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A la petite maison d'en face

 

En juillet dernier, le Cised organisa une session intensive de français pour les étudiants de l'université Paris 8. "La petite maison d'en face" (c'est l'autre nom du Cised) cherchait quelqu'un pour assurer la coordination de l'ensemble et donner un coup de main à l'équipe enseignante. Je fus cet homme. Mais avec, au dernier moment, un réaménagement du rôle : rester en appui de la session et consacrer plus de temps au service des autres activités de la maison. Je me suis donc partagé entre la supervision de la session et l'accueil des nombreux étudiants de passage (activité habituelle de la maison) ; plus un peu de rangement et de nettoyage pour occuper le reste du temps.

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Les moments de joies ont largement dominé. L'absentéisme des étudiants et leurs retards à répétition n'ont jamais vraiment entamé ma disponibilité. Le travail a réclamé patience, persévérance et beaucoup d'humour, et il faut reconnaître qu'il était bien difficile de faire autrement ! Les instants les plus sympas furent ceux, plus ou moins longs, autour d'un café ou du repas de midi préparé et partagé ensemble. J'en ai tiré une petite morale : la déception est grande lorsqu'on attend trop des étudiants. A l'inverse, plus le service est libérée de ces attentes, plus il se charge de valeur et de saveur : la moindre réponse positive au service rendu prend alors le goût d'un fruit exquis, délivré du pesant retour sur soi.
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Servir ces étudiants a questionné en profondeur ma liberté. Il fallait une grande liberté intérieure pour servir des gens au comportement souvent déroutant. Les accepter tels qu'ils étaient, les aimer malgré leurs travers et l'exaspération parfois provoquée, n'était pas donné d'avance. Ce fut le lieu d'un petit combat spirituel. Mais l'enjeu était de taille : il n'était pas possible de les découvrir dans leur histoire, de partager leur projets quand ils pouvaient les formuler, et même de les aider, sans cette liberté. Habités par cet esprit d'ouverture, mon cour et mon intelligence sont devenus capables d'entendre ce qui se vivait chez eux. Leur histoire personnelle se révélait passionnante à entendre, prenant parfois même la forme de confidences. Les questions spirituelles affleuraient sans cesse. Sans cette disponibilité fondamentale, rien n'aurait été possible.

En conclusion, pourquoi passer un mois au Cised ? Parce qu'y vient une catégorie particulière de pauvres, l'étudiant étranger ; des hommes et des femmes du monde entier aux besoins matériels, spirituels et humains immenses. Le Cised a la chance d'en accueillir un certain nombre, dont beaucoup souffrent de carences relationnelles. Au Cised il est possible de parler à quelqu'un disposé à écouter. On y vient certes d'abord pour travailler, mais aussi pour se soulager. La relation de confiance entre les bénévoles et les étudiants est la clé de son succès. En tant que jésuite, en tant que chrétien simplement, j'ai trouvé beaucoup de sens à donner mon temps au Cised.

Alexis DOUCET
Province de France

 

 

 

 

Voir aussi :

> Les communautés jésuites

> Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus

> Livres écrits par les Jésuites de la Province de France

> Portraits des Jésuites dans le monde