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Manutentionnaire à Bordeaux

 

Grâce à un jésuite de Bordeaux j'ai trouvé du travail dans une entreprise de transport de la ville, GT Location. Je suis allé passer un entretien avec le Directeur des Ressources Humaines. Nous avons parlé de ma motivation et nous avons précisé les conditions de mon emploi. Le travail consistait à charger des camions avec des pneus.

J'ai travaillé pendant trois semaines avec l'équipe de nuit qui comptait dix personnes : des ouvriers travaillant là depuis plusieurs années mais aussi des intérim. Il y avait des Français et des ouvriers d'origine marocaine. Les trois premiers jours il n'y avait pas beaucoup de communication entre nous, mais quand ils ont vu que je travaillais, on a commencé à parler et on s'est bien entendu. Le travail, bien mécanisé, reste malgré tout un travail physique assez difficile. J'ai appris le "truc" pour prendre les pneus en économisant sa force. Je travaillais seulement 35 heures et 4 jours par semaine ; j'ai quand même vécu des moments de fatigue et de dure besogne. Mais je ne veux pas prétendre ici avoir eu une longue expérience de travail.

..

 
 

Pour aller travailler, à 20 km de Bordeaux, j'avais une mobylette : un moyen de déplacement tout à fait modeste, aventureux, amusant, un peu imprévisible. Une fois je suis tombé en panne à 3 heures du matin et à 10 km de Bordeaux !

Au cours de mon entretien avec le DRH, nous avions parlé des conditions de mon travail. J'ai été surpris d'apprendre "sur place" que ces conditions n'avaient pas été transmises et j'ai dû les négocier à nouveau. Ce travail complètement inconnu fut un défi pour moi : une occasion d'agir de manière indépendante et en même temps d'expérimenter la dépendance parce qu'il fallait respecter le responsable d'équipe. "On a la pause" ou "Maintenant tu peux finir" étaient des phrases que j'ai attendues quelquefois avec
impatience !

 

 

 

J'ai aussi appris une petite distinction : il ne faut pas venir au travail à 5 heures, mais être là pour commencer à travailler à 5 heures. De plus, le stage m'a ouvert sur une autre France. A Paris, j'habite dans un milieu religieux, international et étudiant ; ici j'étais avec des ouvriers. Les "s'il te plaît" ou "peux-tu ?" étaient des expressions communes pendant notre travail. Mais j'étais très content de pouvoir enrichir mon vocabulaire avec du langage populaire.

Un jeune jésuite français, apprenant que je travaillerais cet été comme ouvrier dans une entreprise, m'a demandé : "Qu'est-ce que tu as fait pour que tu doives faire cela ?". Franchement, la question m'a surpris : je ne m'y attendais pas dans une province où l'engagement de prêtre ouvrier a une longue et riche tradition. Je suis personnellement très content d'avoir fait cette expérience, et je crois qu'il faut encourager d'autres jésuites en formation à avoir un engagement de cette sorte.

La communauté de Bordeaux m'a accueilli chaleureusement : j'y ai été très heureux et je veux l'en remercier. La rencontre avec les jésuites qui habitent une HLM en banlieue a été remarquable.

Tomas PAVLU
Province de Bohême
(République tchèque)


 

 

 

Voir aussi :

> Les communautés jésuites

> Constitutions et Normes complémentaires de la Compagnie de Jésus

> Livres écrits par les Jésuites de la Province de France

> Portraits des Jésuites dans le monde