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A un repas donné sur la colline
qui implore le ciel par son grand réservoir ouvert, juché sur
une tour au sommet de Montreynaud, à Saint-Etienne.
Tours, barres, places, tout en béton, envahissent et essaient
d'habiller maladroitement cette colline. Quelques arbres et espaces
verts viennent simuler un souci écologique de la ville.
C'est aussi un carrefour des nations ; l'habitant
bigarré rentre chez lui chaque soir de son travail répétitif,
sinon bredouille de sa quête de travail. Son logis, volume bien
délimité, pas plus, pas moins, s'impose à lui comme d'ailleurs
à son voisin. Tout a été pensé et déterminé pour lui et sa famille.
Uniformité et égalitarisme règnent sans partage, dictés par l'architecture
préfa : pas droit à la jalousie. Oui, ici au moins, on partage
tout : le bruit des rues, le bruit des appartements, les pannes
d'ascenseur, les tags, la méfiance de l'autre.
L'été, il déserte le lieu, au petit matin, dans
sa caravane chargée deux fois son poids où femmes, enfants, amis
et marchandises se battent la moindre place. Il met le cap vers
le sud, pour répondre à l'appel nostalgique de son pays dit d'origine.
Laissant ainsi derrière lui ceux qui n'ont pas la chance d'échapper
à ce déterminisme : les estropiés de la vie.
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