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Servir ces étudiants a questionné
en profondeur ma liberté. Il fallait une grande liberté intérieure
pour servir des gens au comportement souvent déroutant. Les accepter
tels qu'ils étaient, les aimer malgré leurs travers et l'exaspération
parfois provoquée, n'était pas donné d'avance. Ce fut le lieu
d'un petit combat spirituel. Mais l'enjeu était de taille : il
n'était pas possible de les découvrir dans leur histoire, de partager
leur projets quand ils pouvaient les formuler, et même de les
aider, sans cette liberté. Habités par cet esprit d'ouverture,
mon cour et mon intelligence sont devenus capables d'entendre
ce qui se vivait chez eux. Leur histoire personnelle se révélait
passionnante à entendre, prenant parfois même la forme de confidences.
Les questions spirituelles affleuraient sans cesse. Sans cette
disponibilité fondamentale, rien n'aurait été possible.
En conclusion, pourquoi passer un mois au Cised
? Parce qu'y vient une catégorie particulière de pauvres, l'étudiant
étranger ; des hommes et des femmes du monde entier aux besoins
matériels, spirituels et humains immenses. Le Cised a la chance
d'en accueillir un certain nombre, dont beaucoup souffrent de
carences relationnelles. Au Cised il est possible de parler à
quelqu'un disposé à écouter. On y vient certes d'abord pour travailler,
mais aussi pour se soulager. La relation de confiance entre les
bénévoles et les étudiants est la clé de son succès. En tant que
jésuite, en tant que chrétien simplement, j'ai trouvé beaucoup
de sens à donner mon temps au Cised.
Alexis DOUCET
Province de France
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