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A Marseille - Nord

 

Pour résumer ces trente jours, trois mots me viennent à l'esprit : nouveauté, intensité, foi.

Nouveauté - J'ai vécu dans la communauté jésuite créée il y un an dans la cité Air Bel (Marseille Nord). Cette cité a été bâtie dans les années 70 pour accueillir des émigrés algériens ; aujourd'hui elle loge 4000 familles d'origines très diverses, à l'image même de la ville de Marseille : Algériens, Marocains, Tunisiens, Arméniens, d'autres encore. Les voitures abandonnées ou brûlées de temps en temps dans les rues sont un des symptômes des problèmes sociaux des habitants. La communauté (cinq Jésuites en deux appartements) est encore dans une phase de connaissance de la cité. Air Bel a une organisation locale faible : peu d'associations et de participants, peu de bénévoles, peu de leaders locaux. Il y a beaucoup à faire.

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Intensité - J'ai travaillé un mois dans un hôpital public pour personnes âgées, Montolivet. Les 500 "résidents" y ont des situations bien différentes : quelques retraités sont complètement autonomes ; certains patients diminués physiquement ont un niveau économique qui leur permet de vivre dans deux bâtiments modernes ; une grande majorité de patients plus pauvres (presque tous immigrés et dont beaucoup ont une histoire personnelle très dure) vivent dans des bâtiments anciens et mal équipés ; quelques patients à la santé très détériorée résident dans un hôpital gériatrique.

 

 

Ma tâche dans l'équipe d'aumônerie était de faire connaissance avec les patients, de converser avec eux, de partager ma foi aux moments appropriés, et d'aider aux activités de l'hôpital et de l'aumônerie : au fond, d'essayer de leur donner de l'espérance et de leur transmettre quelque chose de mon énergie comme jeune (ou plus jeune). Bref, un travail d'accompagnement et de connaissance dans une réalité qui n'était pas toujours facile, mais toujours très intense.

Foi - Vivre dans cette cité de Marseille m'a fait voir le visage de la France multiculturelle d'aujourd'hui. La vie avec les Jésuites m'a fait partager leur expérience du monde populaire. Mon stage à l'hôpital m'a permis de faire ma propre expérience du travail. A chaque occasion, j'ai senti le Seigneur m'appeler à être serviteur de sa mission, avec une attention particulière aux plus négligés de la société. J'aime beaucoup la phrase de Nadal : " La Compagnie a le souci de ces âmes dont personne ne prend soin, ou pour lesquelles on n'a qu'un soin négligent. C'est pour elles que la Compagnie a été fondée ; c'est là sa force ; c'est là sa dignité dans l'Eglise. " (John O'Malley, Les premiers jésuites, p. 110). J'ai découvert aussi une phrase de Madeleine Delbrêl : " La vraie solitude, ce n'est pas l'absence des hommes, c'est la présence de Dieu " (Jacques Loew, Madeleine Delbrêl - Nous autres, gens des rues, p. 31). Cette expérience à Marseille m'a permis de faire une expérience de foi : l'expérience de la présence de Dieu à travers la rencontre, la connaissance et le partage avec d'autres.

Jacobo ORENSTEIN
Région de Porto Rico

 

 

 

 

Voir aussi :

> Les communautés jésuites

> Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus

> Livres écrits par les Jésuites de la Province de France

> Portraits des Jésuites dans le monde