Vivre et travailler en ayant en vue
son propre bien-être au lieu de renoncer à la satisfaction personnelle
comme moyen de trouver la joie du serviteur de la mission du Christ
est évidemment un obstacle. En laissant cela de côté, les difficultés
principales ont été et sont d'ordre idéologique : d'une part,
refuser de reconnaître que notre époque réclame une autre optique
que celle qui prévalait dans les années soixante; d'autre part,
la crainte d'être considérés comme dépassés du fait de proclamer
et de vivre les valeurs du Christ et de l'Evangile; le manque
de courage pour être sincèrement ce que nous prétendons être.
La meilleure tradition de la Compagnie,
comme le dit la 34e Congrégation Générale, consiste dans le fait
que nous sommes des hommes de l'Eglise sous son pasteur universel
et que nous donnons témoignage d'une vie consacrée, en fidélité
aux dons de l'Esprit à son Eglise et en fidélité aussi au don
- si précieux et si nécessaire - de la spiritualité ignatienne.
De la sorte nous serons apôtres de notre temps, disposés à nous
mesurer aux défis du prochain millénaire.
Quand je lis et médite le décret
26 de la 34e Congrégation générale - Caractéristiques de notre
manière de procéder - qui d'une manière succincte et si persuasive
résume les éléments essentiels de la vie du jésuite et que je
me rends compte que sous une déconcertante mais enrichissante
variété manifestée, par exemple, parmi les délégués de la Congrégation,
l'amour personnel pour le Christ est la raison principale de notre
affinité, j'ai alors la conviction que même si nous n'arrivons
pas encore au but, nous sommes dans le droit chemin ignatien.
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