27 états, en particulier à São Paulo et Rio de Janeiro. En 1998 le centre social où je travaille est passé de Rio à Brasilia : nous y avons sans doute une perception plus large du pays, dans sa grande diversité, mais la proximité et le contact direct avec les gens me manquent parfois. Heureusement qu'il y a des occasions de faire un saut à Rio ou à São Paulo. Me voici donc à Brasilia depuis bientôt 7 ans, membre de l'équipe du Centre Social. Nous y sommes 4 jésuites – une bonne équipe, unie – et 10 en communauté – bien sympathique aussi.

Et d'abord quelques brèves nouvelles du Brésil, significatives de la situation de l'ensemble de l'Amérique latine. Que se passe-t-il ? L'élection fin 2002 de Lula, d'origine ouvrière, fruit de 25 ans d'une forte mobilisation sociale et politique, où des secteurs de l'église ont eu (ont encore) une participation active, avait fait espérer une transformation sociale, une meilleure redistribution des richesses. Ce fut la déception, puis la désillusion ; à présent une certaine colère contenue, avec le sentiment d'avoir été trahi ! La priorité du gouvernement est restée la même : stabilité financière et contrôle de l'inflation. En simplifiant à peine : « tout pour le capital, des miettes pour le social ». Les capitalistes exultent ; jamais leurs banques n'ont fait de tels profits.

Ces dernières années, dans plusieurs pays d'Amérique latine, des gouvernements furent élus avec l'appui de mouvements sociaux et populaires. Or, à l'exception de Hugo Chávez au Vénézuéla, qui bénéficie de la manne pétrolière, aucun président n'a répondu aux attentes des électeurs. Le voulaient-ils ? Le pouvaient-ils ? Un système économique, politique, idéologique, voire militaire, les tient dans l'impossibilité de changer tant soit peu les règles du jeu. Quel simulacre de démocratie que celle qui permet d'élire ceux qui demain ne pourront que vous trahir ! En bref, à quoi servent les élections si les vraies décisions sont prises à New York, Washington ou Bruxelles, au sein de la banque mondiale, du FMI ou de l'OMC, par le G8 ou quelque grande multinationale ? Dans la mondialisation accélérée, les peuples d'Amérique latine ressentent chaque jour davantage qu'ils perdent leur souveraineté, leur liberté, leur dignité.

Mais tout n'est pas que sombre, bien au contraire : pour beaucoup la priorité n'est pas l'argent, mais de vivre agréablement, en compagnie des autres. Le pays garde un trésor de valeurs sociales et culturelles. Sa vraie richesse, c'est tous ceux et celles qui à tous les niveaux tissent patiemment des relations nouvelles, respectueuses des différences. Il faut bien du courage pour affronter les égoïsmes institutionnalisés des ''élites'' privilégiées. Tout un secteur de l'Église participe activement pour maintenir vivant l'espoir d'un autre Brésil, pour tous.

Notre Centre Social, se situe dans cette dynamique. Il fait partie d'un ensemble plus large le « Centre Culturel de Brasilia » (CCB), original, où fonctionnent aussi un Centre de Spiritualité ignatienne, et un Centre Arts et Culture. Nous essayons d'articuler nos activités, avec plus ou moins de succès. Le Centre Culturel est magnifiquement situé, près de l'esplanade des Ministères et de la place des Trois Pouvoirs (avec le Palais présidentiel, le Tribunal suprême fédéral et le Parlement), facile d'accès, et bien conçu. Ceci nous permet d'accueillir de nombreux groupes et mouvements sociaux ou d'Église qui organisent à Brasilia des rencontres, cours ou séminaires nationaux. En sorte que le Centre est relativement bien connu (au moins dans le pays) par les leaders de la société civile. Depuis sa création en 1967 (lors de la dictature militaire), l'IBRADES (Institut Brésilien de Développement), organisme annexe de la CNBB (Conférence épiscopale de 360 évêques), est confié à notre Centre Social. Ce qui nous facilite les contacts avec divers acteurs de la société.

Dans ce contexte, mon travail a quatre dimensions, mieux intégrées qu'il ne peut sembler dans cette brève présentation.

1) Des services (analyses, articles, documents, cours, conseils) assez réguliers à la CNBB et aux pastorales sociales.

2) La participation à la coordination nationale de la campagne Jubilée contre la dette et le ''libre'' commerce.

3) Le réseau international des Jésuites pour le développement (IJND).

4) Des activités spécifiques du Centre social (groupe de réflexion « d'intellectuels » chrétiens, tables rondes, bulletin, site, etc). Somme toute, un travail de réflexion et de formation, à la lumière de l'Évangile et de l'Enseignement Social de l'Église, sur la réalité complexe de la société.

Conseil d'Administration de I.J.N.D. – nov. 2005 à NurembergBrésil (B. Lestienne de France) – Espagne – Inde – Vénézuéla – Congo – Irlande – USA – Allemagne

Je tente de garder l'accompagnement d'une ou deux personnes qui font les Exercices Spirituels dans la vie courante, et de maintenir, les week-ends où je suis à Brasilia, la célébration de deux messes au sein de communautés de base dans la périphérie de la ville. Je sens à quel point, ce contact, même réduit, avec les pauvres est une grâce qui alimente le travail de la semaine.

Comme pour nous tous dans la Compagnie , le rythme est intense. Mais c'est un don et une grâce de côtoyer dans ces divers travaux des gens magnifiques, de nombreux et vrais amis, d'une grande richesse humaine et spirituelle, qui m'aiment et m'aident à être un peu plus humain et solidaire, et à découvrir les richesses de l'Évangile, beaucoup plus que je ne peux moi-même les aimer et les aider.

Bernard LESTIENNE
Brasilia

 

 

 

Pour en savoir plus :

> "Quels espoirs pour le Brésil ?", un article de Bernard Lestienne

> IJND :le groupe jésuite pour l'annulation de la dette

> Utopía y realidad: el Forum Social Mundial de 2005 (en espagnol)

> Centre Avec Evangile et Justice N° mars2002 : "Un autre monde est possible" : utopie ou réalité ?

> La vie avant la dette : Bernard Lestienne rend compte du Plébiscite National sur la dette extérieure, au Brésil

> Télécharger INDJ News

> Le site du Forum Social Mondial

> La Cumbre de Copenaghe, article en espagnol