Comme je ne m'attendais pas à être
élu Général, je n'avais aucun but précis. La Congrégation générale
a choisi un jésuite qui connaissait bien peu du reste de la Compagnie.
En pleine guerre du Liban et pendant le temps assez court de mon
rectorat à l'institut Oriental à Rome, j'ai vécu en dehors de
la tension existant entre le Saint Siège et le Père Arrupe. J'étais
également éloigné des problèmes suscités par la sécularisation
et la théologie de la libération.
J'éprouve beaucoup de gratitude à l'égard
des membres de la Curie qui par leur compétence, leur information
et leur clairvoyance m'ont familiarisé avec le reste de la Compagnie.
J'ai une dette spéciale de reconnaissance à la 33e Congrégation
générale qui dans un bref document m'a offert les orientations
de mon généralat. Des événements successifs comme l'Année ignatienne
et la 34e Congrégation générale ont approfondi mon désir de considérer
la Compagnie comme un corps apostolique et d'aider les jésuites
à découvrir que nous sommes les serviteurs de la mission du Christ
et que nous devons vivre cette mission explicitement, concrètement
et vigoureusement.
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