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L'été à Cergy

 

Avant la proposition de mon ancien supérieur, Jean-Jacques Guillemot, je ne connaissais rien de Cergy. J'ai accepté immédiatement parce que cela me semblait plus ou moins un style de vie jésuite que je pensais avoir laissé au Mexique. Ne croyez pas que ce fut une sorte de "vacances à la mexicaine" en France. C'est une toute autre histoire.

La proposition était très riche : j'y ai trouvé trois éléments très attirants. Le premier était la possibilité de connaître la France profonde, ce qui pour un latino-américain n'est pas évident. J'avais là une occasion d'approfondir ce qui anime la vie de nos cultures. Au Mexique, le mélange et le métissage sont notre essence et notre visage. Expérimenter comment cela se vit en Europe n'était donc pas seulement une curiosité d'anthropologue.

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Le deuxième aspect, c'était l'expérience d'une petite communauté. Cette façon de vivre est bien rafraîchissante pour moi. Parfois, je pense que j'associe trop la vie communautaire religieuse en général avec la vie en petite communauté à cause des expériences vécues dans ma province. La grande communauté où je suis m'aide à élargir mon horizon de vie religieuse avec d'autres possibilités que celles que je connaissais. Cependant, une petite communauté est, presque toujours, authentiquement "chez moi".
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Le dernier élément qui m'a intéressé en Cergy, c'est l'option pour les pauvres, qui peut être approchée la plupart du temps par une insertion dans la vie du quartier. Cette option m'a apporté beaucoup de joies et aussi de difficultés dans ma vie de jésuite : j'en suis tout à fait conscient et reconnaissant. Elle reste quelque chose dont Dieu est le propriétaire, un terrain sacré où il vaut mieux marcher pieds nus. A vrai dire, il ne faut pas trop en parler.

 
 

J'ai donc travaillé comme peintre dans une entreprise d'insertion : Bativert. Ce métier, je l'avais déjà exercé comme amateur, mais jamais comme professionnel. Mon stage à Bativert a été une occasion extraordinaire pour apprendre beaucoup de choses : la peinture, le français dans sa modalité argotique, la vie des immigrés et de ceux qui essaient de se sortir de la drogue. Je ne me suis pas présenté comme jésuite, ce qui m'a permis de me rapprocher des gens d'une autre manière.

J'ai partagé avec les peintres le travail, la nourriture, les anecdotes et les inquiétudes. Surtout, je suis arrivé à toucher une partie de leur horizon, même si je pense qu'aucune personne ayant étudié pendant vingt ans ne peut partager complètement un point de vue ouvrier. En fait, chez nous, religieux, le fait de se trouver dans le monde des travailleurs est un choix. Pour eux ce choix n'existe pas.

 

 

Pour finir, je dirai que cette expérience a été bien nourrissante pour moi et que j'espère revenir à Cergy.

Rubén CORONA
Province du Mexique

 

 

 

Voir aussi :

> Les communautés jésuites

> Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus

> Livres écrits par les Jésuites de la Province de France

> Portraits des Jésuites dans le monde